Attaques sur le Yémen : on en sait plus sur les moyens aériens utilisés
Attaques sur le Yémen : on en sait plus sur les moyens aériens utilisés
© @CENTCOM

publié le 12 janvier 2024 à 18:30

738 mots

Attaques sur le Yémen : on en sait plus sur les moyens aériens utilisés

De nouvelles images et vidéos publiées par l’US Navy et la Royal Air Force permettent de donner des informations supplémentaires sur les moyens aériens utilisés dans les récentes frappes sur le Yémen. Super Hornet, Growler, Typhoon mais aussi des avions de soutien Stratotanker, Rivet Joint ou encore Poseidon ont été mobilisés afin de détruire une soixantaine de cibles houthies.


L'aéronavale passe à l'action

Le 11 janvier 2024, le Commandement Central de l'US Air Force (AFCENT) et l'US Navy ont confirmé que des avions américains ont bel et bien pris part aux frappes sur le Yémen, aux cotés des moyens navals présent au large du Yémen et des quatre Typhoon anglais. Une vidéo (ci-dessous) de l'US Navy montre le catapultage de plusieurs avions du groupe aérien embarqué du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower (CVN-69, classe Nimitz) ;

  • un avion de détection aérien avancé et de commandement E-2D Advanced Hawkeye,
  • un avion de guerre électronique EA-18G Growler, reconnaissable avec ces trois pods de brouillages ALQ-99, armés avec deux missiles antiradars AGM-88 HARM,
  • plusieurs avions de combat F/A-18E/F Super Hornet

Au total, 21 Super Hornet et Growler auraient été catapultés depuis le porte-avions USS Dwight D. Eisenhower.

Avions de l'USAF en soutien

Sur les sites de live tracking, il était aussi possible d'apercevoir brièvement un avion de patrouille maritime P-8A Poseidon. Cet avion était probablement déployé afin de surveiller l'espace maritime à l'ouest du Yémen ou encore pour recueillir des renseignements. À propos de renseignements, l'US Air Force avait aussi déployé un avion de reconnaissance électromagnétique RC-135 Rivet Joint. Cet avion est capable de détecter, identifier et géolocaliser des émissions électromagnétiques émanant de systèmes de communications (COMINT) et de systèmes radars, brouilleurs,... (ELINT).

Un ravitailleur KC-135 Stratotanker était également déployé au-dessus de la mer Rouge. La vidéo des catapultages (ci-dessus) montre qu'un F/A-18E Super Hortnet était non armé, avec quatre réservoir externes et plus que probablement, un pod de ravitaillement en vol, afin d'également assurer le ravitaillement des appareils lancés.

La configuration des Typhoon

De nouvelles images de la Royal Force montrent les Eurofighter Typhoon revenant de missions. Ceux-ci sont revenus avec deux réservoir externes, deux missiles air-air courte portée ASRAAM, un (deux ?) missile antiaérien longue portée Meteor, ainsi que quatre pylônes vides, où étaient probablement placés les quatre bombes Paveway IV. Les appareils emportaient également un pod de désignation laser AN/AAQ-28 Litening visibles sous le ventre des Typhoon). Il faut rappeler que l'insertion de ces appareils présentait un risque ; le 8 novembre 2023, un système antiaérien moyenne portée houthi Kub (SA-6 Gainful) abattait un drone MQ-9A Reaper américain. Cependant, les appareils coalisés avaient deux avantages importants :

  1. Les missiles mer-sol Tomahawk, tirés depuis la flotte en mer Rouge et en mer d'Arabie ont peut-être ouvert la voie aux avions en détruisant des installations radar, aveuglant de fait les systèmes antiaériens des forces houthies.
  2. Les appareils déployés comprenaient des EA-18 Growler, spécialement développés et conçus pour assurer des missions de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD). Il est même plus que probable que ces appareils sont responsables du/des radar(s) houthis détruit(s) durant ce raid.

Au total, l'AFCENT annonce le tir de plus de 100 munitions guidées, avec 60 objectifs ciblés, regroupés sur un total de 16 sites houthis. Avec un ratio probable d'environ 1 munition contre 1 cible (voire un peu plus pour quelques grandes cibles), il faut s'attendre à ce que l'US Navy ait tiré un peu moins de 40 missiles sur des cibles houthies.

Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024).
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024). © RAF
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024).
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024). Le pod Litening est visible sur cette image.
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024). Le pod Litening est visible sur cette image. © RAF
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024). Le pod Litening est visible sur cette image.
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12/01/2024 18:30
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Attaques sur le Yémen : on en sait plus sur les moyens aériens utilisés

De nouvelles images et vidéos publiées par l’US Navy et la Royal Air Force permettent de donner des informations supplémentaires sur les moyens aériens utilisés dans les récentes frappes sur le Yémen. Super Hornet, Growler, Typhoon mais aussi des avions de soutien Stratotanker, Rivet Joint ou encore Poseidon ont été mobilisés afin de détruire une soixantaine de cibles houthies.

Attaques sur le Yémen : on en sait plus sur les moyens aériens utilisés
Attaques sur le Yémen : on en sait plus sur les moyens aériens utilisés

L'aéronavale passe à l'action

Le 11 janvier 2024, le Commandement Central de l'US Air Force (AFCENT) et l'US Navy ont confirmé que des avions américains ont bel et bien pris part aux frappes sur le Yémen, aux cotés des moyens navals présent au large du Yémen et des quatre Typhoon anglais. Une vidéo (ci-dessous) de l'US Navy montre le catapultage de plusieurs avions du groupe aérien embarqué du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower (CVN-69, classe Nimitz) ;

  • un avion de détection aérien avancé et de commandement E-2D Advanced Hawkeye,
  • un avion de guerre électronique EA-18G Growler, reconnaissable avec ces trois pods de brouillages ALQ-99, armés avec deux missiles antiradars AGM-88 HARM,
  • plusieurs avions de combat F/A-18E/F Super Hornet

Au total, 21 Super Hornet et Growler auraient été catapultés depuis le porte-avions USS Dwight D. Eisenhower.

Avions de l'USAF en soutien

Sur les sites de live tracking, il était aussi possible d'apercevoir brièvement un avion de patrouille maritime P-8A Poseidon. Cet avion était probablement déployé afin de surveiller l'espace maritime à l'ouest du Yémen ou encore pour recueillir des renseignements. À propos de renseignements, l'US Air Force avait aussi déployé un avion de reconnaissance électromagnétique RC-135 Rivet Joint. Cet avion est capable de détecter, identifier et géolocaliser des émissions électromagnétiques émanant de systèmes de communications (COMINT) et de systèmes radars, brouilleurs,... (ELINT).

Un ravitailleur KC-135 Stratotanker était également déployé au-dessus de la mer Rouge. La vidéo des catapultages (ci-dessus) montre qu'un F/A-18E Super Hortnet était non armé, avec quatre réservoir externes et plus que probablement, un pod de ravitaillement en vol, afin d'également assurer le ravitaillement des appareils lancés.

La configuration des Typhoon

De nouvelles images de la Royal Force montrent les Eurofighter Typhoon revenant de missions. Ceux-ci sont revenus avec deux réservoir externes, deux missiles air-air courte portée ASRAAM, un (deux ?) missile antiaérien longue portée Meteor, ainsi que quatre pylônes vides, où étaient probablement placés les quatre bombes Paveway IV. Les appareils emportaient également un pod de désignation laser AN/AAQ-28 Litening visibles sous le ventre des Typhoon). Il faut rappeler que l'insertion de ces appareils présentait un risque ; le 8 novembre 2023, un système antiaérien moyenne portée houthi Kub (SA-6 Gainful) abattait un drone MQ-9A Reaper américain. Cependant, les appareils coalisés avaient deux avantages importants :

  1. Les missiles mer-sol Tomahawk, tirés depuis la flotte en mer Rouge et en mer d'Arabie ont peut-être ouvert la voie aux avions en détruisant des installations radar, aveuglant de fait les systèmes antiaériens des forces houthies.
  2. Les appareils déployés comprenaient des EA-18 Growler, spécialement développés et conçus pour assurer des missions de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD). Il est même plus que probable que ces appareils sont responsables du/des radar(s) houthis détruit(s) durant ce raid.

Au total, l'AFCENT annonce le tir de plus de 100 munitions guidées, avec 60 objectifs ciblés, regroupés sur un total de 16 sites houthis. Avec un ratio probable d'environ 1 munition contre 1 cible (voire un peu plus pour quelques grandes cibles), il faut s'attendre à ce que l'US Navy ait tiré un peu moins de 40 missiles sur des cibles houthies.

Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024).
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024). © RAF
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024).
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024). Le pod Litening est visible sur cette image.
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024). Le pod Litening est visible sur cette image. © RAF
Configuration d'un des quatre Typhoon après avoir frappé des cibles au Yémen (12 janvier 2024). Le pod Litening est visible sur cette image.


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