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Défense
L'A-10 est de retour en Europe
L'A-10 est de retour en Europe
© USAF

| Gaétan Powis 449 mots

L'A-10 est de retour en Europe

Dix avions A-10 Thunderbolt II de l'Air National Guard du Maryland sont actuellement déployés sur la partie Est du continent européen, dans le cadre d'un exercice annuel. Ce déploiement s'effectue juste après des tests visant à confirmer que l'A-10 reste un avion efficace contre les véhicules équipés de tuiles de blindage réactif explosif.

Un déploiement en Europe

Le 5 mai 2022, un avion d'attaque A-10C s'est posé en Icelande, marquant le retour du très connu A-10 en Europe. Entre le 2 et le 20 mai, les 10 appareils participeront à l'exercice annuel Swift Response. L'exercice a lieu dans l’Arctique, la mer Baltique et l'Europe de l'Est. Il mobilise 9.000 militaires de 17 États différents, en ce compris, 2.700 militaires américains. Cet exercice a notamment été visible le 10 mai lorsque six avions de transports stratégiques C-17 ont décollé de Norvège vers l'Europe centrale.

Les avions se sont ensuite séparés :

  • Le 6 mai, quatre A-10 se sont dirigés vers la Norvège.
  • Le 7 mai, six A-10 ont volé vers la Macédoine du Nord.

Ils ne resteront pas au sein de ces deux pays puisqu'ils seront attendus en Lituanie, Lettonie, Estonie et Pologne. D'ailleurs, lors de précédents passages en Estonie, les entrainements comprenaient très souvent des atterrissages et décollages depuis des pistes non préparées ou depuis des routes/autoroutes.

Un chasseur de char toujours efficace

Ce déploiement vient juste après une série de tests effectués sur des chars équipés de blindages supplémentaires. En tout, ce sont deux A-10C qui ont effectué divers passages offensifs, dans diverses conditions, sur des chars équipés d'un blindage réactif explosif. Ce type de blindage est présent sous la forme de tuiles sur les véhicules et chars. Ces tuiles explosent à l'impact d'un missile ou d'un obus afin de réduire, voire même de stopper, son effet de perforation.

C'est la première fois qu'un test de ce genre a lieu : l'idée a germé au sein de l'USAF afin de voir si les différents types de blindages réactifs actuellement en service ne diminuent pas les différents moyens de destruction air-sol de ses appareils. Pour l'instant, seul l'A-10 était concerné pour ces tests. Il semblerait que son canon de 30 mm reste toujours redoutable pour les blindés, malgré l'emploi de blindage réactif explosif. Les tests ont également permis de confirmer que le missile air-sol antichar AGM-65L et la roquette AGR-20E restent également efficaces.

Malgré ces essais et diverses améliorations encore récentes (plus de précisions dans cet article), l'USAF souhaiterait se séparer de 21 A-10 dans sa proposition de budget de l'année 2023 (FY23) (articles sur les avions de la FY23) pour laisser la place au F-35. Toutefois, le F-35 dispose encore de nombreux problèmes et sa précision en close-air-support n'est en rien équivalente à la précision du A-10 : suite à sa sous-motorisation, le F-35 ne peut voler à faible vitesse et est donc incapable de soutenir précisément les troupes au sol.


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JP | 13/05/2022 18:39

Le A10 devait à l'origine être remplacé par le F35. Il a manifestement encore une longue carrière devant lui.

| 13/05/2022 19:24

Bonjour. Quel est l’équivalent de l’A10 dans notre armée de l’air et pourquoi les Américains ne me remplacent ils pas tout simplement par des hélicoptères Apache ? Merci.

Gaétan Powis | 16/05/2022 15:01

[Équivalent A-10 en France ? Remplacement A-10 par des Apache ?] En dehors du Su-25, il n'existe pas d'équivalent au A-10 (il existe bien des avions d'attaque légers mais donc pas équivalents). L'AAE utilise actuellement des chasseurs bombardiers Mirage-2000D ou des Rafale pour détruire des chars, comme ce fut le cas durant l'opération Harmattan (2011, Libye). Pour la question sur l'Apache en remplaçant du A-10 : l'Apache équipé du radar AN/APG-78 Longbow dispose d'un atout ISR que l'A-10 n'a pas. C'est aussi une plateforme de soutien qui peut rester au dessus d'une zone en vol stationnaire ou qui peut facilement escorter un convoi routier. A l'inverse, l'A-10 est rapide, peut-être ravitaillé en vol et emporter une très large variété d'armement. Ce donc deux moyens d'appui air-sol différents mais tout à fait complémentaires. Un remplacement du A-10 par l'Apache est donc impossible, ou alors il y aurait un trou capacitaire dans les appareils de close air support de l'USAF.

| 16/05/2022 19:39

@Gaetan Powis. Merci pour ces informations complémentaires, monsieur Powis. Si nos Rafale sont capables de remplir les missions dévolues à l’A10, ce que le F35 n’est pas capable de faire, la France et Dassault ont ils pensé à proposer le Rafale à l’USAF puisqu’elle prévoit le retrait des A10 d’ici quelques années ? Les USA ont acheté des A440M et achètent de plus en plus d’armes Européennes, l’achat de Rafale serait intéressant pour toutes les parties. Bien cordialement.

Christian | 14/05/2022 07:12

C’est son canon qui est toujours aussi redoutable et son calibre.

| 16/05/2022 09:44

Et son silence, impressionnant quand il prend votre unité blindée pour cible; vous ne l'entendez que quand il a dépassé votre position, donc, trop tard.

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