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Industrie
Filière aéro : un plan de relance très concret à 15 Md€
Filière aéro : un plan de relance très concret à 15 Md€
© Airbus Helicopters / Eric Raz

| Yann Cochennec

Filière aéro : un plan de relance très concret à 15 Md€

Le plan de relance du gouvernement pour la filière aérospatiale et de défense allie mesures à court, moyen et long terme entre fonds de soutien aux PME-ETI, commandes militaires accélérées, soutien à l'export, soutien à R&D et dispositifs de régime d'activité partielle de longue durée.

8 Md€ pour la filière aérospatiale

Face au séisme de magnitude 9 qui secoue le transport aérien mondial depuis plus de deux mois et par voie de conséquence la filière aérospatiale, le gouvernement a dévoilé les mesures très précises de son plan de relance dans le but de préserver "le savoir-faire de cette industrie d’excellence ni obérer ses capacités de rebond et d’innovation, d’autant que la continuité de la progression technologique constitue le cœur de ses succès. Tout relâchement en la matière se traduirait par des transferts de d’emplois et une perte à terme de parts de marché".  Au final, pas moins de 15 Md€ seront ainsi mobilisés, en incluant les 7 Md€ destinés à Air France (prêt bancaire garanti par l'Etat de 4 Md€ et avance en compte courant de 3 Md€. Restent donc 8 Md€ pour la filière aérospatiale.

Nouveau régime d'activité partielle longue durée

Le plan dévoilé ce mardi 9 juin par le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire; la ministre des Armées, Florence Parly; et la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, et auquel étaient aussi associés Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès de Bruno Le Maire; et Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'Etat aux Transports; s'organise autour de trois axes d'action. D'abord continuer à "soutenir les entreprises en difficulté et protéger leurs salariés". Les aides déjà apportées dès le mois de mars dernier "continueront à pouvoir être utilisées" (prêts garantis par l'Etat, activité partielle). Pour autant "les importantes réductions de cadences de production annoncées par les principaux constructeurs induisent une diminution plus forte encore de la production dans la filière du fait des stocks existants".

D'où l'idée de "créer un nouveau régime d’activité partielle de longue durée qui permettra de sauver les emplois dans un cadre négocié, avec un co-financement de l’État. L’objectif est de rendre applicable ce dispositif dès le mois de juillet dans les entreprises où cela sera nécessaire. La filière aéronautique bénéficiera largement de ce nouveau dispositif qui permettra ainsi de préserver des milliers d’emplois et des savoir-faire indispensables à l’excellence des entreprises". Et en complément à ce nouveau régime, "la filière aéronautique pourra mobiliser également les outils permettant à des salariés en sous activité de travailler temporairement dans des entreprises exprimant des besoins de compétences. L’Etat accompagnera ces opérations par un cadre règlementaire incitatif à l’activité. 

"Il s’agit notamment de permettre à des PME en transformation de recourir à coût abordable aux compétences pointues de salariés de grands donneurs d’ordres qui ne seraient pas occupés à 100% dans la période. Par ailleurs, du fait des baisses de cadence, beaucoup de fournisseurs de la filière disposent aujourd’hui d’importants stocks de matières et de pièces, qui pèsent significativement sur leur trésorerie. Un groupe de travail est mis en place entre les donneurs d’ordre, les sous-traitants et le milieu bancaire, pour voir comment la charge de ces stocks peut être répartie au mieux entre les différents acteurs".

Dispositifs de soutien à l'export

Pour soutenir les prises de commandes et éviter les annulations de commande, l'Etat, par le biais de Bpifrance Assurance Export, "continuera à soutenir le secteur, en accroissant le soutien financier public, tant en termes de nombres d’aéronefs, de volumes de garantie, que de proportion d’interventions publiques dans le marché considéré". De même, "un moratoire sur les remboursements en principal pour les crédits des compagnies aériennes déjà dans l'encours de Bpifrance Assurance Export a été décidé par le ministre de l’Economie et des Finances. Il est en cours de mise en œuvre". Enfin, "il est envisagé qu’un assouplissement temporaire soit proposé par les Etats membres de l’Union européenne à leurs partenaires de l’accord aéronautique de l’Arrangement OCDE. Pour les nouvelles prises en garantie, un assouplissement temporaire des conditions de financement de l'OCDE permettrait d’assouplir les disciplines financières communes, pour les adapter à la crise actuelle et ainsi aider les achats d’aéronefs par les compagnies aériennes".

Des commandes militaires accélérées pour 832 M€

Pour alimenter le plan de charge de la filière, le ministère des Armées passera des commandes anticipées d’avions, d’hélicoptères et de drones militaires, apportant ainsi un soutien concret et immédiat à la préservation de l’emploi en particulier dans les PME et les ETI. Montant total : 832 M€ pour trois Airbus A330-MRTT Phénix pour l'Armée de l'Air, un avion léger de surveillance et de renseignements ALSR, huit Airbus Helicopters Caracal pour l'Armée de l'Air, drones de surveillance navals pour la Marine nationale mais aussi deux H145 pour la Sécurité Civile et dix H160 pour la Gendarmerie pour renouveler une partie du parc des 26 AS-350 Ecureuil.

plus dans le prochain numéro 2692 dans les kiosques vendredi 12 juin.

 

 

 

 

 

 

 

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Mikeul | 09/06/2020 12:18

Beaucoup pour Airbus, pour Safran ,pas grand chose pour Thalès et rien pour dassault.

Aqui | 11/06/2020 15:27

Probablement pour le GIGN et RAID (Paris et Orange). https://www.facebook.com/DAG19/posts/488075641882095 Prémonitoire la page des Forces Aériennes Egletons en avril vous avez dit?

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