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Industrie

Thales lance une usine de fabrication additive

MAROC

THALES INSTALLE UNE USINE DE FABRICATION ADDITIVE MÉTAL À CASABLANCA. CE CENTRE MAROCAIN TRAVAILLERA POUR LES DIFFÉRENTES DIVISIONS DU GROUPE DANS LE MONDE. IL SERA ÉQUIPÉ AVEC DIX MACHINES SLM FOURNIES PAR PHENIX SYSTEMS.A l'occasion du cinquième Marrakech Air Show, Christophe Farnaud,viceprésident DETHALEs pour l'Afrique, a ratifié avec les autorités marocaines une convention officialisant la construction d'un centre de fabrication additif métal au Maroc.

Permis de construire en poche, la firme française va édifier à Casablanca une nouvelle usine de 1300 m² dont 1000 m² d'ateliers seront dédiés à la fabrication additive métallique.

Cette petite usine sera installée au coeur du pôle aéronautique dans la zone franche du Midparc, proche de l'aéroport.Le montant de l'investissement n'est pas dévoilé, mais se chiffre probablement à plusieurs dizaines de millions d'euros, y compris la formation des opérateurs à Bruxelles (Belgique) chez 3DS,leader de l'impression 3D des polymères et plus récemment des métaux.

USINE OPÉRATIONNELLE FIN 2017.Prévue pour être opérationnelle fin 2017, l'usine emploiera, a terme,une vingtaine de personnes et fournira les différentes divisions du groupe, notamment Thales Alenia Space, filiale satellite qui utilise déjà la technologie SLM. « Casablanca deviendra notre centre mondial de fabrication mécanique 3D pour tout le groupe. Les nouvelles pièces produites en additif métal le seront au Maroc et leurs finitions pourront être assurées sur place »,explique Jean-Claude Derbes,directeur industriel Thales 3D Maroc, qui pilotera la nouvelle entité.

Les machines utilisées seront des Phenix PROX 300, capables de travailler dans un volume de 250 mm au cube.

« Dans un premier temps,deux unités seront en batterie et, en fonction des besoins, l'atelier pourra accueillir huit autres machines du même type dans les cinq années à venir », explique Jean-Claude Derbes. Compacte (5 m par 4,5 m et 3 m de haut), pour une masse d'environ cinq tonnes, la PROX 300 de Phenix Systems est un centre de fabrication rapide par frittage laser de poudres métalliques sous atmosphère de gaz inerte animée par une source laser infrarouge court, d'une puissance de 500 W. Sa cuve de confection, dont la température peut être maintenue jusqu'à 100 °C,autorise une fabrication additive dans un volume de 250 par 250 mm pour une hauteur utile de pièce de 300 mm (axe z).

« C'est sa justesse qui a orienté notre choix car, en fonction des poudres utilisées,elle affiche une précision de 50 micromètres sur les trois axes avec une"répétabilité" de plus ou moins un centième », précise Jean-Claude Derbes.

Cette machine se distingue aussi par une hauteur de plan de travail de 1220 mm qui permet les interventions sur le plateau de fabrication sans ouverture directe de l'enceinte thermique,au travers d'une boîte à gants, via un sas de transfert.

RECYCLAGE AUTOMATISÉ DES POUDRES. Chaque unité comprend un système d'approvisionnement avec recyclage automatisé des poudres, le tout étant alimenté à partir d'un module contenant 50 dm3 ou 500 kg de matière première. Dans tous les cas, l'opérateur n'est jamais en contact direct avec les poudres métalliques durant les opérations de chargement et déchargement. Pour mémoire, créé en 2000, Phenix Systems est une entreprise française installée à Riom près de Clermont-Ferrand (63). Spécialisé dans la technologie SLM,ce fleuron technologique tricolore a été racheté en 2013 par l'américain 3D Systems, leader mondial du prototypage rapide.

« Ainsi équipée, notre nouvelle usine permettra de réaliser des pièces pour l'aéronautique et le spatial en titane aluminium,aciers spéciaux et autres alliages concernant exclusivement des composants à forte valeur ajoutée. Elle bénéficiera de l'écosystème aéronautique local pour tout ce qui est posttraitement, usinages de parachèvement, traitements thermiques ou de surface »,poursuit Jean-Claude Derbes « Pour le moment, seule la fabrication SLM est retenue avec une mise en oeuvre possible pour tous les métaux, mais d'autres procédés comme le CLAD (Construction laser additive directe) ne sont pas exclus.Vu la croissance des fabrications additives dans notre secteur, une réserve foncière est même prévue pour éventuellement doubler la surface de l'usine », conclut-il.

¦ A Marrakech, Jean Guilhem

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