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Test d’un démonstrateur orbital chinois secret
Test d’un démonstrateur orbital chinois secret
© CASC

| Pierre-François Mouriaux

Test d’un démonstrateur orbital chinois secret

La Chine a procédé à l’essai d’une mini-navette récupérable, dans la plus grande discrétion, du 4 au 6 septembre.

Lancement attendu

Les observateurs guettaient depuis la fin du premier trimestre l’essai par la Chine, dans le cadre d’une mission classifiée, d’un petit avion spatial réutilisable, à l'image du X-37B de l’US Air Force ou du futur Space Rider européen (voir le confidentiel d’Air & Cosmos n°2678).

Le lancement est finalement intervenu dans l’omerta la plus totale, le 4 septembre aux alentours de 7 h 30 UTC, à l’occasion du quatorzième vol d’une fusée Longue Marche 2F, mise en œuvre depuis le centre spatial de Jiuquan, dans le désert de Gobi.

La Longue Marche 2F est utilisée depuis novembre 1999 pour les lancements automatiques et habités des vaisseaux Shenzhou et la mise à poste des modules-laboratoires spatiaux Tiangong 1 et 2.

Elle est capable de placer jusqu’à 8,5 t sur orbite basse.

 

Chape de plomb

Le mystérieux engin placé sous la coiffe du lanceur est parfois baptisé CSSHQ (Chongfu Shiyong Shiyan Hangtian Qi - Vaisseau spatial expérimental réutilisable).

Il a évolué durant deux jours sur une orbite inclinée de 50,21°, avant de revenir se poser, probablement sur une base militaire jouxtant Jiuquan.

Les autorités chinoises, qui n’ont diffusé aucune image du lancement, n’ont pas non plus communiqué d’information sur la charge utile, à l’image du communiqué laconique de China Science, émanation du Quotidien du Peuple et média affilié à l’Etat : « Vendredi, la Chine a lancé avec succès un vaisseau spatial expérimental réutilisable avec une fusée Longue Marche 2F depuis le centre de lancement de satellites de Jiuquan. Le vaisseau spatial testera des technologies réutilisables pendant son vol, fournissant un soutien technologique pour l'utilisation pacifique de l'espace. »

Cela renforce la nature militaire du projet.

 

Trois possibilités

Philippe Coué, spécialiste des programmes spatiaux de l’Empire du Milieu et auteur du livre Dragons Furieux - Les avions spatiaux chinois (L’Harmattan, 2017), évoque trois possibilités quant à la nature du démonstrateur lancé le 4 septembre :

- il s’agirait de l’avion spatial automatique Shenlong, le concurrent du X-37B américain

- il s’agirait de du lifting body Aotian 1, équivalent du Dream Chaser de Sierra Nevada, destiné à faire la navette entre la Terre et la future Grande station spatiale chinoise avec des taïkonautes

- il s’agirait d’un démonstrateur réutilisable de rentrée comparable à l’IXV européen.

Ces trois véhicules sont régulièrement mentionnés par les Chinois depuis quinze ans.

Shenlong et Aotien 1 ont déjà effectué des vols d’essai atmosphériques.

 

Satellite inspecteur ?

CSSHQ aurait visiblement laissé derrière lui un objet (référencé (46395 / 2020-063G), dont certains se demandent s’il s’agit d’un satellite inspecteur utilisé pour vérifier l'extérieur de l’appareil sur orbite.

Des mini-satellites Ban Xing similaires avaient été déployés à l’occasion de la mission Shenzhou 7, en septembre 2008 (autour de Tiangong 1, mais également avant de croiser la Station spatiale internationale), et à l’extérieur de Tiangong 2, en novembre 2016.

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