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Défense
Un Apache au pied marin
Un Apache au pied marin
© Boeing

| ehuberdeau

Un Apache au pied marin

L'hélicoptère Apache n'est pas un habitué des ponts d'envol des navires. L'US Army a parfois déployé l'AH-64 à titre exceptionnel sur des bâtiments de l'US Navy. Mais pour les opérations amphibies ou aéronavales, les forces américaines privilégient le Cobra du corps des Marines.

La Grande Bretagne, elle emploie ses Apache depuis les bâtiments de la Royal Navy. C'est à partir du porte hélicoptère "HMS Ocean" que les Apache de la Royal Army ont conduit leurs raids en Libye en 2011. Mais c'est le seul exemple d'embarquement durable de l'Apache (Les Pays Bas ont également expérimenté l'embarquement de l'Apache sur leurs navires amphibies).

Si l'Apache est aussi peu employé par les américains depuis des plateformes navales, c'est que l'appareil n'a pas été initialement conçu pour ça. Le milieu marin est exigeant pour les machines et souvent facteur de corrosion. L'Apache est particulièrement fragile face aux conditions particulières liées au milieu maritime. Les senseurs de l'Apache n'ont pas non plus été conçus pour le milieu maritime.

Pour corriger cette faiblesse, Boeing va lancer un programme d'adaptation des AH-64E Apache. L'appareil devrait être capable d'embarquer de façon permanente sur les bâtiments de l'US Navy et sera doté de capacités anti navires.
Les travaux d'adaptation concerneront le radar de l'appareil qui sera doté de capacités d'intervention en milieu maritime. Le radar devra être capable de détecter des pistes de petite taille.  L'Apache sera également doté de la Liaison 16 afin de pouvoir échanger des données avec les navires et les aéronefs de l'US Navy. Aucune information n'a été donnée concernant une éventuelle adaptation de la cellule des appareils. Les premiers essais de la nouvelle version navale de l'AH-64E devraient débuter en 2017.

L'adaptation de l'Apache correspond à un besoin croissant de capacités pour lutter contre les embarcations de faible dimension. Depuis plusieurs années, l'US Navy développe des systèmes capables de contrer des embarcations rapides pouvant attaquer "en meute" ses bâtiments. L'Iran développe ce type de tactique. Les bâtiments occidentaux traversant le détroit d'Ormuz sont d'ailleurs régulièrement confrontés aux provocations des embarcations légères des "gardiens de la Révolution".
Petites, ces embarcations sont difficiles à détecter et l'armement lourd des bâtiments de l'US Navy (Missile anti navires, canons de 127 mm …) est mal adapté à ce type de menaces. L'armement plus léger (Phalanx, canon de 25 mm, mitrailleuses) peut être saturé par le nombre d'embarcations.

Avec son canon de 30 mm (peu précis mais efficace en tir de saturation), ses roquettes et ses missiles Hellfire, l'Apache pourrait être bien adapté pour contrer cette menace.

L'adaptation de l'Apache témoigne également de la nouvelle stratégie américaine orientée sur la zone Asie Pacifique et ses archipels. Les théâtres d'opérations envisagés pour l'avenir devraient donc être plus "humides".

Enfin les AH-1Z Cobra actuellement embarqués sur les bâtiments amphibies de l'US Navy pourraient être retirés du service dans les années 2020 alors que la carrière de l'Apache devrait se poursuivre jusqu'en 2050. L'indien pourra donc prendre le relai du vénérable Cobra.

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