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Hayabusa 2 : pour quelques poussières de plus © JAXA

| Gilles Dawidowicz

Hayabusa 2 : pour quelques poussières de plus

Chaque semaine, une photo qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le géographe Gilles Dawidowicz revient sur l’exploit réalisé le 21 février par la sonde japonaise en orbite autour de l’astéroïde Ryugu.

Le titre de l’article sonne comme un western spaghetti, mais c’est une saga japonaise dont il s’agit ! Et elle nous ravit, car décidément la JAXA ose tout et… réussit ses entreprises d’équilibriste. A croire que la fortune sourit aux audacieux mais surtout aux persévérants.

L’épisode de cette semaine concerne une opération des plus complexes, qui n’aura duré que cinq secondes. Il s’est joué à plus de 300 millions de kilomètres de la Terre. La sonde Hayabusa 2, en orbite autour de l’astéroïde Ryugu depuis le 27 juin 2018, a collecté environ 100 milligrammes de poussières à la surface du petit corps à la suite d’une manoeuvre très audacieuse.

Le contact avec la surface s’est produit le 21 février vers 23h50 (heure de Paris), après une lente et prudente approche de plusieurs heures. Nous avons pu suivre en direct sur Internet les opérations retransmises par les japonais depuis la salle de contrôle dans laquelle se trouvait un seul occidental, l’astrophysicien français Patrick Michel (Observatoire de la Côte d'Azur).

 

Une opération de cinq secondes.

C’est en fait un cornet de 70 centimètres de long qui a touché le sol de Ryugu. A ce moment très précis, un projectile a été envoyé à plus de 1000 km/h taper la surface, ce qui a éjecté de la matière instantanément récupérée par le collecteur et encapsulée à bord. Dans le même temps, l’engin de 609 kg est reparti vers le haut pour rejoindre son orbite de parking. Toute l’opération de collecte n’aura duré que cinq secondes et laissé une trace sombre à la surface.

L’image présente la surface de l’astéroïde Ryugu, peu après la collecte d'échantillons. Au centre, la trace sombre au sol est due aux propulseurs de la sonde, activés pour lui permettre de s'éloigner une fois l'opération de collecte réussie. Les petites taches noires présentes un peu partout dans le haut de l’image pourraient être des poussières soulevées de la surface et collées à l'objectif de la caméra lors de cette même collecte, un peu comme sur l’une des caméras de la sonde InSight posée sur Mars. La présence d'un nouveau cratère d'impact n'est pas attestée, car il se pourrait qu’il n’y en ait finalement pas.

 

Rendez-vous en avril.

La précieuse cargaison reviendra sur Terre en décembre 2020 et réjouira les générations futures de géochimistes, mais Hayabusa 2 devra avant cela réaliser une dernière étape tout aussi délicate. En effet, en avril prochain, un impacteur à haute vitesse sera tiré sur l’astéroïde pour y creuser un cratère d’impact plus conséquent et y permettre la collecte en son centre d’échantillons de l’astéroïde non altérés par les vents solaires. Tout un programme en perspective…

Astéroides Exploration du système solaire Hayabusa 2 Jaxa Ryugu Sondes interplanétaires

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