Depuis plus de 60 ans, la dissuasion nucléaire française ne se limite pas aux seules frontières françaises. Mais ce 2 mars, le Président de la République vient de faire un pas en avant, ouvrant en partie la dissuasion nucléaire française aux forces alliées européennes.
Ce 2 mars, Emmanuel Macron, Président de la République, rappelait depuis la base de l’Île Longue que les intérêts vitaux de la dissuasion nucléaire française « s’ils couvrent le territoire hexagonal et ultra-marin, ne peuvent se confondre avec le seul tracé de nos frontières nationales ». Ce pan européen de la dissuasion nucléaire française n’est pas une nouveauté, précédemment rappelée par de très nombreux présidents durant leur mandat, jusqu’à la note de 1964 du général De Gaulle. Celle-ci annonçait clairement que la France devrait « se sentir menacée dès que les territoires de l’Allemagne fédérale et du Benelux seraient violés ».
Mais cette fois-ci, le discours du Président a été un pas plus loin en ce sens, ajoutant que « nous entrons sur le chemin de la dissuasion avancée ». Cette nouvelle doctrine ouvre une participation plus directe des pays européens. L’Allemagne fut citée comme le pays le plus ambitieux dans cette coopération stratégique, de même qu’une forte coopération en développement avec le Royaume-Uni. Mais d’autres pays ont déjà répondu présents : la Belgique, le Danemark, la Grèce, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède. Le chef de l’Etat a aussi précisé que cette liste n’est pas exhaustive, « des discussions avec d’autres pays se poursuivront dans les semaines et mois à venir ».
Ce projet très ambitieux commencera dès cette année, avec des visites de sites stratégiques ainsi que de premiers exercices conjoints. Cette dissuasion avancée devrait s’ouvrir sur la participation de pays alliés aux exercices des Forces nucléaires françaises ou encore la participation d'unités conventionnelles alliées aux activités nucléaires françaises. Ce sera aussi la possibilité de déployer des forces stratégiques françaises au sein des pays alliés. Cette dernière partie concerne principalement les FAS (Forces aériennes stratégiques), qui « pourront se disséminer dans la profondeur du continent européen », confirme le Président, leur offrant la possibilité d’acquérir une profondeur stratégique désormais européenne.
Cette participation plus active passera aussi par la création d’organes politiques binationaux, avec un travail commun sur la menace et le renseignement, des moyens de communication spécifiques à la dissuasion, une organisation et une compréhension commune de l’escalade, notamment dans sa phase conventionnelle.
Ce dernier aspect est important car malgré une ouverture bien plus forte sur la protection du continent européen, le Président de la République ne modifie pas les principes fondamentaux de la dissuasion nucléaire française : la décision ultime, la planification ou encore la mise en œuvre restent et resteront totalement françaises. Le Président va même plus loin, confirmant « qu’il n’y aura pas de partage des intérêts vitaux ».
Depuis plus de 60 ans, la dissuasion nucléaire française ne se limite pas aux seules frontières françaises. Mais ce 2 mars, le Président de la République vient de faire un pas en avant, ouvrant en partie la dissuasion nucléaire française aux forces alliées européennes.
Ce 2 mars, Emmanuel Macron, Président de la République, rappelait depuis la base de l’Île Longue que les intérêts vitaux de la dissuasion nucléaire française « s’ils couvrent le territoire hexagonal et ultra-marin, ne peuvent se confondre avec le seul tracé de nos frontières nationales ». Ce pan européen de la dissuasion nucléaire française n’est pas une nouveauté, précédemment rappelée par de très nombreux présidents durant leur mandat, jusqu’à la note de 1964 du général De Gaulle. Celle-ci annonçait clairement que la France devrait « se sentir menacée dès que les territoires de l’Allemagne fédérale et du Benelux seraient violés ».
Mais cette fois-ci, le discours du Président a été un pas plus loin en ce sens, ajoutant que « nous entrons sur le chemin de la dissuasion avancée ». Cette nouvelle doctrine ouvre une participation plus directe des pays européens. L’Allemagne fut citée comme le pays le plus ambitieux dans cette coopération stratégique, de même qu’une forte coopération en développement avec le Royaume-Uni. Mais d’autres pays ont déjà répondu présents : la Belgique, le Danemark, la Grèce, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède. Le chef de l’Etat a aussi précisé que cette liste n’est pas exhaustive, « des discussions avec d’autres pays se poursuivront dans les semaines et mois à venir ».
Ce projet très ambitieux commencera dès cette année, avec des visites de sites stratégiques ainsi que de premiers exercices conjoints. Cette dissuasion avancée devrait s’ouvrir sur la participation de pays alliés aux exercices des Forces nucléaires françaises ou encore la participation d'unités conventionnelles alliées aux activités nucléaires françaises. Ce sera aussi la possibilité de déployer des forces stratégiques françaises au sein des pays alliés. Cette dernière partie concerne principalement les FAS (Forces aériennes stratégiques), qui « pourront se disséminer dans la profondeur du continent européen », confirme le Président, leur offrant la possibilité d’acquérir une profondeur stratégique désormais européenne.
Cette participation plus active passera aussi par la création d’organes politiques binationaux, avec un travail commun sur la menace et le renseignement, des moyens de communication spécifiques à la dissuasion, une organisation et une compréhension commune de l’escalade, notamment dans sa phase conventionnelle.
Ce dernier aspect est important car malgré une ouverture bien plus forte sur la protection du continent européen, le Président de la République ne modifie pas les principes fondamentaux de la dissuasion nucléaire française : la décision ultime, la planification ou encore la mise en œuvre restent et resteront totalement françaises. Le Président va même plus loin, confirmant « qu’il n’y aura pas de partage des intérêts vitaux ».
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