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Armées
Un drone frappe l'État-major de la flotte russe en Mer Noire
Un drone frappe l'État-major de la flotte russe en Mer Noire
© Cmapm, Wikimedia Commons

| Dorian de Schaepmeester 399 mots

Un drone frappe l'État-major de la flotte russe en Mer Noire

Le 31 juillet, un drone inconnu frappait le quartier général de la marine russe en Mer Noire, blessant plusieurs personnes. La Russie dénonçait une attaque ukrainienne, annulant les festivités du "Jour de la Marine". Certains observateurs notent cependant la possibilité d'un "false flag" russe.

Un drone "amateur" frappe le QG de la flotte russe 

Le dimanche 31 juillet, jour férié célébrant les forces navales en Russie, s'est vu perturbé par une attaque menée contre l'Etat-major de la flotte russe en mer Noire. Plusieurs agences de presses (AP, Reuters, TASS...) ont ainsi rapporté qu'un drone amateur aurait largué un petit explosif à proximité du bâtiment accueillant le quartier général, situé à Sébastopol, en Crimée. Si la charge n'a pas provoqué de destruction réellement importante, six personnes ont été blessées lors de la frappe. Dans la région, annexée par la Russie en 2014, le niveau d'alerte anti-terroriste a alors été relevé, tandis que le gouvernement de Vladimir Poutine annulait les festivités initialement prévues pour le "Jour de la Marine". 

Si l'agence de presse russe TASS désigne l'Ukraine comme coupable de l'attaque, peu de détails ont été révélés sur l'appareil ayant mené l'assaut. Les autorités ukrainiennes ont rapidement nié avoir mené l'action, accusant à leur tour la Russie et dénonçant une fausse opération dite "false flag". Plusieurs éléments suscitent l'interrogation : le drone était amateur, "fait maison", invalidant l'hypothèse d'un lancement depuis l'Ukraine, séparée de la Crimée par 170 km. 

Un "false flag" russe ? 

Depuis plusieurs mois et déjà avant le début de la guerre en Ukraine, le 24 février 2022, le gouvernement ukrainien et les observateurs alliés ont craint de potentielles attaques russes camouflées et permettant d'accuser l'Ukraine, lors d'opérations qualifiées de "false flag" (littéralement "faux drapeau"). Deux jours avant l'attaque du QG de la marine russe en Crimée, le 29 juillet, une prison située dans l'est de l'Ukraine était détruite par une frappe de missile. À l'intérieur, de nombreux prisonniers de guerre ukrainiens, dont des dizaines de rescapés de l'usine Azovstal, étaient retenus par les séparatistes pro-russe. Près de 40 prisonniers de guerre ont été tués. Rapidement, la Russie a accusé l'Ukraine d'avoir effectué la frappe, avant que le gouvernement de Volodymyr Zelensky ne réfute les allégations. 

La manoeuvre pourrait être le fait d'insurgents ukrainiens, agissant depuis la ville même de Sébastopol et rendant plus aisée l'utilisation d'un drone amateur. Un législateur russe basé en Crimée, Olga Kovitdi, indiquait à RIA-Novosti "qu'aucune conclusion ne pourrait être tirée avant qu'une enquête ne soit diligentée" (propos rapportés par AP). 


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