Dans une lettre commune adressée aux directions d’Airbus, de Thales et de Leonardo, 14 syndicats de plusieurs pays d’Europe s’unissent pour demander des garanties dans le cadre de la fusion des activités spatiales des trois groupes. Une ambiance paradoxale au vu des résultats encourageants d’Airbus Defence & Space et de Leonardo.
Le 23 octobre 2025, après des mois de rumeurs, de tergiversations et d’études, le projet Bromo est officiellement lancé avec la signature tripartite d’un protocole d’accord pour fusionner les activités spatiales d’Airbus (via Airbus Defence & Space – ADS), Thales (via Thales Alenia Space – TAS), et Leonardo (via notamment TAS et Telespazio). Un bouleversement pour des milliers d’employés répartis dans divers sites d’Europe, notamment en France, Italie, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, etc.), jugé nécessaire par les directions et les gouvernements dans le but de rester compétitif face à SpaceX.
De quoi inquiéter les syndicats, pourtant habitués à des cycles d’ouverture ou de fermeture massive de poste, au gré des résultats. Mais force est de constater que la situation demeure inédite. Changer ou mourir, tout le monde est d’accord sur ce point chez ADS ou TAS. Mais l’inquiétude demeure sur l’impact de ce nouveau changement radical sur la vie des employés. Dans une lettre datée du 16 février et récemment partagée, 14 syndicats de 7 pays différents ont demandé des garanties aux patrons de TAS, ADS et Leonardo.
Les syndicats concernés par Bromo se sont organisés à travers la fédération internationale des secteurs de la métallurgie, de l’énergie, de la chimie, des mines, du textile et des industries associées, nommée IndustriALL Europe. Le groupe de travail regroupe la CFE-CGC, FO, CFDT et la CGT en France, IG Metal en Allemagne, ACV/CSC METEA et FGTB MWB en Belgique, CC.OO industria et UGT FICA en Espagne, UNITE au Royaume-Uni, FIM-CISL, CGIL FIOM et UIL M en Italie, ainsi que Solidarnosc en Pologne.
Parmi les garanties exigées, on retrouve bien sûr la sécurité des emplois, notamment l’assurance qu’il n’y aura pas de départs forcés. Les syndicats exigent aussi la garantie qu’aucun site ne sera fermé à cause de doublons. En effet, règne la crainte d’une spécialisation des sites avec la fusion, notamment du déménagement des activités liées aux télécommunications à Cannes (site TAS) et celles liées à l’observation de la Terre à Toulouse (sites ADS). Rumeurs démenties par Thierry Préfol, du syndicat CGE-CGC, jugeant que cela n’a « aucun sens » interrogé par Air & Cosmos. L’autre crainte réside aussi dans la gestion du matériel et des infrastructures en doublon du fait de la fusion, comme les chambres anéchoïques ou autres installations d’assemblage et de test des satellites.
Il est également demandé de préserver puis d’harmoniser les conditions de travail des employés. Les syndicats insistent aussi sur le besoin de transparence de la part des directions. Représentant le syndicat UNSA chez ADS (qui ne fait pas partie de l’alliance), Philippe Terme s’est étonné auprès d’Air & Cosmos d’apprendre certaines informations par voie de presse. Le processus de fusion sera long et devrait s’achever d’ici 2028.
Le stress lié à Bromo est déjà bien pesant pour les employés d’ADS à Toulouse, que la direction semble appeler à prendre le large vers d’autres horizons, comme chez Airbus Avions Commerciaux, branche qui recrute activement. Un ensemble de métiers qui semble pourtant différent du monde de l’industrie satellite, mais pas forcément en tous points. Interrogé par Air & Cosmos, Thierry Préfol précise que des compétences en intégration et test de satellite peuvent être compatibles avec les besoins de l’aéronautique mais il précise toutefois que la culture de travail est n’est néanmoins pas la même, la main-d’œuvre du spatial étant constituée à 87% de cadre et d’ingénieurs.
ADS semble aussi inviter ses employés à faire carrière dans le New Space. « La direction a invité les start-ups à se présenter en face de la cantine », s’agace Philippe Terme. Un appel à la mobilité d’une intensité inédite qui met un terme à la culture des carrières longues sources d’expertises chez ADS. Les syndicats craignent désormais de faire face à une brusque perte de compétences. A ce sujet, Thierry Préfol s’inquiète d’un manque de vision.
Pour rappel, l’entreprise Bromo sera répartie entre Airbus (35%), Thales (32.5%) et Leonardo (32.5%). La fusion de leurs activités est censée répondre à la crise du secteur satellite européen, notamment dans la filière géostationnaire, face à l’arrivée des constellations en orbite basse telle que Starlink de SpaceX. Thales publiera ses résultats le 3 mars, mais ceux d’Airbus et de Leonardo annoncent déjà une hausse des revenus. ADS annonce 13.4 Md€ de revenus en 2025 tandis que la division spatiale de Leonardo annonce 1.08 Md€. Tous deux font 11% de plus qu’en 2024.
Dans une lettre commune adressée aux directions d’Airbus, de Thales et de Leonardo, 14 syndicats de plusieurs pays d’Europe s’unissent pour demander des garanties dans le cadre de la fusion des activités spatiales des trois groupes. Une ambiance paradoxale au vu des résultats encourageants d’Airbus Defence & Space et de Leonardo.
Le 23 octobre 2025, après des mois de rumeurs, de tergiversations et d’études, le projet Bromo est officiellement lancé avec la signature tripartite d’un protocole d’accord pour fusionner les activités spatiales d’Airbus (via Airbus Defence & Space – ADS), Thales (via Thales Alenia Space – TAS), et Leonardo (via notamment TAS et Telespazio). Un bouleversement pour des milliers d’employés répartis dans divers sites d’Europe, notamment en France, Italie, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, etc.), jugé nécessaire par les directions et les gouvernements dans le but de rester compétitif face à SpaceX.
De quoi inquiéter les syndicats, pourtant habitués à des cycles d’ouverture ou de fermeture massive de poste, au gré des résultats. Mais force est de constater que la situation demeure inédite. Changer ou mourir, tout le monde est d’accord sur ce point chez ADS ou TAS. Mais l’inquiétude demeure sur l’impact de ce nouveau changement radical sur la vie des employés. Dans une lettre datée du 16 février et récemment partagée, 14 syndicats de 7 pays différents ont demandé des garanties aux patrons de TAS, ADS et Leonardo.
Les syndicats concernés par Bromo se sont organisés à travers la fédération internationale des secteurs de la métallurgie, de l’énergie, de la chimie, des mines, du textile et des industries associées, nommée IndustriALL Europe. Le groupe de travail regroupe la CFE-CGC, FO, CFDT et la CGT en France, IG Metal en Allemagne, ACV/CSC METEA et FGTB MWB en Belgique, CC.OO industria et UGT FICA en Espagne, UNITE au Royaume-Uni, FIM-CISL, CGIL FIOM et UIL M en Italie, ainsi que Solidarnosc en Pologne.
Parmi les garanties exigées, on retrouve bien sûr la sécurité des emplois, notamment l’assurance qu’il n’y aura pas de départs forcés. Les syndicats exigent aussi la garantie qu’aucun site ne sera fermé à cause de doublons. En effet, règne la crainte d’une spécialisation des sites avec la fusion, notamment du déménagement des activités liées aux télécommunications à Cannes (site TAS) et celles liées à l’observation de la Terre à Toulouse (sites ADS). Rumeurs démenties par Thierry Préfol, du syndicat CGE-CGC, jugeant que cela n’a « aucun sens » interrogé par Air & Cosmos. L’autre crainte réside aussi dans la gestion du matériel et des infrastructures en doublon du fait de la fusion, comme les chambres anéchoïques ou autres installations d’assemblage et de test des satellites.
Il est également demandé de préserver puis d’harmoniser les conditions de travail des employés. Les syndicats insistent aussi sur le besoin de transparence de la part des directions. Représentant le syndicat UNSA chez ADS (qui ne fait pas partie de l’alliance), Philippe Terme s’est étonné auprès d’Air & Cosmos d’apprendre certaines informations par voie de presse. Le processus de fusion sera long et devrait s’achever d’ici 2028.
Le stress lié à Bromo est déjà bien pesant pour les employés d’ADS à Toulouse, que la direction semble appeler à prendre le large vers d’autres horizons, comme chez Airbus Avions Commerciaux, branche qui recrute activement. Un ensemble de métiers qui semble pourtant différent du monde de l’industrie satellite, mais pas forcément en tous points. Interrogé par Air & Cosmos, Thierry Préfol précise que des compétences en intégration et test de satellite peuvent être compatibles avec les besoins de l’aéronautique mais il précise toutefois que la culture de travail est n’est néanmoins pas la même, la main-d’œuvre du spatial étant constituée à 87% de cadre et d’ingénieurs.
ADS semble aussi inviter ses employés à faire carrière dans le New Space. « La direction a invité les start-ups à se présenter en face de la cantine », s’agace Philippe Terme. Un appel à la mobilité d’une intensité inédite qui met un terme à la culture des carrières longues sources d’expertises chez ADS. Les syndicats craignent désormais de faire face à une brusque perte de compétences. A ce sujet, Thierry Préfol s’inquiète d’un manque de vision.
Pour rappel, l’entreprise Bromo sera répartie entre Airbus (35%), Thales (32.5%) et Leonardo (32.5%). La fusion de leurs activités est censée répondre à la crise du secteur satellite européen, notamment dans la filière géostationnaire, face à l’arrivée des constellations en orbite basse telle que Starlink de SpaceX. Thales publiera ses résultats le 3 mars, mais ceux d’Airbus et de Leonardo annoncent déjà une hausse des revenus. ADS annonce 13.4 Md€ de revenus en 2025 tandis que la division spatiale de Leonardo annonce 1.08 Md€. Tous deux font 11% de plus qu’en 2024.
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