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Une levée de fonds pour la constellation Kinéis
Une levée de fonds pour la constellation Kinéis
© Hemeria

| Pierre-François Mouriaux

Une levée de fonds pour la constellation Kinéis

Cet été, retrouvez notre sélection d’articles marquants parus dans nos colonnes au premier semestre 2020. Le 7 février, nous vous présentions la pépite toulousaine du New Space et son projet de constellation pour l’Internet des objets.

Investissement historique

Destinée à « l’IoT spatial » (l’Internet des Objets par satellite), la société Kineis a été créée en septembre 2018 à Ramonville-Sainte-Agne, au sud de Toulouse, par CLS (Collecte Localisation Satellites), avec le soutien du Cnes. CLS pour sa part avait été fondée en 1986 par le Cnes, l’Ifremer et le fonds d’investissement français Ardian (ex-AXA Private Equity), pour prendre en charge la gestion des balises Argos – cœur du système de collecte de données et de localisation éponyme, initié en 1978 par le Cnes, la Noaa (Agence américaine d'étude de l'atmosphère et de l'océan) et la Nasa, pour l’étude et à la protection de l’environnement. Devenue opérateur de plusieurs systèmes satellitaires (pour la localisation, la collecte de données, la sécurité maritime, l’imagerie radar et la géolocalisation), CLS compte aujourd’hui 720 salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel de 135 M€. En juin 2019, la société a transféré le suivi des balises Argos, pour le compte du Cnes, à sa filiale (dans laquelle elle avait apporté un investissement de départ de 25 M€), en attendant que celle-ci développe son projet de constellation de nanosatellites dédiée aux objets connectés, en partenariat avec des industriels stratégiques : Nexeya, Syrlinks et Thales Alenia Space. Ainsi, durant sa première année d’existence, la jeune pousse a réalisé un chiffre d’affaires de près de 5 M€ et employé pas moins de 25 personnes ; elle a décroché des contrats stratégiques auprès de l'opérateur IoT Objenious (filiale de Bouygues Telecom) et l’alliance Wize (GRDF, Suez et Sagecom). Et, le 3 févier, elle a annoncé la plus importante levée de fonds de l’histoire du New Space français : 100 M€. Les investisseurs de ce nouveau tour de table sont CLS, le Cnes, Bpifrance (via le fonds Sociétés de Projets Industriels, financé par le Programme d’investissements d’avenir et la Banque Européenne d’Investissement), l’Ifremer, Thales, Hemeria (ex-Nexeya Space), Celad (SSII spécialisée dans les systèmes d’information, les systèmes industriels et embarqués), BNP Paribas Développement, Etics Group, et d’autres partenaires industriels et financiers. CLS, détient désormais 32 % du capital de la société, devant le Cnes (26 %), BpiFrance (20 %) et les autres investisseurs, dont les parts varient entre 1 et 5 %.

 

Horizon 2022

Première constellation de nanosatellites dédiée à l’IoT intégralement financée, Kinéis se retrouve ainsi en position de lancer la production de sa flotte et d’envisager le début de son déploiement dès l’été 2022, comme l’explique Alexandre Tisserant, qui vient de passer de directeur général à président de la société : « Les fonds désormais rassemblés vont financer la construction de la constellation de 25 nanosatellites, des 20 stations au sol, de l’infrastructure informatique de pilotage de la constellation, de traitement et de distribution des données, le développement de nouveaux produits, le lancement des satellites, mais aussi l’expansion de Kinéis à l’international ».

Les satellites, d’une masse unitaire de 25 kg au décollage, seront placés par grappes de cinq sur orbite polaire héliosynchrone, selon cinq plans orbitaux différents, à une altitude de 650 km. Ils s’appuieront sur l’héritage du nanosatellite Angels, le prototype lancé le 18 décembre dernier à l’occasion de la mission Soyouz VS 23, et équipé d’une charge utile Argos-Neo de localisation et de collecte de données (cf. A&C n°2670). Hemeria sera responsable des plateformes et de leur intégration, Syrlinks aura la responsabilité des stations au sol et du centre de contrôle de mission, et Thales Alenia Space s’occupera notamment de l'architecture du système et du développement des charges utiles. On attend désormais le choix du lanceur.

« Avec Kinéis, le NewSpace français devient une réalité, se réjouit Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes. Avec Angels, première étape de cette aventure, le Cnes a prouvé qu’il est possible de développer, de fabriquer et de lancer des satellites en deux ans et demi, alors qu’auparavant il en fallait entre cinq et onze. »

 

CLS change de pavillon

Par ailleurs, la société CLS est passée le 30 janvier sous le giron de la CNP (Compagnie Nationale à Portefeuille), société d’investissement du groupe belge Frère-Bourgeois, qui détient désormais 66 % du capital de l’ancienne filiale, après la cession par l’Ifremer et d’Ardian de leur participation minoritaire. La part du Cnes, elle, reste inchangée, à 34 %. Le produit de la transaction est estimé à 400 M€, dont un quart a été réinvesti dans Kinéis.

 

Article à (re)découvrir en téléchargeant le fichier ci-dessous.

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patrico delmondo | 17/08/2020 08:59

Déjà au mois de février j applaudissait aux encouragements de Kinéis ! Dans les pages d Air&Cosmos. Le new space Français commence à ce mettre en place et a des projets pleins la tête et les ordis ! Tant mieux , continuez encore plus , soyez créatifs , et xtrême novateurs ! le Space est la autour et au dessus de Toulouse le sky vous attend ! Il vous faut des lanceurs "ligth and speed" disponibles rapidement ! Bravo.

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