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Aviation Civile

Le chantier est lancé

AÉROPORT DE BORDEAUX-MÉRIGNAC

FORT DE SES PROGRESSIONS RÉGULIÈRES AU COURS DES DERNIÈRES ANNÉES ET POUR CONTRER L'IMPACT DE LA LIGNE À GRANDE VITESSE (LGV), L'AÉROPORT DE BORDEAUX-MÉRIGNAC S'engage dans une phase d'investissements de 40 millions d'euros.D epuis la création en 2007 de la SA ADBM, sa nouvelle gouvernance, c'est la première fois que l'aéroport de Bordeaux-Mérignac lance des investissements d'une telle importance. Ils sont évalués à une quarantaine de millions d'euros et les travaux devraient être achevés au plus tard en 2020. Après la création en 2010 et l'extension en 2015 du terminal low cost billi, l'aéroport va reconfigurer les halls A et B et les parkings pour offrir un meilleur niveau de services. Mais Pascal Personne, président du directoire de la SA ADBM et directeur de l'aéroport,fait remarquer :« Nous sommes très raisonnables,ce n'est pas un projet pharaonique. » La part de l'autofinancement devrait être importante. Plusieurs raisons ont amené la direction de l'aéroport à prendre ces décisions et à les soumettre au conseil de surveillance qui les a approuvées à l'unanimité. Il s'agit d'une part de profiter de tendances favorables, telles que sa croissance soutenue de l'ordre de + 10 % en moyenne depuis huit ans et l'arrivée annoncée du tramway vers 2019,correspondant à un investissement de 70 M€ des collectivités, mais aussi de contrer les effets négatifs de la mise en service de la LGV en 2017. Selon les hypothèses les plus pessimistes, le trafic d'Air France vers Orly pourrait perdre 800000 passagers sur un million mais il n'y aurait pas d'impact sur les vols à destination de Charles de Gaulle. Et, dans les projections que fait l'aéroport en intégrant ces chiffres dans leur version la plus alarmiste, le trafic en 2020 devrait atteindre le seuil des 5,5 millions de passagers alors qu'il était de 5,3 millions (+ 7,6 %) en 2015. Le contrecoup devrait donc être rapidement absorbé.

TRAVAUX SUR DEUX NIVEAUX. Les travaux vont porter sur la création de 12000 m² sur deux niveaux entre les halls A et B. Grâce à ce terminal de jonction, les postes d'inspection et de filtrage (PIF) seront regroupés en un seul endroit. Le fait d'installer les huit PIF ensemble sur 1 600 m² et de ne plus s'appuyer sur deux batteries de quatre va fluidifier la phase de contrôle et le nombre de pax traités à l'heure passera de 550 à près de 1500.Derrière, 5000 m² seront affectés à de nouveaux commerces et aux salles d'attente. De nouveaux bureaux destinés aux compagnies et aux assistants seront créés sur 3300 m². Au niveau 0,l'aéroport se dotera, sur 2 000 m², d'un système de traitement de bagages répondant aux normes à venir.L'espace libéré aux halls A et B par les deux batteries de PIF sera utilisé pour améliorer la circulation et donner plus d'ampleur aux salles d'attente qui se trouvaient derrière. Par ailleurs, des travaux de restructuration des bâtiments existants vont être menés pour supprimer des escaliers afin que les passagers cheminent sur un seul niveau, ce qui rendra plus confortable l'accès aux salles d'embarquement.

A l'extérieur,les voies,la circulation, le parvis et les parkings seront réorganisés et le surfaçage refait. La capacité de 5 000 places sera augmentée,mais c'est surtout la qualité des parkings qui sera améliorée. Un P1 de 330 places sera créé dès octobre 2016 pour la clientèle d'affaires. Un système de gestion dynamique des places libres est prévu au P2.Il est envisagé de couvrir certaines parties des parkings.La taille des parkings de dépose et de location de voiture sera revue à la hausse.

ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE.Ainsi reconfiguré, l'aéroport de Bordeaux-Mérignac renforcera son attractivité.« Nous allons continuer à faire de la croissance avec le low cost, mais sans doute à un rythme moindre »,concède Pascal Personne. Il compte aussi sur les compagnies de réseaux présentes et sur de nouveaux entrants à l'international pour des moyen-courriers. Il affiche ses ambitions :« Pour les long-courriers,ce sera plus difficile.Nous avons quelques cibles géographiques : la Chine, l'Amérique du Nord et les compagnies du Golfe quand ce sera possible. Il faut trouver le bon opérateur solide. » Les pistes - principale et sécante - sont loin d'être saturées. La piste principale refaite en 2011 peut accueillir tout type de trafic.Une cinquantaine d'A380 s'y sont posés pour des opérations de maintenance.

¦ A Bordeaux, Claude Mandraut

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