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Aviation Civile
L'UAF toujours remontée contre le projet de loi "Climat et résilience"
L'UAF toujours remontée contre le projet de loi "Climat et résilience"
© Groupe ADP

| HEGUY Jean-Baptiste

L'UAF toujours remontée contre le projet de loi "Climat et résilience"

L'Union des Aéroports Français (UAF) conteste plus spécifiquement l'article 37 du projet de loi, qui interdit l'octroi d'une déclaration d'utilité publique pour les créations ou extensions d'aéroports.

Alors que le projet de loi "Climat et résilience", issu des conclusions de la Convention citoyenne sur le climat, est toujours en discussion, l'UAF (Union des aéroports français) est toujours très remontée contre plusieurs de ses dispositions. C'est notamment le cas de l'article 37, qui interdit l'octroi d'une déclaration d'utilité publique (DUP) pour les opérations de création ou d'extension d'aéroports conduisant à accroître les émissions de gaz à effet de serre générées par l'activité aéroportuaire. Cette proposition, qui était déjà fortement contestée par Thomas Juin, président de l'UAF, dans une interview accordée à Air&Cosmos (n°2721 du 5 février 2021). En clair, cette disposition entrave totalement les projets futurs d'extension aéroportuaire.

Contradictions multiples  

"Cette mesure repose sur l'illusion française de la décroissance imposée au transport aérien pour réduire les émissions de CO2. Elle n'aura pour seul effet qu'obérer le développement économique des territoires sans aucun gain pour la lutte contre le changement climatique puisque le développement du trafic se déportera par effet ricochet hors de France", explique le syndicat aéroportuaire. "Cette mesure est ensuite en totale contradiction avec la décentralisation aéroportuaire de 2004-2005. Une interdiction générale par la loi, quelles que soient les restrictions apportées à cette interdiction, n'entre pas dans le cadre de la réforme aéroportuaire qui a conduit à la décentralisation de la majeure partie des aéroports français. Il appartient non à l'Etat mais bien aux collectivités locales, désormais propriétaires ou parties prenantes de la plupart des aéroports français, de décider du développement et de l'avenir de l'aéroport desservant leur territoire", poursuit l'UAF. "Cette mesure fait enfin l'impasse sur les nombreuses procédures publiques déjà existantes. Les opérations de création ou d'extension d'aérodrome nécessitent une autorisation et une évaluation environnementales, requérant le plus souvent une étude d'impact ainsi que des autorisations au titre du code de l'urbanisme notamment un permis de construire"(...)"L'impact des projets de création ou d'extension d'aérodromes sur le changement climatique, notamment sur les émissions de gaz à effet de serre du transport aérien, fait partie intégrante des études d'impacts sur ces projets."

Investir pour transformer les infrastructures

« La France est le seul pays au monde à se tirer une balle dans le pied en bridant l’avenir de son transport aérien et en sacrifiant la connectivité de ses territoires par des mesures malthusiennes qui frappent ses aéroports. Les mesures de soutien au transport aérien britannique annoncées par Boris Johnson prennent l’exact contre-pied des mesures françaises qui affaiblissent notre transport aérien et notre industrie aéronautique. Que veut-on ? C’est aujourd’hui que nous devons investir pour transformer nos infrastructures. Les capacités aéroportuaires de La France doivent pouvoir évoluer à l’avenir comme chez nos voisins.   Quel sens y-a-t-il aujourd’hui à poser une mesure de restriction sur le développement des aéroports alors que ceux-ci serviront demain à accueillir une aviation décarbonée au service des besoins futurs de mobilité ?", renchérit Thomas Juin, président de l'UAF.  

 

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