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Aviation Civile

« Ne pas baisser la garde »

FILIÈRE AÉROSPATIALE PRÉSENTANT LES TOUJOURS EXCELLENTS RÉSULTATS DES ENTREPRISES MEMBRES DU GIFAS, SON PRÉSIDENT, MARWAN LAHOUD, RAPPELLE NÉANMOINS QUE LA FILIÈRE AÉROSPATIALE FRANÇAISE SE DOIT DE GARDER UN COUP D'AVANCE EN INNOVANT NON SEULEMENT E

Confortée par une nouvelle année 2015 exceptionnelle en termes de chiffre d'affaires et de prises de commandes,la filière aérospatiale française ne doit pas pour autant « baisser la garde »,souligne Marwan Lahoud, président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).Et d'insister :« Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. » Même dans la perspective d'une année 2016 qui s'annonce aussi bonne que les précédentes en termes de « contrats à l'export ». « Il faut que la filière accentue son internationalisation. Notre noyau dur est français, européen, mais il faut accroître notre empreinte mondiale »,souligne Marwan Lahoud,qui poursuit :« En nous développant loin de nos bases, nous renforçons nos bases. Cela peut paraître un paradoxe mais c'est la réalité. » Et cette internationalisation accrue passe non seulement par une innovation technologique permanente, mais également par une « adaptation des processus et des organisations de production ». « Le secteur aérospatial français investit chaque année plus de 1 Md€ dans son outil de production.Peu d'industries en font autant »,indique le président du Gifas, qui rappelle le recours croissant à des plateformes numériques de partage de données,l'introduction continue de nouvelles techniques comme la robotique et l'impression 3D. Ce que les experts appellent « l'usine du futur » et qui concerne aussi les PME/TPE.

PERFORMANCE. Avant que cette « usine du futur » se mette définitivement en place,il s'agit d'améliorer la performance opérationnelle de tous les acteurs de la chaîne. D'où la mise en place du programme « Performances industrielles », dont ont profité plus de 400 entreprises dans quinze régions depuis son lancement. « Ce travail collaboratif entre donneurs d'ordre et PME a permis de diviser par deux les éléments de non-qualité sur tous les indicateurs », souligne Marwan Lahoud.

« C'est important car la nonqualité signifie retard et donc embouteillage, avec, pour conséquence, pas de montée en cadence », poursuit-il. Or, les succès commerciaux engrangés les années passées se traduisent par « des montées en cadence inédites » dans le civil, mais aussi dans le militaire.A la montée en cadence à trois Dassault Rafale par mois à compter de 2018, répond celle des appareils de la famille Airbus.

« Nous allons passer de 50 A320 par mois en 2017 à 60 en 2019 ; concernant les A330, de 6 exemplaires à 7 par mois en 2017, tandis que les A350 seront à 10 par mois à la fin de 2018 », rappelle le président du Gifas.D'où l'importance d'une chaîne de fournisseurs capable de fonctionner sans à-coups majeurs. Avec en parallèle le besoin de « trouver des ressources humaines qualifiées ».

Car, la filière continue de recruter à tour de bras.

Aux 11 000 recrutements réalisés en 2015, s'ajouteront 10 000 autres en 2016, dont 30 % de compagnons et d'opérateurs qualifiés.« La filière fait un effort particulier vers les Bac Pro pour satisfaire des postes parfois difficiles à pourvoir,notamment chez les PME », indique Marwan Lahoud. Le Gifas consacrera ainsi 2 M€ cette année à la formation.Un quart de cette somme portera sur le financement de projets à l'intention des techniciens et opérateurs portant sur les « métiers en tension ». Optimiste pour 2016 en termes de chiffre d'affaires et de prises de commandes,le président du Gifas se refuse néanmoins à les évaluer. L'année dernière, la filière aérospatiale française a vu son chiffre d'affaires progresser de 8,5 %, à 58,3 Md€, avec des prises de commandes qui se sont accrues à un rythme moins élevé (+ 2,3 %), pour dépasser les 78 Md€. « Ces performances permettent à la profession de dégager, une fois de plus, le premier solde excédentaire de la balance commerciale française en 2015 », se félicite Marwan Lahoud.

BAISSE DE RÉGIME. Des performances auxquelles participent toutes les entreprises de la chaîne de fournisseurs. Les équipementiers et PME ont ainsi vu leur chiffre d'affaires augmenter de 10 % l'année dernière, à 20,3 Md€, tandis que les prises de commandes ont, par contre, reculé de 15 %, tout en restant à un niveau très élevé de 15 Md€. Une baisse de régime que relativise Patrick Daher,président du groupe éponyme et viceprésident du groupe des équipements du Gifas.

« Nous partons d'un point très haut et le fléchissement s'explique par le fait qu'il a fallu reconstituer les stocks intermédiaires », précise-t-il. Pour les équipementiers et les PME, l'innovation est aussi à l'ordre du jour. Plus de 300 d'entre eux sont partie intégrante du Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac),dont les travaux portent sur l'amélioration de la consommation en carburant des moteurs et des avions par le biais, notamment, d'une réduction de la masse avion, d'une meilleure intégration moteurs/avion et d'une avionique modulaire performante.

« Le secteur aérospatial français investit chaque année plus de 1 Md€ dans son outil de production. Peu d'industries en font autant. »

Marwan Lahoud, président du Gifas et directeur délégué à la Stratégie et au Marketing d'Airbus Group.

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