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Ukraine
Quelle destination pour les avions transportant les aides destinées à l'Ukraine ?
Quelle destination pour les avions transportant les aides destinées à l'Ukraine ?
© Reuters

| Gaétan Powis 738 mots

Quelle destination pour les avions transportant les aides destinées à l'Ukraine ?

Avec le début de l'offensive, les différents avions cargos ne pouvaient plus directement atterrir en Ukraine. La Pologne a donc mis à disposition l'un de ses aéroports. Ce dernier offre plusieurs avantages clés pour la bonne continuation des aides militaires mais aussi humanitaires à l'Ukraine. La sécurité de cet aéroport a d'ailleurs été fortement augmentée face aux différentes menaces de la Russie.

Un ballet d'avions cargos vers Kiev

Bien avant le début du conflit, de nombreux pays ont transféré des armes à l'Ukraine. Ces transports étaient très majoritairement effectués par des avions de transport militaire tactiques, stratégiques, ou encore par des avions cargo civils. Cependant, depuis le 24 février, l'espace aérien ukrainien est entièrement fermé : aucun vol ou atterrissage n'est possible. C'est aussi le cas pour les décollages : les avions encore stationnés en Ukraine et qui n'ont pas eu l'occasion de décoller avec les hostilités, ne peuvent reprendre les airs, comme le démontre les deux avions de transport A400M turcs encore présents à Kiev (plus de précisions dans cet article). Cette fermeture implique donc une redirection des aides aérotransportées vers un aéroport proche de l'Ukraine.

La ville de Rzeszow... et son aéroport

La ville de Rzeszow est située en Pologne, dans la région des Basses-Carpates. D'un point de vue géostratégique, la ville offre plusieurs avantages : 

  • Elle à la fois située proche de la frontière ukrainienne (80 km), mais éloignées des positions russes en Biélorussie.
  • Un axe autoroutier international important passe au Nord de la ville : l'autoroute E40/A4 reliant Katowice (Silésie, Pologne) à Lviv (Lviv, Ukraine), cette dernière ville étant à seulement 150 km de Rzeszow.
  • Enfin, la ville dispose d'un aéroport situé juste au dessus de l'E40/A4 : il s'agit d'un aéroport international disposant d'une petite piste de 975 m de long pour 13 m de large mais aussi et surtout, d'une piste principale mesurant 3.200 m de long pour 45 mètres de largeur. Cependant, l'aéroport ne comprend pas d'une installation cargo et le terminal passager est très petit : l'aéroport n'est pas conçu pour recevoir un nombre élevé d'appareils.
Localisation de l'aéroport de Rzeszow.
Localisation de l'aéroport de Rzeszow. © Air&Cosmos
Localisation de l'aéroport de Rzeszow.

Un aéroport devenu stratégique...

Les limites capacitaires de l'aéroport lui permet tout de même d’accueillir simultanément 3 avions de transport tactiques. Un pont aérien est donc rapidement établi : à cause du manque de place pour de grands appareils militaires, les rotations sont étalées en fonction de la taille et de la demande des Forces aériennes. 

Ce "petit" aéroport ne se limite pas à des appareils tactiques puisque le 20 avril dernier en début de soirée, il était possible d'apercevoir un avion de transport stratégique C-5 Galaxy américain qui se posait à Rzeszow. Celui-ci a décollé depuis les États-Unis en effectuant une escale technique au Canada. Il s'agit du plus gros transporteur en service au sein de l'USAF : à lui seul, il peut emporter 129 tonnes d'équipements divers, en ce compris des hélicoptères ou des chars de combat.

Traversée transatlantique d'un C-5 Galaxy vers l'aéroport de Rzeszow.
Traversée transatlantique d'un C-5 Galaxy vers l'aéroport de Rzeszow. © Air&Cosmos
Traversée transatlantique d'un C-5 Galaxy vers l'aéroport de Rzeszow.

Le lendemain, c'était au tour d'avions de transport C-17 Globemaster III, C-130H Hercules et A400M Atlas d'effectuer des atterrissages/décollages.

C'est un véritable pont aérien qui est mis en place sur ce petit aéroport : dès qu'un avion décolle, un autre ne met pas longtemps à atterrir.
C'est un véritable pont aérien qui est mis en place sur ce petit aéroport : dès qu'un avion décolle, un autre ne met pas longtemps à atterrir. © Air&Cosmos
C'est un véritable pont aérien qui est mis en place sur ce petit aéroport : dès qu'un avion décolle, un autre ne met pas longtemps à atterrir.

Un peu plus d'une heure après, l'A400M belge redécollait. Celui-ci effectuait un vol humanitaire puisqu'il transportait vers la Belgique 70 jeunes ukrainiens de Boutcha. L'image ci-dessous montre également un autre vol assez rare : l'A310 espagnol était présent sur l'aéroport pour transporter le Premier Ministre espagnol depuis l'Espagne. Celui-ci a ensuite continué son trajet vers Kiev par voie terrestre afin de rencontrer le Président ukrainien Zelensky.

Un vol humanitaire belge et le transport du Premier Ministre espagnol.
Un vol humanitaire belge et le transport du Premier Ministre espagnol. © Air&Cosmos
Un vol humanitaire belge et le transport du Premier Ministre espagnol.

... et assez bien défendu !

Une fois les avions à terre, le matériel est déchargé sur des camions ukrainiens qui transportent alors directement leur précieuse marchandise vers les zones de conflit (matériels militaires) ou vers les zones dans le besoin (aide humanitaire). Cependant, cet aéroport est aussi devenu une cible potentielle d'un sabotage russe et la sécurité a été drastiquement relevée. Un détachement polonais et américain est sur place afin d'aider au déchargement des avions mais aussi pour sécuriser la zone. D'ailleurs, la base sert aussi de hub logistique pour le contingent de la 82ème division aéroportée américaine, positionnée à 45 km au Nord-Ouest de cet aéroport (aéroport de Milec). 

Cette sécurisation devient rapidement insuffisante lorsque le Président russe Poutine menace ouvertement de lancer des missiles de croisières sur les centres logistiques des aides allouées à l'Ukraine. Ainsi, au début du mois de mars, les Américains décident de déployer deux batteries anti-aériennes longue portée MIM-104 Patriot. Ces deux batteries permettent d'établir une défense aérienne et anti-missile à longue distance. D'après plusieurs médias américains, l'aéroport est aussi protégé par d'autres "équipements militaires stratégiquement positionnés sur les collines avoisinantes". Enfin, la Pologne dispose d'une couverture aérienne consolidée : le balais constant de ravitailleurs sur la Pologne indique clairement que des chasseurs Eurofighter allemands, F-15 américains, Rafale français,... patrouillent dans le ciel polonais aux côtés des avions de la Forces aérienne polonaise.


Répondre à () :

| 26/04/2022 10:36

jmarc G. Y aurait-il d'autres aéroports, dans cet usage, en Slovaquie, en Roumanie, voire plus petits...,???

Gaétan Powis | 26/04/2022 11:25

@jmarc G. Aucune idée : le choix semble porté sur une concentration des moyens sur une zone bien protégée et bien positionnée. Il existe peut-être d'autres aéroports mais le trafic doit y être très faible en comparaison à Reszow.

JP | 26/04/2022 13:13

(JP) Au delà de la sécurisation de l'aéroport de Rzeszow lui-même, qu'en est-il de la sécurisation des axes routiers ou ferroviaires au départ de l'aéroport par lesquels transite le matériel apporté par avion ?

| 26/04/2022 15:13

jmarc G. Merci à vous, Gaetan.Powis, au bout du compte, je pense qu'il vaut mieux rester discret à ce sujet, ne pas rentrer dans les détails tant que le conflit dure.

JP | 26/04/2022 17:40

(JP) @jmarc.G. Vous avez raison, nous sommes sans doute trop curieux. Bien cordialement.

Imre | 26/04/2022 23:08

Le balais d'avion cargos c'est plutôt un BALLET D'AVIONS ..... merci d'écrire correctement, au moins dans les titres ...

| 27/04/2022 00:32

@jmarc G. je vous invite à regarder le site OPEX360, la dernière info, au sujet d'un drone chinois sur des sites anglais.

JP | 27/04/2022 08:56

(JP) @jmarc.G. Bonjour. J'ai écrit un long message en commentaire de l'article relatif au paiement par les Émirats du premier accompte au paiement du contrat pour 80 Rafale F4. J'aimerais avoir votre avis. Bien cordialement.

| 28/04/2022 13:44

à @JP: Bonjour à vous, je viens de prendre connaissance de vos craintes et remarques, je souhaite vous apporter mes propres réflexions, les points que vous soulevez sont très intéressants, même si je n'ai pas de formation d'ingénieur. Afin de ne pas encombrer Air et Cosmos, joignez-moi, s'il vous plait, à guillonjmarc(a)orange.fr

JP | 28/04/2022 14:59

(JP). @jmarc.G. Je vous remercie de votre confiance. J'ai subi dans le passé les pires "emm..." pour avoir confié de bonne foi mon adresse mail. Nous pouvons continuer à échanger via A&C. Si X. Tytelman nous trouve encombrants, nous verrons disparaître nos messages. Cela m'est déjà arrivé lorsque j'ai émis quelques propos iconoclastes sur l'Eurodrone. Et puis, les autres participants à ce forum sont bienvenus à enrichir nos échanges de leurs propres réflexions. Bien cordialement.

| 29/04/2022 11:32

jm G. @JP Je vous livre mon adresse: guillonjmarc(a)orange.fr je n'ai pas l'esprit tordu, malveillant. Bien à vous !!

JP | 30/04/2022 21:15

(JP). J'ai poursuivi mes élucubrations à la suite de l'article sur l'acompte emirati pour l'achat de Rafale. Bonne soirée.

| 07/05/2022 00:34

jmarc G. à JP: Cher JP je vous ai répondu, mais sur la page " acompte émirati ...80 Rafales "

JP | 07/05/2022 12:45

@jmarc.G. J'ai essayé de poursuive un peu, sur la même page. Bien cordialement.

| 08/05/2022 00:58

jmarc G. à JP Cher JP, le mot Paradigme est important. Pour revenir sur votre réflexion au sujet des technologies de rupture comme des briques sur certains avions, ne garantissent pas un avion fiable et performant, le F35 en est la preuve. Ces briques technologiques sont aussi mises au point dans le cadre de Blacks Programms pour lesquelles les USA consacrent de fortes sommes. A ce sujet certains ouvrages, comme celui de Jpierre.PETIT- scientifique controversé,certes - dévoiles des études-projets faramineux, ça ne veut pas dire qu'ils aboutissent. Le F35 possèdent des briques technologiques que bien des pays souhaitent acquérir, mais l'avion ne supporte pas la mousse carbonique des pompiers néerlandais, ou le froid norvégien à partir de -8°-10°, il ne décolle pas. Je reviens au projet SCAF, je vois avec l'Espagne une collaboration intéressante, voire aussi la coopération Patrouilleurs maritimes; tant que les socialistes espagnols resteront au pouvoir, les engagements seront tenus, si la droite espagnole revient, elle est réputée pour acheter américain, toucher des commissions et financer les élections suivantes. La droite espagnole n'est pas coopérante, ni vraiment européenne, elle a la fâcheuse manie de ratiboiser les budgets Recherches. Les coopérations aéronautiques et spatiales espagnoles ne sont jamais à l'initiative de la droite espagnole. Maintenant le gouvernement a demandé, depuis 2018, à Airbus hélico des Nh90 marines, fin de non recevoir d'Airbus ..." premières livraisons....2035 ". Alors le gouvernement espagnol achète des hélicos Boeing Mh60 black hawk, je ne comprends pas cette situation et le comportement d'Airbus dans cette affaire.

JP | 08/05/2022 11:52

@jmarc.G. Merci pour ces échanges très intéressants. Dans mon esprit, les briques de base doivent valider les concepts de rupture technologique à même d'être utilisés au moment opportun si le choix en est fait. Il faut accepter de prendre des risques et ainsi que des études afférentes ne débouchent sur rien. Un bon exemple dans le passé est le programme franco-anglo-allemand AMSAR qui en son temps avait permis de développer les cellules AsGa que Thales a utilisées pour construire son radar AESA RBE2, Leonardo développant de son côté son propre radar. Pour ce qui est du F35, tout a été dit. Les meilleures sources d'informations à son sujet sont américaines : le GAO, le Department of Defense, le congrès. Tous extrêmement critique. Cette machine, aux États-Unis, appartient déjà au passé.

JP | 08/05/2022 12:01

@jmarc.G (suite). Je pense comme vous qu'il existe un vrai potentiel de coopération avec l'Espagne. Je ne suis pas au fait de la politique intérieure espagnole, je n'en dirai donc rien. Je pense toutefois qu'une coopération n'est viable que si elle n'est pas soumise à des aléas partisans ou idéologiques. Cela vaut aussi pour la France. Je regrette que l'on ait laissé dépérir les accords franco-anglais de Lancaster House, au bénéfice d'une coopération franco-allemande plus idéologique que basée sur des réalités industrielles. Bien cordialement.

JP | 08/05/2022 12:07

@ Gaetan Powis. Vous êtes bienvenu dans ces échanges avec Jmarc G.

| 08/05/2022 17:28

jmarc [email protected]: Xavier.Tytelman et Gaetan.POwis, chez Air et Cosmos vous devriez nous inviter pour l'Apéro.................. le banquet avec les sangliers, on verra plus tard. Effectivement, j'ai suivi des cycles d'étude en Espagne.

JP | 15/05/2022 12:07

Le troll "Âne ne sait" sévit toujours.

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