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Aviation Civile
Aigle Azur attire déjà les convoitises © Aigle Azur

| HEGUY Jean-Baptiste

Aigle Azur attire déjà les convoitises

La compagnie qui a été placée en redressement judiciaire le 2 septembre, dispose d’un total de 10 000 créneaux horaires à Orly qui devrait faire grimper les enchères chez les repreneurs.

Après une fin de semaine rocambolesque qui avait vu un des actionnaires d’Aigle Azur, Gérard Houa, s’auto-proclamer président de la compagnie à place de Frantz Yvelin, le calme est finalement revenu et la compagnie a été placée en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce d’Evry. Au total, c’est une perte cumulée de 40 millions d’euros qui plombe la compagnie. « Sur cette perte, les ouvertures inconsidérées des lignes européennes comme Milan, Berlin ou Kiev représentent environ 30 millions d’euros », explique Martin Surzur, président du bureau du SNPL d’Aigle Azur. 

La date limite de dépôt des offres de reprises pourrait se situer autour du 15 septembre. « C’est pour l’instant juste une estimation, nous n’avons pas encore eu de confirmation », précise Martin Surzur. 

Même si les offres ne sont pas encore officiellement déposées, l’importance du « trésor de guerre » de slots d’Aigle Azur a déjà fait réagir beaucoup de candidats potentiels. Et Air France, qui est effectivement en train de préparer une offre, pourrait voir d’un très mauvais œil de voir partir ces slots à la concurrence, ce qui pourrait entraver le développement de Transavia. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour préserver l’emploi des salariés de l’entreprise, c’est pourquoi nous soutenons le projet de Lionel Guérin, qui s’est engagé à reprendre la totalité de l’entreprise, la flotte, les salariés et tous les secteurs d’exploitation, notamment le long courrier, où nous pensons qu’il y a encore des relais de croissance », explique Martin Surzur. « Lionel Guérin a proposé de réserver une part de capital de l’entreprise aux salariés de l’ordre de 20 à 30%. Il serait peut-être possible d’envisager une offre combinée avec Air France, qui pourrait prendre une participation minoritaire dans Aigle Azur et ainsi sécuriser les slots, sans devoir reprendre forcément reprendre la totalité de la compagnie », poursuit le président du bureau du SNPL d’Aigle Azur. 

Car les concurrents d’Air France ne restent pas inactifs. « IAG est aussi sur les rangs. Ils avaient fait une première approche en proposant en juillet la reprise de 6 500 slots à Orly, via la création d’une filiale ad hoc, qui aurait été rachetée 27 millions d’euros, qui aurait permis le développement de leur filiale Vueling », précise Martin Surzur. « Le CE s’est fort heureusement opposé à ce montage ». Mais à présent, IAG pourrait donc refrapper à la porte. 

En revanche, contrairement à ce qui a été dit dans la presse, le syndicaliste n’a pas eu de confirmation d’une offre de reprise de Gerard Houa, toujours actionnaire d’Aigle Azur, via sa société Lu Azur à hauteur de 19%. Idem pour l’homme d’affaires américano-brésilien David Neeleman (32% du capital). « Je l’apprends, et je suis assez étonné parce qu’il semblait plutôt sur le départ ». 

Une chose est sûre, il ne faut plus perdre de temps car il y en a déjà eu beaucoup de perdu. « Les actionnaires n’ont pas du tout soutenu la compagnie dans son développement. La situation catastrophique de la compagnie ne nous a été présentée que très tardivement et je pense que le dépôt de bilan aurait dû être fait bien plus tôt. Nous n’avons pas d’information sur un départ très prochain de Frantz Yvelin, mais vue la gestion calamiteuse de la compagnie, l’ensemble des salariés souhaitent qu’il s’en aille effectivement ».  

Aigle Azur dépôt de bilan

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