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Industrie
Airbus : un premier trimestre en trompe l'oeil
Airbus : un premier trimestre en trompe l'oeil
© Airbus

| Yann Cochennec

Airbus : un premier trimestre en trompe l'oeil

Les résultats financiers d'Airbus au premier trimestre 2020 ne reflètent pas encore l'impact de la crise créée par la pandémie de coronavirus. Le second trimestre s'annonce plus difficile pour les avions commerciaux.

Le chiffre d'affaires recule de 15 %

A première lecture, les résultats financiers d'Airbus sur le premier trimestre 2020 ne reflètent pas l'ampleur de la crise créée par la pandémie de coronavirus ou covid-19. Le groupe européen a certes vu son chiffre d'affaires fondre de 15 % à 10,6 Md€ par rapport au premier trimestre 2019 mais sans s'écrouler, tranchant un peu avec le ton dramatique de la lettre du président d'Airbus, Guillaume Faury, envoyée aux 135 000 salariés du groupe quelques jours auparavant. Dans ce courrier, il soulignait que l'entreprise perdait "de l'argent à une vitesse inédite". "La survie d'Airbus est en jeu si nous n'agissons pas maintenant", ajoutait Guillaume Faury. "Il est vrai que nous avons commencé l'année 2020 avec une bonne dynamique mais les premières conséquences de la crise ont commencé à se faire sentir au mois de février", a-t-il rappelé lors de la présentation des résultats du groupe, ce mercredi 29 avril.

Du mieux à partir de cet été ?

Et depuis, la situation s'est considérablement dégradée pour le secteur du transport aérien avec suspension des vols, immobilisation des flottes et désormais plans de soutien gouvernementaux partout dans le monde. Les conséquences sur l'activité avions commerciaux seront donc beaucoup plus visibles sur le second trimestre 2020 (avril à juin). Airbus a livré 122 avions sur le premier trimestre 2020, soit 40 de moins par rapport à la même période de 2019. La tendance pourrait s'accélérer au second trimestre. "Nous recevons de multiples demandes de reports de livraisons et nous étudions chaque demande au cas par cas, avion par avion, client par client", précise Guillaume Faury qui poursuit : "tout dépendra de la durée de la crise et il est possible que nous retrouverons un meilleur rythme cet été".

663 M€ pour la R&D

En attendant une meilleure visibilité, il s'agit donc d'être proactif. D'où la lettre envoyée aux salariés et la décision de geler ou d'arrêter certains projets comme l'E-Fan X, par exemple. "Pour des raisons de préservation de liquidités, nous avons mis des projets en hibernation. Concernant, l'E-Fan X, nous avons réalisé la majorité des étapes que nous visions avant de faire voler ce démonstrateur et les essais en vol sont l'étape la plus coûteuse", explique le président d'Airbus qui souligne néanmoins que la problématique d'un ciel "décarboné" reste et restera toujours d'actualité pour le constructeur européen. D'ailleurs, la R&D autofinancée en toujours en progression pour s'élever à 663 M€ contre 654 M€ au premier trimestre 2019.

Touché dans son activité avions commerciaux pour cause de crise, Airbus a néanmoins vu son chiffre d'affaires Défense et Espace se stabiliser tandis que celui d'Airbus Helicopters a progressé de 19 % avec 47 appareils livrés, seulement un de plus par rapport au premier trimestre 2019, mais des recettes dynamisées par un "mix favorable (plus de gros hélicoptères livrés/ndlr) et la progression de l'activité services". Au final, le résultat d'exploitation consolidé reste positif même s'il est divisé par deux (79 M€ contre 181 M€) en raison de la baisse logique sur l'activité avions commerciaux (191 M€ contre 463 M€) tandis que l'activité Systèmes spatiaux continue de souffrir d'un manque de contrats, se traduisant pour Airbus Defence and Space par un résultat d'exploitation passant de 101 M€ à 15 M€ en 2020. Airbus Helicopters affiche par contre une flamboyante santé tant en termes de recettes que de résultats financiers puisque le résultat d'exploitation passe de 15 à 53 M€.

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