Malgré l’impact de la TSBA, Volotea continue à voir grand sur la France
Malgré l’impact de la TSBA, Volotea continue à voir grand sur la France

publié le 27 janvier 2026 à 17:34

1222 mots

Malgré l’impact de la TSBA, Volotea continue à voir grand sur la France


La compagnie espagnole installe deux nouvelles bases en France, son premier marché européen en volume de trafic. Très ambitieuse, elle prévoit de doubler quasiment ses capacités en France d’ici 2030, avec plusieurs nouvelles bases. Une stratégie largement appuyée sur le marché domestique, délaissé par Air France.  

Depuis le lancement de ces activités en 2012, Volotea a créé un réseau extrêmement dense de liaisons européennes et domestiques au départ de tous les principaux aéroports français. Et la compagnie espagnole entend bien continuer à capitaliser sur le trafic hexagonal. « Nous avons déjà annoncé en décembre dernier l'ouverture d'une onzième base française à l'aéroport de Montpellier-Méditerranée, qui sera opérationnelle à partir de l'automne 2026 », a précisé Carlos Muñoz, directeur général de Volotea à l'occasion d'un point presse. « Une douzième base française sera annoncée très prochainement », ajoute-t-il. 

Une nouvelle étape qui pourrait en appeler d'autres, tant Volotea semble miser sur le potentiel du marché français. La compagnie espagnole prévoit d'augmenter ses capacités en sièges sur le marché français de 86,2 % d'ici 2030. Volotea a identifié un total de 1 267 routes potentielles qu’elle pourrait exploiter en Europe et pourrait monter à un total de 450 à 500 routes exploitées en France ou au départ de France. La compagnie espagnole prévoit aussi d’atteindre un nombre de 15 à 16 bases dans l’Hexagone d’ici à 2030. 

Un marché essentiel pour Volotea

Comme d'autres avant lui, Carlos Muñoz prévient que son plan de développement ne peut se faire qu'avec un niveau constant de taxes. Pourtant, la récente hausse de la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA) n'a pas empêché Volotea de continuer à capitaliser sur l'Hexagone. « Nous aurions évidemment préféré que ce relèvement de taxe ne soit pas effectué puisqu'il nous a coûté 30 millions d'euros », explique le patron de la compagnie. « Compte tenu de la TSBA et de la hausse de la taxe de sûreté et de sécurité (T2S), notre prix moyen par passager est de 90 euros sur le marché français et de 60 euros sur le reste de nos marchés. Pour l'instant, le trafic ne s'en ressent pas grâce à notre suivi tarifaire fin, mais il ne faudrait pas que la fiscalité aérienne en France s'alourdisse encore. Les taxes françaises sont beaucoup plus élevées que dans les autres pays où nous opérons », explique-t-il. Pour rappel, les taxes sur les vols domestiques français ont augmenté de 6,18 euros, pour atteindre 34,59 euros par passager (+21 %), à comparer à 20,87 euros par passager en Italie, et 10,97 euros par passager en Espagne.

Volotea aurait bien du mal à délaisser le marché français comme le montre les chiffres de trafic de l'an passé, et ses prévisions pour l'exercice qui débute. Avec 8 millions de sièges proposés en 2025 (+8 % par rapport à 2024), la compagnie low cost a continué à consolider sa présence en France. C'est tout simplement son premier marché d’exploitation, mais aussi l'un des plus dynamiques : le trafic au départ ou vers la France a atteint 7,3 millions de passagers, soit une croissance de 7,2 % par rapport à 2024. Ce qui tranche avec son trafic total, qui a stagné autour de 11,3 millions de passagers en 2025. Et Carlos Muñoz prévoit d’augmenter encore sa capacité en France en 2026, avec une croissance de 12,5% par rapport à 2025, à 9 millions de sièges. 

Une longue histoire 

Si la France est aussi importante, c'est que Volotea y construit son trafic depuis bientôt 15 ans. Aujourd'hui, la compagnie espagnole dessert 110 villes dans 18 pays, mais la moitié de ses vingt bases en Europe sont françaises. Elle est installée à Bordeaux, Brest, Lille, Lourdes, Lyon, Marseille, Strasbourg, Toulouse, Rodez et bien sûr Nantes. La capitale ligérienne fut sa première base ouverte en France et sa deuxième en Europe après Venise (Italie), dès juin 2012. De plus, la compagnie low cost est partisane de construire des positions fortes sur les bases qu'elle occupe. Elle est ainsi la première compagnie en termes de parts de marché dans dix d'entre elles (Nantes, Strasbourg, Lille, Lourdes-Tarbes, Brest, Rodez, Olbia, Florence, Vérone, Oviedo) et est placée en seconde place dans les autres aéroports.  

A Montpellier, Volotea a ainsi pris le temps de se développer avant d'annoncer l'ouverture de sa base. Elle y opère depuis treize ans et a proposé un total de 3 millions de sièges depuis son installation sur la plateforme montpelliéraine. En 2025, la compagnie a exploité un total de huit liaisons et proposé sa plus grande capacité depuis son lancement dans la région, avec un total de 370 000 sièges. Dès l’ouverture de la base, la compagnie postera à Montpellier un Airbus A320, permettant à la fois la création de 30 emplois directs et plus de 170 emplois indirects avec une augmentation immédiate de l’offre et du programme de vol. Depuis le début du mois de novembre 2025, Volotea prépare ce renforcement  et a ainsi ouvert quatre nouvelles destinations au départ de Montpellier : Bordeaux (deux vols par semaine), Madrid (deux vols par semaine), Ténérife Sud (un vol par semaine), Lanzarote (un vol par semaine). Ces nouvelles routes viennent compléter une offre de huit destinations (Ajaccio, Brest, Caen, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg et Minorque). 

Première compagnie en France en termes de liaisons exploitées 

Comme le montre ce programme de vols, le domestique français tient une place très importante dans la stratégie de la compagnie, à l'heure ou d'autres le délaisse. En 2026, si Volotea est la troisième compagnie aérienne sur ce marché en termes de capacités publiées, avec 3,7 millions de sièges (derrière Air France et Easyjet), elle est la première en nombre de liaisons exploitées, avec un total de 74 lignes opérées. Elle devance Air France (39 liaisons), Air Corsica (29 liaisons), Easyjet (28 liaisons) et Transavia (20 liaisons). Pour les liaisons au départ de France vers l’Union européenne, Volotea n’est que la cinquième compagnie en termes de capacités proposées (5,3 millions de sièges), derrière Air France (24,5 millions), Easyjet (19,5 millions), Transavia (16,4 millions), Ryanair (14,5 millions), mais la quatrième en termes de nombre de liaisons opérées avec 209 lignes, derrière Easyjet (282), Transavia (262) et Ryanair (247). 

Année après année, la compagnie espagnole a tissé un réseau extrêmement serré en France. Par exemple, alors que la Corse est restée longtemps sous-exploitée en termes de connectivité aérienne, notamment par les compagnies à bas coûts, l’arrivée de la compagnie catalane sur l’île de Beauté en juin 2012 a permis de créer un véritable marché. La présence de Volotea n’a fait que croître depuis cette date, pour atteindre une capacité de près d’un million de sièges et plus de 30 liaisons au départ ou vers l’île en 2025. Volotea contrôle à présent 67 % des sièges aériens qui sont proposés vers la Corse. 

A noter aussi que Volotea a été très fortement contributrice dans la croissance de la plupart des aéroports français où la compagnie espagnole a des avions basés. Si le trafic de Nantes-Atlantique a doublé entre 2012 et 2025, dépassant la barre des sept millions de passagers, il le doit largement à Volotea. La compagnie aérienne a contribué à 43 % de la croissance de l'aéroport sur cette période. Cette part a été de 75 % pour Bordeaux-Mérignac, 40 % à Marseille, 44 % pour Lyon, 81 % à Lourdes-Tarbes, selon les chiffres avancés par la compagnie. 

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27/01/2026 17:34
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Malgré l’impact de la TSBA, Volotea continue à voir grand sur la France

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Malgré l’impact de la TSBA, Volotea continue à voir grand sur la France

La compagnie espagnole installe deux nouvelles bases en France, son premier marché européen en volume de trafic. Très ambitieuse, elle prévoit de doubler quasiment ses capacités en France d’ici 2030, avec plusieurs nouvelles bases. Une stratégie largement appuyée sur le marché domestique, délaissé par Air France.  

Depuis le lancement de ces activités en 2012, Volotea a créé un réseau extrêmement dense de liaisons européennes et domestiques au départ de tous les principaux aéroports français. Et la compagnie espagnole entend bien continuer à capitaliser sur le trafic hexagonal. « Nous avons déjà annoncé en décembre dernier l'ouverture d'une onzième base française à l'aéroport de Montpellier-Méditerranée, qui sera opérationnelle à partir de l'automne 2026 », a précisé Carlos Muñoz, directeur général de Volotea à l'occasion d'un point presse. « Une douzième base française sera annoncée très prochainement », ajoute-t-il. 

Une nouvelle étape qui pourrait en appeler d'autres, tant Volotea semble miser sur le potentiel du marché français. La compagnie espagnole prévoit d'augmenter ses capacités en sièges sur le marché français de 86,2 % d'ici 2030. Volotea a identifié un total de 1 267 routes potentielles qu’elle pourrait exploiter en Europe et pourrait monter à un total de 450 à 500 routes exploitées en France ou au départ de France. La compagnie espagnole prévoit aussi d’atteindre un nombre de 15 à 16 bases dans l’Hexagone d’ici à 2030. 

Un marché essentiel pour Volotea

Comme d'autres avant lui, Carlos Muñoz prévient que son plan de développement ne peut se faire qu'avec un niveau constant de taxes. Pourtant, la récente hausse de la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA) n'a pas empêché Volotea de continuer à capitaliser sur l'Hexagone. « Nous aurions évidemment préféré que ce relèvement de taxe ne soit pas effectué puisqu'il nous a coûté 30 millions d'euros », explique le patron de la compagnie. « Compte tenu de la TSBA et de la hausse de la taxe de sûreté et de sécurité (T2S), notre prix moyen par passager est de 90 euros sur le marché français et de 60 euros sur le reste de nos marchés. Pour l'instant, le trafic ne s'en ressent pas grâce à notre suivi tarifaire fin, mais il ne faudrait pas que la fiscalité aérienne en France s'alourdisse encore. Les taxes françaises sont beaucoup plus élevées que dans les autres pays où nous opérons », explique-t-il. Pour rappel, les taxes sur les vols domestiques français ont augmenté de 6,18 euros, pour atteindre 34,59 euros par passager (+21 %), à comparer à 20,87 euros par passager en Italie, et 10,97 euros par passager en Espagne.

Volotea aurait bien du mal à délaisser le marché français comme le montre les chiffres de trafic de l'an passé, et ses prévisions pour l'exercice qui débute. Avec 8 millions de sièges proposés en 2025 (+8 % par rapport à 2024), la compagnie low cost a continué à consolider sa présence en France. C'est tout simplement son premier marché d’exploitation, mais aussi l'un des plus dynamiques : le trafic au départ ou vers la France a atteint 7,3 millions de passagers, soit une croissance de 7,2 % par rapport à 2024. Ce qui tranche avec son trafic total, qui a stagné autour de 11,3 millions de passagers en 2025. Et Carlos Muñoz prévoit d’augmenter encore sa capacité en France en 2026, avec une croissance de 12,5% par rapport à 2025, à 9 millions de sièges. 

Une longue histoire 

Si la France est aussi importante, c'est que Volotea y construit son trafic depuis bientôt 15 ans. Aujourd'hui, la compagnie espagnole dessert 110 villes dans 18 pays, mais la moitié de ses vingt bases en Europe sont françaises. Elle est installée à Bordeaux, Brest, Lille, Lourdes, Lyon, Marseille, Strasbourg, Toulouse, Rodez et bien sûr Nantes. La capitale ligérienne fut sa première base ouverte en France et sa deuxième en Europe après Venise (Italie), dès juin 2012. De plus, la compagnie low cost est partisane de construire des positions fortes sur les bases qu'elle occupe. Elle est ainsi la première compagnie en termes de parts de marché dans dix d'entre elles (Nantes, Strasbourg, Lille, Lourdes-Tarbes, Brest, Rodez, Olbia, Florence, Vérone, Oviedo) et est placée en seconde place dans les autres aéroports.  

A Montpellier, Volotea a ainsi pris le temps de se développer avant d'annoncer l'ouverture de sa base. Elle y opère depuis treize ans et a proposé un total de 3 millions de sièges depuis son installation sur la plateforme montpelliéraine. En 2025, la compagnie a exploité un total de huit liaisons et proposé sa plus grande capacité depuis son lancement dans la région, avec un total de 370 000 sièges. Dès l’ouverture de la base, la compagnie postera à Montpellier un Airbus A320, permettant à la fois la création de 30 emplois directs et plus de 170 emplois indirects avec une augmentation immédiate de l’offre et du programme de vol. Depuis le début du mois de novembre 2025, Volotea prépare ce renforcement  et a ainsi ouvert quatre nouvelles destinations au départ de Montpellier : Bordeaux (deux vols par semaine), Madrid (deux vols par semaine), Ténérife Sud (un vol par semaine), Lanzarote (un vol par semaine). Ces nouvelles routes viennent compléter une offre de huit destinations (Ajaccio, Brest, Caen, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg et Minorque). 

Première compagnie en France en termes de liaisons exploitées 

Comme le montre ce programme de vols, le domestique français tient une place très importante dans la stratégie de la compagnie, à l'heure ou d'autres le délaisse. En 2026, si Volotea est la troisième compagnie aérienne sur ce marché en termes de capacités publiées, avec 3,7 millions de sièges (derrière Air France et Easyjet), elle est la première en nombre de liaisons exploitées, avec un total de 74 lignes opérées. Elle devance Air France (39 liaisons), Air Corsica (29 liaisons), Easyjet (28 liaisons) et Transavia (20 liaisons). Pour les liaisons au départ de France vers l’Union européenne, Volotea n’est que la cinquième compagnie en termes de capacités proposées (5,3 millions de sièges), derrière Air France (24,5 millions), Easyjet (19,5 millions), Transavia (16,4 millions), Ryanair (14,5 millions), mais la quatrième en termes de nombre de liaisons opérées avec 209 lignes, derrière Easyjet (282), Transavia (262) et Ryanair (247). 

Année après année, la compagnie espagnole a tissé un réseau extrêmement serré en France. Par exemple, alors que la Corse est restée longtemps sous-exploitée en termes de connectivité aérienne, notamment par les compagnies à bas coûts, l’arrivée de la compagnie catalane sur l’île de Beauté en juin 2012 a permis de créer un véritable marché. La présence de Volotea n’a fait que croître depuis cette date, pour atteindre une capacité de près d’un million de sièges et plus de 30 liaisons au départ ou vers l’île en 2025. Volotea contrôle à présent 67 % des sièges aériens qui sont proposés vers la Corse. 

A noter aussi que Volotea a été très fortement contributrice dans la croissance de la plupart des aéroports français où la compagnie espagnole a des avions basés. Si le trafic de Nantes-Atlantique a doublé entre 2012 et 2025, dépassant la barre des sept millions de passagers, il le doit largement à Volotea. La compagnie aérienne a contribué à 43 % de la croissance de l'aéroport sur cette période. Cette part a été de 75 % pour Bordeaux-Mérignac, 40 % à Marseille, 44 % pour Lyon, 81 % à Lourdes-Tarbes, selon les chiffres avancés par la compagnie. 



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