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Défense
Premiers tirs d'expérimentation pour les drones français © Armée de l'air

| BOQUET Justine

Premiers tirs d'expérimentation pour les drones français

Les drones Reaper français stationnés à Niamey ont conduit leurs premiers tirs d'expérimentation.

Chose promise, chose due. Alors que la Ministre des Armées avait annoncé en septembre 2017 que les drones français Reaper seraient armés, on apprend ce jeudi 19 décembre que ces aéronefs « ont réalisé avec succès les tirs d'expérimentation », rapporte le MinArm. Des tirs conduits depuis la BAP de Niamey et mis en œuvre dans le cadre de l'opération Barkhane. « Je tiens à saluer et féliciter tous les personnels du ministère des Armées qui se sont pleinement impliqués dans la mise en place de cette nouvelle capacité, deux ans après la décision que j'avais annoncée d'armer nos drones de surveillance, dans le cadre des orientations fixées par le Président de la République », a déclaré Florence Parly, ministre des Armées, à cette occasion.

L'armement des drones Reaper français vient dès lors conférer aux forces armées une nouvelle capacité. Si la mission principale de ces aéronefs reste l'observation et le renseignement, l'emport de bombes GBU-12 permet d'apporter un soutien aux forces non négligeable. « Les drones armés amélioreront considérablement la sécurité de nos militaires sur place et renforceront nos moyens face à un ennemi toujours plus fugace », détaille le Ministère des Armées. Les Reaper armés, qui seront employés sur le théâtre sahélien, pourront ainsi conduire des frappes d'opportunité et agir rapidement, lorsque la situation le nécessite. « La pression sur les groupes terroristes armés n'en sera que plus grande », précise le MinArm.

Les caractéristiques techniques du Reaper en font un véritable allié des forces armées, notamment de par son endurance mais également sa discrétion, permettant ainsi de surprendre l'ennemi. « Les règles d'engagement des drones armés sont exactement les mêmes que celles des avions de chasse avec lesquels ils sont complémentaires. Ces drones continueront à être opérés depuis le théâtre de l'opération concernée, dans le strict respect du droit des conflits armés », tient cependant à rappeler le Ministère alors que les SALA (système d'armes létales autonome) continuent de faire débat. La France a établi un cadre d'emploi où l'homme reste au centre de l'action. C'est notamment dans ce sens que l'équipage du drone, composé de quatre personnes (pilote, opérateur capteur, opérateur image, coordinateur tactique), se trouve directement sur le théâtre d'opération. Le Ministère des Armées met ainsi l'accent sur cette place de l'homme dans le dispositif : « Au-delà du fait que les opérateurs seront toujours impliqués (choix de la cible ; moment et façon de délivrer l'armement ; guidage de l'arme), ils sont ainsi imbriqués – dès la préparation de la mission jusqu'au débriefing – avec les forces avec lesquelles ils agissent lors de la mission ».

Les drones, désormais armés, employés au Sahel correspondent à des Block 1. Ils peuvent ainsi emporter jusqu'à quatre bombes guidées laser GBU-12. Les systèmes Block 5 qui seront livrés l'année prochaine (rappelons que deux systèmes sont attendus) pourront quant eux mettre en œuvre, en plus des GBU-12, des missiles air-sol Hellfire et des GBU-49.

Reaper MQ-9 Reaper Armée de l'Air Barkhane General Atomics

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