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Aviation Civile
Air France, le scénario catastrophe
Air France, le scénario catastrophe
© Cosmao - Air & Cosmos

| Léo Barnier

Air France, le scénario catastrophe

« On avait tout pour réussir, déclarait amer Ronald Noirot, secrétaire général CFE-CGC Air France, il y a deux jours. Il y a eu des problèmes de responsabilité avec la direction générale comme avec le SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne, ndlr.) » Depuis mercredi 30 septembre et l'échec des négociations « de la dernière chance » entre les deux parties susnommées, cette amertume a encore dû grandir.

Si la direction respecte ce qu'elle a annoncé début septembre, l'échec des discussions avec les pilotes doit entraîner la mise en place du « plan B ». C'est à dire un plan d'attrition de l'activité qui sonne le glas de la croissance chez Air France pour plusieurs années. Frédéric Gagey, président-directeur général de la compagnie, doit ainsi présenter les options retenues au conseil d'administration d'Air France-KLM ce jeudi 1er octobre, puis à celui d'Air France le lendemain. Les salariés seront ensuite informés lundi 5 octobre, au cours d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire.

Si les mesures d'attrition sont mises en place dans leur totalité, elles devraient profondément modifier le visage de la compagnie nationale. Dans l'objectif de diminuer ses coûts de 600 M€, Air France pourrait supprimer jusqu'à 10 % de son activité long-courrier, jusque là plutôt préservé. Les Boeing 747 et les Airbus A340 sortiraient de flotte au plus tôt. Et la livraison des premiers Boeing 787 serait repoussée au moins jusqu'en 2017.

Ces décisions auraient de lourdes répercussions sur l'emploi. Selon les estimations des différents syndicats, entre 4 000 et 8 000 postes pourraient être supprimés. Cela donnerait lieu pour la première fois à des licenciements secs, notamment chez les personnels navigants techniques et commerciaux, ainsi que sur les escales les plus déficitaires comme la Corse ou Marseille. Ils seraient probablement complétés par un nouveau plan de départs volontaires, cette fois étendu à l'ensemble du groupe (hub de Roissy-CDG, maintenance...).

S'ils restent quelques optimistes pour croire à une prolongation des négociations ou à une voie alternative, la situation est bien mal embarquée. Mais quoiqu'il arrive, la fracture entre les pilotes et les autres catégories de personnels semble désormais quasi-impossible à réduire.

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