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Ukraine
Aviation russe : le carnage continue également pour ses chasseurs et hélicoptères modernes
Aviation russe : le carnage continue également pour ses chasseurs et hélicoptères modernes
© @NeuroneIntel

| Xavier Tytelman et Gaétan Powis 840 mots

Aviation russe : le carnage continue également pour ses chasseurs et hélicoptères modernes

La couverture aérienne russe en Ukraine semble petit à petit diminuer : les appareils de combat russes restent au-dessus des lignes russes voire même en Russie ou en Biélorussie. Mais à plusieurs occasions, des appareils de combat ont effectué des raids sur les positions ukrainiennes. Résultat, pour la seule journée du 24 septembre, quatre avions de combat modernes ont été descendus par les Ukrainiens.

Diminution des appareils russes sur l'Ukraine

Depuis le mois d'avril, l'aviation russe ne dépasse plus la ligne de front, faute d'avoir réussi à venir à bout de la défense aérienne ukrainienne. Car outre les équipements dont celle-ci dispose depuis l'époque soviétique et pour partie modernisées depuis 2014, elle a perçu des équipements toujours plus nombreux et efficaces, encore prochainement renforcés par le déploiement des systèmes NASAMS notamment connus pour protéger la Maison Blanche à Washington. Les forces ukrainiennes disposant encore de batteries antiaériennes longue et moyenne portées, les appareils russes survolant la ligne de front ont l'obligation de voler en basse voir très basse altitude (sans oublier le manque de munitions de précision). Mais là aussi, la défense antiaérienne ukrainienne est bien fournie. Les milliers de MANPADS, tels que les Stinger ou Grom (lance-missiles antiaérien à très courte portée mais tiré depuis l'épaule), sont présents sur toute la ligne de front. A vrai dire, les Ukrainiens semblent avoir créé un maillage en profondeur de MANPADS, permettant à plus grande échelle, de créer une défense multicouche.

Mais la situation s'est encore dégradée à partir de la fin de l'été, avec un désengagement progressif de l'aviation russe, y compris des lignes de front. Les attaques ukrainiennes répétées contre les bases aériennes russes de Crimée et en Biélorussie ont non seulement permis la destruction de plus d'une dizaine d'appareils encore au sol (plus d'information dans cet article), mais ont aussi obligé la Russie à évacuer nombre d'avions, dont la totalité de la flotte de Su-35 déployée en Crimée, alors qu'il s'agit de l'appareil le plus moderne disponible dans l'Armée de l'air russe. Face aux grandes offensives du mois de septembre, un "meme" a largement été partagé sur internet : où est passée l'aviation russe ?

La réponse est survenue le 24 septembre, avec un retour marqué des chasseurs afin d'arrêter une offensive ukrainienne dans le nord du Donbass. De source ukrainienne, pas moins de quatre chasseurs sont abattus sur la journée (deux Su-30, un Su-34 et un Su-25) et des preuves sont apportées via des images de destructions pour deux Su-34. Début octobre, dans la région de Kherson, les soldats russes désespérés par la disparition de leur soutien aérien et incapables d'échanger sur leurs réseaux de communication (brouillés par les Ukrainiens) ont même lancé des appels au secours désespérés sur les médias sociaux... En vain...

A l'inverse des Ukrainiens qui disposent de pièces de rechange en quantité grâce à la livraison de celles-ci par d'anciens pays du Bloc de l'Est, les appareils russes semblent souffrir du manque d'entretien. Ainsi, les pertes de chasseurs russes hors de combat semblent se multiplier ; après une panne moteur au décollage sur un Su-25 filmée le 12 septembre, c'est un Mig-31 chargé de toutes ses munitions qui se serait crashé en bout de piste sur la base aérienne de Belbek (Crimée) le 1er octobre.

Pertes aériennes des deux parties au conflit depuis le 24 février 2022.
Pertes aériennes des deux parties au conflit depuis le 24 février 2022. © Air&Cosmos
Pertes aériennes des deux parties au conflit depuis le 24 février 2022.

Explications sur les graphes

Les pertes ukrainiennes se concentrent particulièrement au sein des appareils d'attaque ou bombardiers. C'est la conséquence de l'augmentation des opérations aériennes suite aux offensives et à la diminution de l'interdiction air-air russe. Toutefois, ces pertes diminuent dans le temps grâce à l'arrivée des missiles air-sol antiradars AGM-88 HARM. Les missions SEAD (destruction des défenses aériennes ennemies) des MiG-29 mais aussi des Su-27 ukrainiens permettent ainsi de détruire le maillage antiaérien russe et d'ouvrir des brèches au sein desquelles les avions peuvent soutenir les troupes au sol.

Côté russe, les pertes se regroupent également autour des appareils soutenant les troupes au sol. Les nombreuses images présentées sur les réseaux sociaux permettent de confirmer qu'un bon nombre de ces appareils est aussi détruit par les défenses antiaérienne ukrainiennes, comme décrit au début de cet article. Cependant, à l'inverse des appareils ukrainiens abattus, les pertes russes comprennent aussi des appareils de génération récentes ou modernisés ; hélicoptères de combat Ka-52 et Mi-28 ou encore des avions de combat Su-30, Su-34 et Su-35. Enfin, et comme déjà expliqué dans de nombreux articles, les missions SEAD russes semblent être inefficaces et ce, dès le début de la guerre (avec un faible nombre de missions SEAD malgré une défense antiaérienne ukrainienne connue et bien armée).

Les pertes sont encore plus impressionnantes à terre ; depuis le 24 février, les Russes ont perdu plus de 1.200 chars de combat, soit un peu plus de 40 % de sa masse de chars (plus d'infos dans cet article).


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