Pour la deuxième fois cette année, les Forces aériennes stratégiques ont organisé l'opération Poker. Contrairement à la plupart des précédentes éditions, celle-ci a eu lieu en début de journée : les Français pouvaient apercevoir dans le ciel les combats aériens simulés. Cette opération est à la fois la confirmation que les FAS sont prêtes pour leur mission stratégique mais représente aussi un signalement stratégique.
Sans le savoir, de nombreux Français ont été témoin ce mardi matin d'une opération stratégique de l'Armée de l'Air et de l'Espace : l'opération Poker. Quatre fois par an, les Forces aériennes stratégiques (FAS) s'entraînent dans leur ultime mission : le tir du missile de croisière stratégique ASMPA ou ASMPA-R. Ce missile représente le vecteur nucléaire tiré depuis les Rafale B des FAS et Rafale M de la Force aéronavale nucléaire (FaNu). Exceptionnellement, cette opération Poker 2026-02 a eu lieu de jour. Habituellement, cette opération est organisée de nuit mais les équipages doivent aussi s'entraîner de jour. Les deux dernières opérations Poker de jour ont eu lieu il y a presque un an jour pour jour (25 mars 2025) et il y a 5 ans (7 avril 2021). Cette augmentation des Poker de jour est probablement due à un contexte géopolitique de plus en plus stable. En dehors du côté pratique, elle permet de rassurer les citoyens tout en envoyant un signalement stratégique bien plus visible qu'une Poker de nuit.
Si les FAS s'entraînent, elles le font aussi au plus près de la réalité, afin de certifier au Président de la République qu'elles sont capables d'effectuer la mission stratégique. Et pour chaque Poker, la réalité s'arrête uniquement au niveau des armes emportées. Les avions volent ainsi en configuration de guerre, à cela près qu'ils ne sont équipés que de munitions factices. Ce matin, comme à chaque opération Poker, aucun réel missile stratégique n'a donc survolé l'Hexagone. En revanche, des maquettes à l'échelle 1 et représentant la masse exacte de l'ASMPA/-R étaient placées sous divers Rafale B des FAS.
Le dispositif comprenait une quarantaine d'appareils :
Etienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), avait déjà pris en photo une partie du raid de l'an dernier. Cette année, le raid est malheureusement passé au-delà de son champ de vision. Il n'empêche, une vidéo permet d'entendre les appareils (au début) et de voir les traces d'un combat aérien simulé en haute altitude (fin de la vidéo).
Mais dans le contexte actuel, la mobilisation de ces nombreux moyens confirme la disponibilité des avions militaires français. Comme rappelé par Etienne Marcuz, les avions de combat mobilisés pour Poker 2026-02, la permanence opérationnelle et les avions de combat déployés au Moyen-Orient confirment une disponibilité assez élevée. D'ailleurs, pendant ce temps, d'autres Rafale B sont eux aussi d'alerte, mais cette fois-ci, prêts à décoller avec de réels armements et un missile réellement équipé de la Tête nucléaire aéroporée (TNA).
Ainsi, tout est fait pour représenter au plus près de la réalité d’une réelle opération de raid nucléaire, jusqu’aux combats aériens dans le ciel de l’Hexagone. Le terrain de jeu est d’ailleurs connu. Au vu de la complexité de la manœuvre, des zones du ciel de la France sont réservées pour l’exercice. Comme à chaque fois, les différents avions décollent de leur base aérienne pour se regrouper au-dessus de la Bretagne. Un premier ravitaillement est alors effectué. Les avions vont alors simuler un vol longue distance au-dessus du golfe de Gascogne, les Pyrénées et enfin, le golfe du Lion. C’est à ce moment-là que la phase d’attaque commence, avec une cible tenue secrète mais située quelque part dans le centre de la France. La mission est réussie lorsque les avions équipés en missile nucléaire ASMPA-R arrivent au point de largage simulé.
Toutefois, l'opération dans sa majorité est tenue secrète : combien d'avions ? Quelle configuration du raid ? Quelles pertes pour quelles réussites ? Quelles méthodes d'engagement du raid ?... Mais il est possible de suivre en direct le raid : les ravitailleurs Phénix sont visibles sur les sites de live tracking. Ils permettent par exemple de déduire un raid en une vague (comme ce fut le cas ce matin) ou en plusieurs vagues. Parfois, de très limitées communications officielles donnent le chiffre d'appareils mobilisés ou encore la participation de la Force aéronavale nucléaire (Poker 2023-01). Cette visibilité partielle fait partie d'un point important de toutes les doctrines de dissuasion nucléaire : pour être craint, il faut être vu.
Enfin, les opérations Poker devraient prochainement être modifiées. Jusqu'à présent, l'opération est franco-française, à l'exception de la participation à deux occasions d'un ravitailleur étranger. Toutefois, le discours présidentiel de ce 2 mars, avec la dissuasion nucléaire avancée, devrait potentiellement ouvrir l'opération Poker ou à défaut, créer une opération similaire mais européenne. En effet, si ce concept sera totalement appliqué, des forces aériennes européennes pourraient soutenir un éventuel raid nucléaire français. Même si la France garderait le contrôle opérationnel, de ses appareils et surtout, des missiles stratégiques, cette intégration européenne permettrait d'augmenter l'efficacité du raid. Mais pour ce faire, des entrainements/opérations seront nécessaires et ont d'ailleurs été annoncées par le Président de la République dans son discours.
Pour la deuxième fois cette année, les Forces aériennes stratégiques ont organisé l'opération Poker. Contrairement à la plupart des précédentes éditions, celle-ci a eu lieu en début de journée : les Français pouvaient apercevoir dans le ciel les combats aériens simulés. Cette opération est à la fois la confirmation que les FAS sont prêtes pour leur mission stratégique mais représente aussi un signalement stratégique.
Sans le savoir, de nombreux Français ont été témoin ce mardi matin d'une opération stratégique de l'Armée de l'Air et de l'Espace : l'opération Poker. Quatre fois par an, les Forces aériennes stratégiques (FAS) s'entraînent dans leur ultime mission : le tir du missile de croisière stratégique ASMPA ou ASMPA-R. Ce missile représente le vecteur nucléaire tiré depuis les Rafale B des FAS et Rafale M de la Force aéronavale nucléaire (FaNu). Exceptionnellement, cette opération Poker 2026-02 a eu lieu de jour. Habituellement, cette opération est organisée de nuit mais les équipages doivent aussi s'entraîner de jour. Les deux dernières opérations Poker de jour ont eu lieu il y a presque un an jour pour jour (25 mars 2025) et il y a 5 ans (7 avril 2021). Cette augmentation des Poker de jour est probablement due à un contexte géopolitique de plus en plus stable. En dehors du côté pratique, elle permet de rassurer les citoyens tout en envoyant un signalement stratégique bien plus visible qu'une Poker de nuit.
Si les FAS s'entraînent, elles le font aussi au plus près de la réalité, afin de certifier au Président de la République qu'elles sont capables d'effectuer la mission stratégique. Et pour chaque Poker, la réalité s'arrête uniquement au niveau des armes emportées. Les avions volent ainsi en configuration de guerre, à cela près qu'ils ne sont équipés que de munitions factices. Ce matin, comme à chaque opération Poker, aucun réel missile stratégique n'a donc survolé l'Hexagone. En revanche, des maquettes à l'échelle 1 et représentant la masse exacte de l'ASMPA/-R étaient placées sous divers Rafale B des FAS.
Le dispositif comprenait une quarantaine d'appareils :
Etienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), avait déjà pris en photo une partie du raid de l'an dernier. Cette année, le raid est malheureusement passé au-delà de son champ de vision. Il n'empêche, une vidéo permet d'entendre les appareils (au début) et de voir les traces d'un combat aérien simulé en haute altitude (fin de la vidéo).
Mais dans le contexte actuel, la mobilisation de ces nombreux moyens confirme la disponibilité des avions militaires français. Comme rappelé par Etienne Marcuz, les avions de combat mobilisés pour Poker 2026-02, la permanence opérationnelle et les avions de combat déployés au Moyen-Orient confirment une disponibilité assez élevée. D'ailleurs, pendant ce temps, d'autres Rafale B sont eux aussi d'alerte, mais cette fois-ci, prêts à décoller avec de réels armements et un missile réellement équipé de la Tête nucléaire aéroporée (TNA).
Ainsi, tout est fait pour représenter au plus près de la réalité d’une réelle opération de raid nucléaire, jusqu’aux combats aériens dans le ciel de l’Hexagone. Le terrain de jeu est d’ailleurs connu. Au vu de la complexité de la manœuvre, des zones du ciel de la France sont réservées pour l’exercice. Comme à chaque fois, les différents avions décollent de leur base aérienne pour se regrouper au-dessus de la Bretagne. Un premier ravitaillement est alors effectué. Les avions vont alors simuler un vol longue distance au-dessus du golfe de Gascogne, les Pyrénées et enfin, le golfe du Lion. C’est à ce moment-là que la phase d’attaque commence, avec une cible tenue secrète mais située quelque part dans le centre de la France. La mission est réussie lorsque les avions équipés en missile nucléaire ASMPA-R arrivent au point de largage simulé.
Toutefois, l'opération dans sa majorité est tenue secrète : combien d'avions ? Quelle configuration du raid ? Quelles pertes pour quelles réussites ? Quelles méthodes d'engagement du raid ?... Mais il est possible de suivre en direct le raid : les ravitailleurs Phénix sont visibles sur les sites de live tracking. Ils permettent par exemple de déduire un raid en une vague (comme ce fut le cas ce matin) ou en plusieurs vagues. Parfois, de très limitées communications officielles donnent le chiffre d'appareils mobilisés ou encore la participation de la Force aéronavale nucléaire (Poker 2023-01). Cette visibilité partielle fait partie d'un point important de toutes les doctrines de dissuasion nucléaire : pour être craint, il faut être vu.
Enfin, les opérations Poker devraient prochainement être modifiées. Jusqu'à présent, l'opération est franco-française, à l'exception de la participation à deux occasions d'un ravitailleur étranger. Toutefois, le discours présidentiel de ce 2 mars, avec la dissuasion nucléaire avancée, devrait potentiellement ouvrir l'opération Poker ou à défaut, créer une opération similaire mais européenne. En effet, si ce concept sera totalement appliqué, des forces aériennes européennes pourraient soutenir un éventuel raid nucléaire français. Même si la France garderait le contrôle opérationnel, de ses appareils et surtout, des missiles stratégiques, cette intégration européenne permettrait d'augmenter l'efficacité du raid. Mais pour ce faire, des entrainements/opérations seront nécessaires et ont d'ailleurs été annoncées par le Président de la République dans son discours.
Commentaires