Environ 5 000 vols ont été annulés dans la région du Moyen-Orient depuis que les frappes américano-israéliennes ont été déclenchées en Iran. La riposte iranienne dans tout le Moyen-Orient a entraîné la fermeture d’espaces aériens, la neutralisation des grands hubs du Golfe, des suspensions de vols et des conséquences indirectes pourraient subvenir si le conflit dure.
A l'heure où nous mettions sous presse, le mardi 3 mars, les hubs de Dubai et d’Abu Dhabi annonçaient des reprises très limitées de leurs activités avec des vols spéciaux programmés pour rapatrier les passagers bloqués sur place, les frappes américano-israéliennes sur l’Iran et la riposte iranienne dans toute la région du Golfe et du Moyen-Orient ont fortement perturbé l’activité du transport aérien commercial dans une région qui abrite parmi les plus grands hubs internationaux d’Emirates, de Qatar Airways et Etihad Airways. Suite à la réplique des missiles balistiques iraniens, de nombreux espaces aériens ont été fermés notamment à Dubai, Abu Dhabi et Sharjah. Emirates a annoncé que l’ensemble de ses vols resteraient suspendus jusqu’au 3 mars inclus (annonçant malgré tout un vol de rapatriement vers Paris CDG pour le matin du 3 mars). Etihad Airways a annoncé de son côté une suspension de ses vols jusqu’au lundi 2 mars au moins (avec un vol spécial de rapatriement au départ d’Abu Dhabi prévu le 3 mars). Les compagnies low cost flydubai et Air Arabia avaient de leur côté annoncé des suspensions de vol jusqu'au 3 mars à 15h (heure locale). Mais les vols d’Air Arabia vers la Syrie, la Jordanie, le Liban et l’Irak devaient rester suspendus jusqu’au 4 mars minimum.
Dès le déclenchement des hostilités le 28 février, l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a émis un « Bulletin d’information de zone de conflit » (CZIB) recommandant aux compagnies aériennes de ne pas opérer de vols traversant les espaces aériens du Bahrein, de l’Iran, de l’Irak, d’Israël, de Jordanie, du Koweït, du Liban, d’Oman, du Qatar, des Emirats Arabes Unis, d’Arabie Saoudite, évoquant « un très haut risque », pour l’aviation commerciale. « Compte tenu de l'intervention militaire en cours, des représailles contre les intérêts américains et israéliens dans la région sont probables, ce qui engendrera des risques élevés supplémentaires non seulement pour l'espace aérien iranien, mais aussi pour celui des États voisins abritant des bases militaires américaines ou autrement affectés par les hostilités et les activités militaires associées, y compris les interceptions », précisait encore le « CZIB » de l’EASA. Ce bulletin était annoncé le 28 février comme étant valable jusqu’au lundi 2 mars inclus et a été prolongé jusqu'au 6 mars inclus.
Ce bulletin a entraîné la suspension d’un très grand nombre de vols opérés vers la zone de conflit de la part des principales compagnies aériennes mondiales, notamment de la part d’Air France qui a d’abord suspendu ses vols vers Beyrouth (Liban), Dubaï, Riyad (Arabie Saoudite) et Tel Aviv (Israël), jusqu’au 2 mars, avant d’annoncer une prolongation jusqu’au 5 mars inclus. "La reprise des opérations restera soumise à une évaluation de la situation sur place", précise la compagnie française dans un communiqué.
Au lundi 2 mars, plus de 5 000 vols avaient déjà été annulés pendant les trois jours qui avaient suivi le déclenchement des hostilités entre les forces américano-israéliennes et l’Iran. Et il était difficile de savoir comment allaient évoluer les hostilités. Mais le conflit risque, quoi qu’il en soit, d’avoir pour les compagnies aériennes des conséquences économiques et financières substantielles à court ou moyen terme. En effet, la région du Golfe et du Moyen-Orient est, en temps normal, très active en termes de transport aérien commercial. Comme le rappelle la société d’analyse de données aéronautiques Cirium, « un total d’environ 900 000 sièges par jour sont programmés pour des vols à destination du Moyen-Orient, en provenance de l'étranger et à l'intérieur même du Moyen-Orient ».
« A court terme, nous avons un sujet de traitement des passagers dont les vols sont annulés, avec tous les coûts des re-protections ou des prises en charge », explique Didier Bréchemier, expert en transport aérien et senior partner au cabinet Roland Berger Consulting. « A moyen terme, il y a l’impact des durées de vol supplémentaires pour les liaisons rejoignant l’Asie liées à l’impossibilité de survol des espaces aériens fermés ou que les compagnies aériennes ont intérêt à éviter pour des raisons logiques de sécurité », ajoute-t-il. Précisons que pour l’instant Air France annonce que les perturbations sur la zone de conflit « n’ont pas d’impact sur les temps de vols pour les liaisons au-delà de zone du Golfe et du Moyen-Orient ». Mais là encore, personne ne sait comment la situation peut évoluer. Et cette nouvelle zone de conflit active vient un peu plus compliquer l’exploitation des vols intercontinentaux, déjà passablement perturbés par l’interdiction de survol de la Russie liée au conflit en Ukraine. « A moyen terme, si cela dure, il y a aussi un sujet concernant la confiance des passagers dans les grands hubs du Moyen-Orient pour les vols Afrique et Europe, en correspondance vers l’Asie. Cela peut avoir une impact d’augmentation des taux de remplissage des compagnies européennes et asiatiques, mais comme les taux de remplissage sont déjà élevés, cela peut créer un manque de capacités par un manque d’avions et entraîner pour les passagers une augmentation des prix », poursuit Didier Bréchemier. « Et des difficultés pour pouvoir voyager, liées au manque de capacités, si jamais le conflit perdure. Au pire des cas, les compagnies européennes pourraient néanmoins affréter des capacités supplémentaires si la problématique devient structurelle, donc il y a moyen de trouver des solutions ».
La dernière interrogation concernant ce nouveau front dans les conflits mondiaux est liée au prix du baril de pétrole, donc du carburant. « Le 2 mars, le prix du baril de brent était annoncé avec une hausse de 7 à 8 %, à 78 dollars le baril. Pour l’instant ce n’est pas dramatique, mais dès que le prix du baril du pétrole augmente de 10 %, le prix du billet remonte de 3 %. Ce n’est pas un impact majeur sur la demande mais cela pourrait le devenir si les prix du carburant continuent d’augmenter. On peut penser que jusqu’à 90 ou 100 dollars le baril, cela soit encore supportable, surtout qu’à court terme les compagnies aériennes ont encore des « couvertures » pour compenser les variations à la hausse du baril. Cela pourrait avoir des forts impacts sur les niveaux de rentabilité des compagnies ». Néanmoins, il faut garder son sang froid. « Je ne suis pas géopoliticien mais nous sommes quand même dans une situation localisée. Je ne pense pas que nous soyons dans un impact de long terme majeur, comme cela a pu être le cas avec la suite des attentats du 11 septembre 2001, ou la crise du Covid-19. Il est encore un peu tôt pour se dire, comme certains oiseaux de mauvais augure, que l’ensemble des positionnements des hubs va être revu parce qu’ils sont proches de l’Iran, que tout va s’embraser. Nous sommes un peu dans la politique fiction, à mon sens ».
Environ 5 000 vols ont été annulés dans la région du Moyen-Orient depuis que les frappes américano-israéliennes ont été déclenchées en Iran. La riposte iranienne dans tout le Moyen-Orient a entraîné la fermeture d’espaces aériens, la neutralisation des grands hubs du Golfe, des suspensions de vols et des conséquences indirectes pourraient subvenir si le conflit dure.
A l'heure où nous mettions sous presse, le mardi 3 mars, les hubs de Dubai et d’Abu Dhabi annonçaient des reprises très limitées de leurs activités avec des vols spéciaux programmés pour rapatrier les passagers bloqués sur place, les frappes américano-israéliennes sur l’Iran et la riposte iranienne dans toute la région du Golfe et du Moyen-Orient ont fortement perturbé l’activité du transport aérien commercial dans une région qui abrite parmi les plus grands hubs internationaux d’Emirates, de Qatar Airways et Etihad Airways. Suite à la réplique des missiles balistiques iraniens, de nombreux espaces aériens ont été fermés notamment à Dubai, Abu Dhabi et Sharjah. Emirates a annoncé que l’ensemble de ses vols resteraient suspendus jusqu’au 3 mars inclus (annonçant malgré tout un vol de rapatriement vers Paris CDG pour le matin du 3 mars). Etihad Airways a annoncé de son côté une suspension de ses vols jusqu’au lundi 2 mars au moins (avec un vol spécial de rapatriement au départ d’Abu Dhabi prévu le 3 mars). Les compagnies low cost flydubai et Air Arabia avaient de leur côté annoncé des suspensions de vol jusqu'au 3 mars à 15h (heure locale). Mais les vols d’Air Arabia vers la Syrie, la Jordanie, le Liban et l’Irak devaient rester suspendus jusqu’au 4 mars minimum.
Dès le déclenchement des hostilités le 28 février, l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a émis un « Bulletin d’information de zone de conflit » (CZIB) recommandant aux compagnies aériennes de ne pas opérer de vols traversant les espaces aériens du Bahrein, de l’Iran, de l’Irak, d’Israël, de Jordanie, du Koweït, du Liban, d’Oman, du Qatar, des Emirats Arabes Unis, d’Arabie Saoudite, évoquant « un très haut risque », pour l’aviation commerciale. « Compte tenu de l'intervention militaire en cours, des représailles contre les intérêts américains et israéliens dans la région sont probables, ce qui engendrera des risques élevés supplémentaires non seulement pour l'espace aérien iranien, mais aussi pour celui des États voisins abritant des bases militaires américaines ou autrement affectés par les hostilités et les activités militaires associées, y compris les interceptions », précisait encore le « CZIB » de l’EASA. Ce bulletin était annoncé le 28 février comme étant valable jusqu’au lundi 2 mars inclus et a été prolongé jusqu'au 6 mars inclus.
Ce bulletin a entraîné la suspension d’un très grand nombre de vols opérés vers la zone de conflit de la part des principales compagnies aériennes mondiales, notamment de la part d’Air France qui a d’abord suspendu ses vols vers Beyrouth (Liban), Dubaï, Riyad (Arabie Saoudite) et Tel Aviv (Israël), jusqu’au 2 mars, avant d’annoncer une prolongation jusqu’au 5 mars inclus. "La reprise des opérations restera soumise à une évaluation de la situation sur place", précise la compagnie française dans un communiqué.
Au lundi 2 mars, plus de 5 000 vols avaient déjà été annulés pendant les trois jours qui avaient suivi le déclenchement des hostilités entre les forces américano-israéliennes et l’Iran. Et il était difficile de savoir comment allaient évoluer les hostilités. Mais le conflit risque, quoi qu’il en soit, d’avoir pour les compagnies aériennes des conséquences économiques et financières substantielles à court ou moyen terme. En effet, la région du Golfe et du Moyen-Orient est, en temps normal, très active en termes de transport aérien commercial. Comme le rappelle la société d’analyse de données aéronautiques Cirium, « un total d’environ 900 000 sièges par jour sont programmés pour des vols à destination du Moyen-Orient, en provenance de l'étranger et à l'intérieur même du Moyen-Orient ».
« A court terme, nous avons un sujet de traitement des passagers dont les vols sont annulés, avec tous les coûts des re-protections ou des prises en charge », explique Didier Bréchemier, expert en transport aérien et senior partner au cabinet Roland Berger Consulting. « A moyen terme, il y a l’impact des durées de vol supplémentaires pour les liaisons rejoignant l’Asie liées à l’impossibilité de survol des espaces aériens fermés ou que les compagnies aériennes ont intérêt à éviter pour des raisons logiques de sécurité », ajoute-t-il. Précisons que pour l’instant Air France annonce que les perturbations sur la zone de conflit « n’ont pas d’impact sur les temps de vols pour les liaisons au-delà de zone du Golfe et du Moyen-Orient ». Mais là encore, personne ne sait comment la situation peut évoluer. Et cette nouvelle zone de conflit active vient un peu plus compliquer l’exploitation des vols intercontinentaux, déjà passablement perturbés par l’interdiction de survol de la Russie liée au conflit en Ukraine. « A moyen terme, si cela dure, il y a aussi un sujet concernant la confiance des passagers dans les grands hubs du Moyen-Orient pour les vols Afrique et Europe, en correspondance vers l’Asie. Cela peut avoir une impact d’augmentation des taux de remplissage des compagnies européennes et asiatiques, mais comme les taux de remplissage sont déjà élevés, cela peut créer un manque de capacités par un manque d’avions et entraîner pour les passagers une augmentation des prix », poursuit Didier Bréchemier. « Et des difficultés pour pouvoir voyager, liées au manque de capacités, si jamais le conflit perdure. Au pire des cas, les compagnies européennes pourraient néanmoins affréter des capacités supplémentaires si la problématique devient structurelle, donc il y a moyen de trouver des solutions ».
La dernière interrogation concernant ce nouveau front dans les conflits mondiaux est liée au prix du baril de pétrole, donc du carburant. « Le 2 mars, le prix du baril de brent était annoncé avec une hausse de 7 à 8 %, à 78 dollars le baril. Pour l’instant ce n’est pas dramatique, mais dès que le prix du baril du pétrole augmente de 10 %, le prix du billet remonte de 3 %. Ce n’est pas un impact majeur sur la demande mais cela pourrait le devenir si les prix du carburant continuent d’augmenter. On peut penser que jusqu’à 90 ou 100 dollars le baril, cela soit encore supportable, surtout qu’à court terme les compagnies aériennes ont encore des « couvertures » pour compenser les variations à la hausse du baril. Cela pourrait avoir des forts impacts sur les niveaux de rentabilité des compagnies ». Néanmoins, il faut garder son sang froid. « Je ne suis pas géopoliticien mais nous sommes quand même dans une situation localisée. Je ne pense pas que nous soyons dans un impact de long terme majeur, comme cela a pu être le cas avec la suite des attentats du 11 septembre 2001, ou la crise du Covid-19. Il est encore un peu tôt pour se dire, comme certains oiseaux de mauvais augure, que l’ensemble des positionnements des hubs va être revu parce qu’ils sont proches de l’Iran, que tout va s’embraser. Nous sommes un peu dans la politique fiction, à mon sens ».
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