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Défense
Thales : des résultats en hausse tirés par Gemalto © Thales

| BOQUET Justine

Thales : des résultats en hausse tirés par Gemalto

Thales a présenté ses résultats annuels pour l'année 2019, avec un chiffre d'affaires en hausse de 18,4 Md€. Une performance largement portée par l'intégration de Gemalto dans le groupe.

Le 26 février, Patrice Caine a présenté les résultats de Thales pour l'année 2019. Une année qui se caractérise par un bon niveau de prises de commandes, concentrées en particulier sur le 4ème trimestre. Thales en ressort ainsi avec un chiffre d'affaires à 18,4 Md€, « en ligne avec l'objectif réajusté en octobre dernier », détaille Patrice Caine, PDG de Thales. Soit une croissance de 16,1% par rapport à 2018, largement portée par l'intégration de Gemalto au sein des activités du groupe. La croissance organique est ainsi estimée à 0,8%. Par ailleurs, Thales enregistre 19M de prises de commandes, en hausse de 18% (4% en organique). « 21 grands contrats ont été signé en 2019, dont 12 au 4ème trimestre », précise Pascal Bouchiat, directeur financier de Thales. L'ensemble de ces éléments permet ainsi à Thales de dégager une marge brute de 5,051 Md€ en 2019, contre 4,088 Md€ en 2018.

 

Défense.

Sur l'activité défense et sécurité, Thales enregistre un chiffre d'affaires de 8, 265 Md€, en hausse de 5,6% par rapport à 2018. La défense représente ainsi environ 40% des résultats du groupe. « 2019 a été une bonne année pour la défense », décrit ainsi Patrice Caine. Et ce avant d'ajouter : « La France a été active, soutenue par la loi de programmation militaire ». C'est ainsi que Thales s'est notamment vu notifier le contrat Archange, en collaboration avec Dassault. Thales a également remporté plusieurs marchés au Royaume-Uni, avec les frégates T31, le Watchkeeper et les sous marins. Sur l'export, Thales a décroché un contrat en Inde pour la fourniture de roquettes, et en Egypte pour des frégates.

 

2020.

« Le pipe est solide, en particulier dans la défense. Nous disposons d'un bon niveau de confiance », exprime Patrice Caine. En 2020, Thales entend par ailleurs capitaliser sur le spatial afin de retrouver un bon niveau de croissance. Il faut dire que sur la première partie de l'année 2019, les succès, dans ce domaine, n'avaient pas été au rendez-vous pour l'industriel. « Nous disposons d'une position de leader sur les satellites VHTS », met en avant Thales, qui compte s'appuyer sur la nouvelle gamme Space Inspire, des satellites reconfigurables depuis le sol, afin de séduire de nouveaux clients.

Concernant le contexte international, Thales est revenu sur les grands enjeux de l'année. Sur le plan du Brexit, l'industriel n'anticipe pas d'impact majeur pour son activité, dans la mesure où les filiales britanniques commercent principalement avec des acteurs situés hors d'Europe, aussi bien en matière de supply chain que d'export. Thales garde cependant à l'oeil l'évolution de la santé économique du Royaume-Uni, dans un contexte où certains marchés dépendent du secteur public, tels que les contrats de défense.

Sur le volet spatial, le vieux serpent de mer selon lequel il pourrait être pertinent de rapprocher les activités d'Airbus et de Thales a refait surface, à l'aune des résultats des industriels français dans ce domaine. Une idée repoussée par Thales, qui ne voit pas l'intérêt d'un rapprochement sur le spatial. Par ailleurs, Thales a souligné le fait que quand bien même une telle idée pourrait paraître pertinente aux yeux de certains, sa mise en place s'avèrerait beaucoup plus complexe, à la fois sur un plan politique et concurrentiel, la fusion de deux acteurs dominants pouvant être dénoncée. « Il n'y a pas de grands mouvements stratégiques de prévus », a souligné Patrice Caine, amusé par l'idée.

Dans le domaine de la Défense, l'année 2020 débute bien pour Thales avec la notification du contrat de démonstrateur pour le combat cloud du SCAF (système de combat aérien du futur). « C'est une formidable nouvelle pour l'Europe, nous allons y participer avec enthousiasme et volontarisme », a déclaré Patrice Caine. Thales attend par ailleurs la notification du contrat pour les capteurs qui seront embarqués sur le système, pour lequel l'industriel a bon espoir d'être sélectionné.


Coronavirus.

Enfin, alors que la question du coronavirus est sur toutes les lèvres, Thales a indiqué que les impacts pour le moment étaient extrêmement limités, mais que la situation devait nécessairement être surveillée, notamment sur le plan de la supply chain. « Il existe un enjeu pour les composants venants de Chine. Par ailleurs, l'arrêt total ou partiel de l'activité de fournisseurs pourrait être inquiétant », a ajouté Patrice Caine. « A date, l'impact est limité mais cela évolue jour par jour, il faut donc suivre cette évolution » avec attention, a-t-il complété.

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Alain Chartier | 03/03/2020 13:47

article A&C Defense du 27/02

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