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Défense
Record d'endurance pour deux KC-135 américains
Record d'endurance pour deux KC-135 américains
© USAF

| Gaétan Powis 409 mots

Record d'endurance pour deux KC-135 américains

Les deux tankers ont pu démontrer leur endurance en ravitaillant des avions de combat ou de reconnaissance stratégiques comme un B-2 ou un E-6B tout en minimisant au maximum les rotations au sol. Ainsi, seuls les ravitaillements en kérosènes et en huiles étaient assurés alors qu’au moins un des moteurs était constamment allumé. Cela permet de démontrer la capacité de ravitaillement et donc de projection de l’USAF à travers le monde en utilisant seulement un faible nombre de ravitailleurs pré-déployés et pouvant soutenir une opération de grande envergure.

Record d'endurance

Entre le 4 et le 7 octobre, deux avions ravitailleurs de l'Armée de l'Air américaine (USAF) ont effectué un entrainement intensif durant trois jours. Il faut tout de même préciser que cet entrainement ne se concentrait pas sur un vol de 72 heures mais bien d'un entrainement de 72 heures sans devoir passer un entretien standard. Ainsi, les deux avions ont atterri mais :

  • en gardant l'un des quatre moteurs allumé
  • pour changer d'équipage
  • changement d'huile
  • réapprovisionnement en kérosène

Cela permet aux deux appareils de rester au sol durant un temps très court et de maximiser leur capacité de ravitaillement sur les 72 heures d'opération. L'idée est ainsi de créer un point de ravitaillement quasi assuré pendant un certain laps de temps pour n'importe quel appareil. En tout, les deux avions ont parcouru près de 57.936 kilomètres

D'ailleurs, les appareils ravitaillés étaient de premier ordre et démontrent clairement la volonté de confirmer le soutien de tels avions lors d'opérations intensives :

Hot-pit refueling d'un des deux KC-135 : lorsque l'appareil est au sol, l'entretien est minimum et l'avion n'est pas branché à un système externe.
Hot-pit refueling d'un des deux KC-135 : lorsque l'appareil est au sol, l'entretien est minimum et l'avion n'est pas branché à un système externe. L'avion reste ainsi plus longtemps en vol et peut alors ravitailler plus d'appareils. © USAF
Hot-pit refueling d'un des deux KC-135 : lorsque l'appareil est au sol, l'entretien est minimum et l'avion n'est pas branché à un système externe.
  • bombardiers stratégiques B-2 Spirit
  • bombardiers stratégiques B-52 Stratofortresses
  • avion de guet aérien et de commandement E-3 Sentry (AWACS)
  • avion de commandement stratégique et de relai de communication E-6B Mercury (TACAMO)

Une démonstration du concept ACE

Cette opération est également une démonstration du concept Agile Combat Employment (ACE) ; l'USAF s'est axée sur les 20 dernières années sur l'efficacité de ses moyens dans un espace aérien contrôlé. Le concept ACE permet l'inverse : le soutien de moyens aériens dans un environnement menacé. Ce concept est très intéressant pour deux zones ;

  • l'Europe où les bases aériennes américaines sont menacées par les missiles russes et ce, dans un délai très court empêchant la mise en place rapide de contre-mesures
  • l'Asie où de nombreuses bases aériennes sont également à portée des missiles chinois mais dans ce cas-ci, les immenses distances entre les différentes bases arrières et le continent américain représentent un véritable défi pour l'arrivée d'éventuels renforts

L'idée est alors de déployer les moyens sur une multitude de bases afin de diminuer les risques. Cette tactique demande cependant un soutien logistique accru ; les unités doivent pouvoir opérer de n'importe quelle base. De fait, le besoin en ravitaillement d'appareils provenant des différentes bases du théâtre d'opération ou encore des bases plus reculées (Hawaï ou le continent américain) est très important pour les unités du Pacifique. Ainsi, cet exercice démontre la capacité de deux ravitailleurs à ravitailler quasi constamment n'importe quel appareil important au sein de la flotte de l'USAF.


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