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Aviation Civile
Coronavirus : Airbus propose une solution de conversion cargo pour les cabines passagers
Coronavirus : Airbus propose une solution de conversion cargo pour les cabines passagers
© Airbus

| HEGUY Jean-Baptiste

Coronavirus : Airbus propose une solution de conversion cargo pour les cabines passagers

Airbus envisage une certification à la fin mai. Le constructeur a reçu 140 manifestations d'intérêt et une vingtaine de compagnies sont en phase de finalisation.

Dans le cadre de la demande croissante de fret médical, liée à la crise mondiale du Covid-19, Airbus se lance à son tour pour proposer une solution de conversion de cabines passagers en espaces cargo. 

42,5 tonnes d'emport total sur un Airbus A350

"45 à 50% des capacités cargo sont apportées par les soutes des avions configurés en cabines passagers. Quand ils ont été immobilisés au début de la crise, cela a donc généré une grande tension sur les capacités. Les compagnies nous ont donc beaucoup questionné sur la possibilité de faire du transport de cargo dans des avions passagers. Chez Airbus, ils nous a semblé clair qu'il fallait que nous apportions une réponse à ce manque pour le transport de fret médical dans la période de crise du Covid-19 mais également à moyen terme pour générer de nouvelles sources de revenus. Nous avons donc déployer une solution pour générer des capacités additionnelles. Pour un Airbus A350-900, elle est d'environ 7,8 tonnes sur le pont passagers, doit 80 m3. Elle vient s'ajouter à celle des soutes et des porte-bagages qui sont au dessus des sièges. Pour un A350-900, la capacité totale est ainsi portée à 42,5 tonnes. La solution est très facile à mettre en oeuvre. Il suffit d'enlever une partie des sièges de la cabine et de fixer des palettes fixées sur le sol de la cabine. Nous n'utilisons que des matériels très largement répandus sans nécessiter de faire intervenir des kits supplémentaires et les palettes peuvent être montées et démontées très facilement"", explique Yann Lardet, vice-président Support aux opérations aériennes chez Airbus. "Nous nous sommes focalisés d'abord sur les Airbus A330, A340 et A350 qui donnent de belles capacités de transport. Si on a des demandes sur d'autres types d'avions, nous accompagnerons évidemment nos clients".  "Sur un A330, il est possible d'installer 28 palettes carrées de 1,50 m de côté. Le volume possible est d'environ 2,5 m3 par palette", précise Matthias Ierovante, chef du projet chez Airbus. "Sur un A350, nous pouvons installer 30 palettes". 

"Si on prend un avion où les sièges ont été déjà enlevés, il faut compter deux heures pour installer les palettes. Il faut deux personnes pour transporter chaque palette et les amener à l'intérieur de l'avion par les portes passagers", précise Matthias Ierovante. "Nous pensons que les compagnies auront plutôt tendance à conserver les sièges de classe business plus complexes à démonter. En revanche, le démontage des sièges de classe économique est facile. Les galleys sont aussi conservés ainsi que les grands monuments qui restent en place", ajoute Yann Lardet. 

20 compagnies en phase de finalisation

"L'apport de notre solution est qu'elle est certifiée. En mettant des palettes à des endroits spécifiques, on apporte un bon niveau de sécurité sur plusieurs plans. Les palettes utilisées sont celles qui sont classiquement employées pour le cargo, donc c'est robuste. Ces palettes peuvent aussi ménager des corridors qui permettent un meilleur accès aux masses transportées et une meilleure protection contre les risques incendies", précise Yann Lardet. "On peut aussi contrôler la répartition des charges et le centrage de l'avion", ajoute-t-il.  

"Avec la crise, l'EASA (Agence européenne de sécurité aérienne) a mis en place dans le courant du mois de mars un certain nombre de directives pour pouvoir autoriser les compagnies à faire du transport de cargo médical sur les sièges. Par la suite, en avril, l'EASA a examiné les conditions qui permettent d'enlever les sièges et de transporter du cargo général, au delà du médical. Les choses ont donc bougé. Chez Airbus, nous avons suivi les deux routes. La solution aura sa certification finale à la fin du mois de mai. Dans le cadre de la période de crise, l'autorisation de l'EASA est donnée pour huit mois. Nous avons eu environ 140 manifestations d'intérêts de la part des compagnies aériennes et au moment où nous parlons, nous travaillons avec une vingtaine de compagnies qui sont en phase de finalisation et d'obtention d'autorisations de leurs autorités de tutelle. A noter que cette solution sera proposée à nos partenaires compagnies aériennes de manière gracieuse". 

 

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