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Défense
Opération Barkhane : "un ennemi aux abois"
Opération Barkhane : "un ennemi aux abois"
© Jean-Marc Tanguy

| Jean-Marc Tanguy

Opération Barkhane : "un ennemi aux abois"

Le commandant de la force Barkhane a transmis ce mardi matin un bilan de la force qu'il va quitter dans quelques semaines sans détailler l'attrition réalisée sur les groupes armés terroristes.

Action combinée Reaper, Mirage 2000D,....

Le commandant de la force (comanfor) Barkhane a transmis ce matin, mardi 5 mai, un bilan de la force qu’il va quitter dans quelques semaines. Assez étonnamment, il n’a pas détaillé l’attrition réalisée sur les groupes armés terroristes, le principal point d’intérêt d’un bilan. Le Président de la République a donné six mois à l’Etat-Major des armées pour obtenir des résultats significatifs à Barkhane. Cette attrition est « substantielle » selon le comanfor et « l’ennemi est aux abois ». Dans les faits, suite aux décisions prises par le Président de la République dès la fin 2019, cette attrition s’est nettement accentuée, sous l’action combinée des Reaper armés de l’escadron de drones 1/33 Belfort, des Dassault Mirage 2000D de la 3e escadre de chasse, de la Légion étrangère (qui a perdu deux des siens en une semaine dans les opérations) et évidemment, des forces spéciales, regroupées dans la task force Sabre.

Le rôle de la troisième dimension

La troisième dimension, de Barkhane ou de Sabre, est responsable de la quasi-totalité de l’attrition des forces adverses, un point que le comanfor n’a pas vraiment détaillé. Les Reaper, les Mirage 2000D et l'hélicoptère de combat Tigre sont les principaux acteurs de l’attrition. Selon nos informations, Reaper et chasseurs ont tiré plus d’une quarantaine de bombes en quatre mois, un bilan exceptionnel. Reaper et Mirage 2000D se partagent à peu près équitablement les cibles et la consommation de bombes, ce qui montre à quel point le drone armé est entré dans le paysage sahélien. Le comanfor a confirmé que la task force Takuba, une unité de forces spéciales européennes promise à  Barkhane pour encadrer au combat les forces armées maliennes, commencera à se déployer dès cet été pour les premiers, Estoniens et Tchèques. Les Belges et Suédois ont aussi confirmé leur volonté de rejoindre.
 

Les Etats-Unis toujours indécis

Selon le comanfor Barkhane, l’arrivée de Britanniques au sein de la MINUSMA (mission de l’ONU au Mali) ne génèrera « pas de perte de potentiel » d’heures de vol sur le service rendu par le détachement de la Royal Air Force intégré à Barkhane avec trois Chinook. Pour les Américains la décision finale de rester ou partir « n’est pas définitivement prise ». Le comanfor a aussi reconnu l’existence d’exactions par les forces armées locales, un point révélé par l’ONU et qui fait l’objet d’enquêtes. Il les a condamnées tout en expliquant que Barkhane n’en avait pas été témoin. Avec un risque que l’aide internationale, notamment européenne, ne s’effrite avec de telles situations. C’est un point de fragilisation manifeste de la TF Takuba dont les Etats membres ne badinent pas avec de telles situations. Le comanfor a aussi estimé que le covid-19 n’a « jamais eu d’impact sur les opérations » de Barkhane, même s’il y a eu « un certain nombre, très peu de cas ». Les sites concernés sont dans quatre des cinq pays couverts par Barkhane.

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