0
Défense
Relèves en Opex, mutations : le casse-tête commence
Relèves en Opex, mutations : le casse-tête commence
© Jean-Marc Tanguy

| Jean-Marc Tanguy

Relèves en Opex, mutations : le casse-tête commence

Les opérations extérieures et les forces prépositionnées et outremer sont rythmées par les relèves et le plan annuel de mutation. Les contraintes sanitaires créées par la pandémie de coronavirus viennent compliquer les process.

Forces armées : la contrainte des quatorzaines

Les opérations extérieures et les forces prépositionnées et outremer sont rythmées par les relèves (en général tous les quatre mois, sauf pour les personnels navigants, à deux mois/ndlr) et le plan annuel de mutation (PAM). En cette fin du mois de mai 2020, les unes et les autres sont dans les starting blocks avec plusieurs casse-têtes à résoudre en matière d'avions disponibles et de quatorzaines préalables pour ceux qui quittent la métropole et de quatorzaines finales (avec tests) pour ceux qui rentrent en France. Ce qui vaut pour les militaires, mais aussi leurs familles quand elles les ont accompagnés dans leur affectation. Pour ce qui relève du PAM, le commandement cherche manifestement à tenir l'objectif à défaut du calendrier, même si pour simplifier les choses, seul le militaire pourrait partir pour son poste outremer ou à l'étranger (au moins dans un premier temps). La logistique aérienne et de confinement sur le lieu d'affectation serait ainsi allégée.
 

Barkhane : besoin d'avions pour la relève

Pour les opérations extérieures, un volume considérable d'avions va être nécessaire pour extraire les Barkhaniens lors de la grosse relève de l'été. C'est la 11e brigade parachutiste qui va prendre la suite de la 6e brigade légère blindée. L'idée de manœuvre imaginée par l’état-major des armées consiste à aller collecter les personnels quittant Barkhane au plus près de leur position de déploiement, et à les rapatrier directement en France, afin de limiter les transits, et donc, le risque de diffusion du covid-19 à certains territoires. Normalement, Niamey et N’Djamena sont ces « hubs » pour l’arrivée de France, et le retour. Mais Gao va y être ajouté : l’Airbus A400M peut y atterrir sans difficulté, comme sur d’autres points du Sahel, puis revenir en France directement.
Comme en France, les tests manquent en Opex, il est donc impossible de tester tout le personnel : ce qui n'intervient au final qu'arrivé en France.
Vu la nature d'une partie des destinations, en zone de guerre, il n’est pas possible de compter sur Air France.
 

Pas assez d'Airbus A400M

On l’a vu, un modèle d'avion est parfaitement adapté aux relèves, dans le contexte actuel : l'Airbus A400M Atlas. Seulement, s'il se pose quasiment partout où se trouvent des personnels à relever, par contre, ils sont en nombre limité (17 livrés, un gros tiers disponible). D'où le prêt de l'Atlas à la Polynésie que pour un mois seulement : il aura du travail en rentrant en France. L'Atlas est aussi allé ces derniers jours aux Antilles, en Guyane...
Avec une capacité d'extraction réduite du fait des mesures de distanciation, mais aussi des hygiènes à bord de l'A400M, il faudra un très grand nombre de rotations, et il pourrait être nécessaire de faire appel aux flottes alliées, via l'EATC. Les quatre avions blancs de l'Esterel (avec les mêmes réserves de distanciation sociale, plus d'autres) vont aussi être mobilisés, tout comme, potentiellement, un des deux Phénix du Bretagne. Un appareil devant rester mobilisable pour les STRATEVAC (évacuations stratégique de patients).

Répondre à () :


Captcha

| | Connexion | Inscription