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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #25 : le Jebel Arkanu
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #25 : le Jebel Arkanu
© Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

| Gilles Dawidowicz

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #25 : le Jebel Arkanu

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le massif montagneux Jebel Arkanu, en Libye.

Le 25 février 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue de l’incroyable massif montagneux du sud-est Libyen : le Jebel Arkanu, avec le commentaire suivant : « Une belle formation rocheuse dans le désert du Tchad, qui regorge décidément de surprises à chaque survol ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 5 janvier dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 240 mm. Le Nord est à 8 heures.

Nous pourrions être dans un épisode de Star Wars, sur une planète déserte dans une galaxie lointaine. Nous sommes en fait dans l’extrême sud-est de la Libye (district d'Al-Koufrah), à environ 300 km au sud-est de la ville d'El Tag, à quelques kilomètres seulement à l’ouest de la frontière (verticale) avec l’Egypte, et à quelques kilomètres au nord-ouest de la frontière (à angle droit) avec le Soudan. En plein désert du Sahara, le paysage est digne de celui d’Ares Vallis, la célèbre paléo-vallée fluviale martienne !

Thomas Pesquet a déniché une curiosité géologique intéressante et singulière : le massif montagneux Jebel Arkanu, Alors que les alentours désertiques sont relativement déprimés, cette montagne ovale (28 km x 18 km) se hisse dans le paysage d’une façon inédite, et culmine à 1 435 mètres d’altitude, dominant le plateau sableux Gilf Kebir de 500 mètres au moins. Il s’agit d’une très ancienne formation composée d’une intrusion de granite d’une part, et d’une vallée-oasis d’autre part. L’ensemble possède un aspect spiralé, formant presque des anneaux concentriques.

La végétation de ce lieu est constituée de buissons, d'herbes et de rares arbres. Et pourtant, le Jebel Arkanu est un lieu de pâture : chaque année en effet, les nomades y conduisent leurs troupeaux, bloquent l'entrée du chenal avec des pierres, et reviennent trois mois plus tard récupérer le bétail.

Cette région est connue pour être l’une des plus arides de la planète (moins de 1 mm d’eau par an en moyenne), mais aussi pour abriter de magnifiques pétroglyphes, témoignant d’un passé bien plus humide et riche de girafes et autres animaux aujourd’hui absents de cette partie du monde.

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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