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Aviation Civile
Utilisation des créneaux horaires : forte controverse autour des "vols fantômes"
Utilisation des créneaux horaires : forte controverse autour des "vols fantômes"

| HEGUY Jean-Baptiste 578 mots

Utilisation des créneaux horaires : forte controverse autour des "vols fantômes"

Pour ne pas perdre le bénéfice de l'utilisation de leurs créneaux horaires, plusieurs compagnies ont fait voler des avions à vide ces dernières semaines, alors que les règles européennes ont déjà été adaptées.

Plusieurs compagnies européennes comme Brussels Airlines et Lufthansa vont devoir faire voler plusieurs avions à vide (appelés en anglais "ghost flights" ou "vols fantômes") pour ne pas perdre le bénéfice de l'utilisation de leurs créneaux horaires. Cette pratique, qui était déjà apparue au tout début de la crise du transport aérien. Pourtant, les règles ont déjà été assouplies et une controverse s'installe sur le sujet entre les aéroports et les compagnies aériennes, qui font pression sur la Commission européenne. 

L'IATA vent debout déjà en juillet dernier

Rappelons que, en exploitation normale, l'utilisation des créneaux horaires est régie notamment par la règle des 80/20 : une compagnie aérienne doit utiliser au moins 80% de ses créneaux horaires sur une saison IATA pour ne pas en perdre le bénéfice sur la saison suivante. Au tout début de la pandémie, la Commission européenne avait accepté de "geler" deux fois cette règle, jusqu'à mars 2021. A cette date, la Commission européenne avait levé ce gel mais, pour tenir compte de la pandémie, elle avait accepté de baisser le seuil d'utilisation des créneaux horaires et avait ensuite annoncé en juillet qu'elle prolongeait pour la saison hiver 2021 le maintien de ce seuil à 50%. A cette époque, l'IATA (Association internationale de transport aérien) qui avait plaidé pour un seuil beaucoup plus bas avait déclaré qu'il s'agissait d'une décision "déconnectée de la réalité". "Une fois de plus, la Commission a montré qu'elle était déconnectée de la réalité. L'industrie du transport aérien est toujours confrontée à la pire crise de son histoire. La Commission avait une possibilité d'utiliser le règlement sur les créneaux horaires pour promouvoir une reprise durable pour les compagnies aériennes, mais elle l'a raté", avait à l'époque déclaré Willie Walsh, directeur général de l'IATA. "Au lieu de cela, ils ont fait preuve de mépris pour l'industrie et pour les nombreux Etats membres qui ont demandé à plusieurs reprises une solution plus flexible, en poursuivant obstinément une politique qui est contraire à toutes les preuves qui leur sont présentées". 

ACI Europe soutient la Commission européenne

Le problème est que le 15 décembre dernier, la Commission Européenne a annoncé que le seuil d'utilisation des créneaux horaires serait relevé à 64% pour la prochaine saison estivale IATA 2022 (du 28 mars au 29 octobre), ce qui a à nouveau attisé la colère des compagnies aériennes. Bruxelles justifie cette décision par "la nécessité de veiller à ce que la capacité aéroportuaire soit utilisée de manière concurrentielle au profit de tous les consommateurs". Dans cette violente controverse s'est invité un troisième larron. "Trouver un équilibre entre la viabilité commerciale parallèlement au besoin de conserver une connectivité essentielle et protéger contre les pratiques anti-concurrentielles est une tâche délicate. Nous pensons que la Commission européenne l'a bien fait", déclare Olivier Jankovec, directeur général d'ACI Europe (branche européenne du Conseil international des aéroports). "Parler de vols fantômes, et de leurs impacts environnementaux, semble insinuer un scénario catastrophe qui n'a pas place en réalité. Concentrons-nous sur la tâche vitale de la reprise et de la reconstruction tous ensemble". ACI Europe rappelle aussi que les compagnies aériennes conservent la possibilité d'adresser à leurs organismes coordinateurs de créneaux horaires une provision spécifique (JNUS : Justified non-use of slots ou "Non utilisation justifiée de créneaux horaires") qui permet justement aux compagnies aériennes de pouvoir utiliser moins que le seuil requis de créneaux horaires. Et que cette possibilité a justement été créée pour prendre en compte les incertitudes liées à la crise du Covid-19. 

 

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EricDerond | 08/01/2022 15:20

C'était sympa de voir les journalistes d'Air & Cosmos sur M6 hier

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