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Défense
MQ-9B: la nouvelle génération d’aéronefs pilotés à distance (RPA)
MQ-9B: la nouvelle génération d’aéronefs pilotés à distance (RPA)
© GA-ASI

MQ-9B: la nouvelle génération d’aéronefs pilotés à distance (RPA)

MQ-9B – un drone européen. La famille des MQ-9B SkyGuardian évolue vers des applications multi-rôles, et se met en réseau avec d’autres systèmes aériens, maritimes et terrestres.

L’emploi traditionnel des MQ-9 limité aux opérations de contre insurrection et de contreterrorisme se devait d’évoluer vers des applications multi-rôles et multi-domaines dans des environnements moins permissifs mais également au profit de missions interministérielles. Cette réorientation est accompagnée d’une exigence accrue en matière de navigabilité afin de voler librement en espace aérien non ségrégué et de synergies avec d’autres plates-formes tactiques et opératives. Le développement de la famille des MQ-9B Skyguardian de General Atomics Aeronautical Systems, Inc. (GA-ASI) vise à répondre à ses enjeux.

Un peu d’histoire

L’origine des drones MALE MQ-9A de GA-ASI remonte aux années 1990, avec la version MQ-1 « Predator » dotée d’une capacité de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) essentiellement optique. Le MQ-1 « Predator » a été utilisé au-dessus de la Bosnie en 1995, puis en version armée au Moyen-Orient dès 2001. Le MQ-9 Reaper lui a succédé en 2007 au sein de l’USAF puis les MQ-1C « Gray Eagle » au sein de l’US Army en 2011. Aujourd’hui, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Espagne exploitent avec succès le système MQ-9A « Reaper »  pour un total de plus de 3,2 millions d’heures de vol. Les Pays-Bas ont également acquis le MQ-9A Reaper dont les livraisons devraient commencer prochainement. Le Bureau américain des douanes et de la protection des frontières, l’U.S. Customs and Border Protection, utilise également des MQ-9 pour les activités de surveillance terrestre et maritime depuis 2009. Au cours des deux dernières années, GA-ASI a réalisé des démonstrations de surveillance maritimes et interministérielles au Japon et en Europe. D’autres démonstrations sont prévues avec la nouvelle génération de MALE : le MQ-9B sera cette année au Japon et, au Canada et en Europe en 2021. Développés essentiellement pour des emplois en OPEX, les drones MALE en général ne répondaient pas aux exigences de navigabilité et ne pouvaient voler en espace aérien ségrégué que dans des conditions particulières et limitées. Le drone MQ-9B a été développé d’abord pour répondre à ce besoin et sera donc certifiable conformément aux exigences du STANAG 4609.

Le MQ-9 B Skyguardian

Bien que ressemblant extérieurement au MQ-9 A Reaper, le MQ-9B est un tout nouvel avion dont les essais en vol se poursuivent afin d’être en capacité de fournir les premiers systèmes au Royaume Uni. Il offre de nombreux avantages en comparaison de la génération précédente. Il dispose d’une très longue endurance (+ de 40 heures en fonction de la charge utile), il est certifiable pour voler dans l’espace aérien civil, offre un coût à l’heure de vol très compétitif, nécessite qu’une faible empreinte logistique, et peut voler dans un domaine de vol étendu (de 500 à 40 000 pieds). Ces caractéristiques capitalisent sur l’expérience acquise avec les précédentes versions des MQ-1 et MQ-9A. Il permet désormais un emploi étendu à des missions multi-domaines, notamment la surveillance maritime, la lutte anti-sous-marine (ASM) et un large éventail de mission de guerre électronique (GE), incluant des scénarios d’emploi dans des missions à forte menace. Fort de son architecture de système ouverte et des protocoles d’interopérabilité répondant aux exigences de l’OTAN, il permet d’offrir l’intégration d’une grande variété de capteurs d’origine nationale en fonction des besoins des clients, de préserver des emplois et d’assurer une pleine souveraineté opérationnelle dans le recueil des données. Cette personnalisation complète du système de missions a été proposée en Europe au travers de la configuration EUROGUARDIAN. Le Royaume-Uni, l’Australie et la Belgique ont décidé d’acquérir des MQ-9B et de nombreux autres pays en Europe et dans le reste du monde envisagent de s’en procurer.

Nouvelles capacités innovantes

Les développements les plus importants concernent les systèmes d’autoprotection, de lutte anti-sous-marine, la guerre électronique, et des solutions de mise en réseau avancées. Parallèlement, de nombreux dispositifs sont intégrés dans ce nouvel avion dont la plupart sont déjà opérationnels. Il s’agit d’un système de détection et d’évitement (DAAS, Detect and Avoid System) visant à faciliter les opérations en espace aérien non ségrégué, d’un dispositif portable de pré/post-vol (P3E, Portable Pre/Post-Flight Equipment) pour permettre des déploiements avec une très faible empreinte logistique, et une gamme d’applications d’automatisation et d’intelligence artificielle (IA) pour l’analyse, l’exploitation et la diffusion des données (PED, processing, exploitation and dissemination). Le MQ-9B dispose en outre d’une double liaison satellite (BLOS) qui représente une avancée considérable notamment en cas d’emploi dans des missions maritimes et de guerre électronique offensive ou lors de vols dans des environnements électromagnétiques contestés. La redondance du lien SATCOM principal fonctionnant dans deux bandes de fréquences assure la poursuite de la mission en maintenant en permanence les capacités de pilotage, même en cas d’interférence intentionnelle ou fortuite ou de problèmes techniques. Grâce à un design de l’aile innovant, le MQ-9B est également adapté pour opérer à partir d’un éventail de terrains d’aviation dans le monde, y compris des terrains mesurant moins de 1300 mètres en utilisant une capacité de décollage et d’atterrissage automatique (ATLC, Automatic Takeoff and Landing Capability). L’ATLC rend l’utilisation de n’importe quel terrain d’aviation compatible de l’emploi d’un MQ-9B en opération de routine, en déploiement ou en phase de déroutement pour des raisons techniques ou de météo.  Avec de telles capacités, le MQ-9B pourrait être employé de manière plus flexible et se repositionner plus rapidement entre les sites d’opérations offrant une réelle plus-value.

Un drone européen

GA-ASI s’emploie à tirer parti de l’excellence technologique européenne au travers d’un accroissement constant de la coopération industrielle. Déjà en 1999, un partenariat stratégique avait été passé avec SAGEM pour offrir à l’armée de l’air française, une francisation totale du système de mission MQ-1 Predator dans le cadre du programme HORUS. Cette politique volontariste d’intégration de sous-systèmes européens a été poursuivie avec d’autres industriels européens sur le MQ-9A Reaper incluant par exemple les radios, les écrans des cockpits ou encore la production du train d’atterrissage permettant de fournir du travail et de préserver des emplois en Europe. Le développement de la famille du MQ9B permet d’étendre encore plus la liste des fournisseurs européens qualifiés participant au programme. Ce partage du travail concerne à la fois la production de pièces de l’avion mais aussi l’intégration de capteurs ou encore d’armements (par exemple le Brimstone), et, comme pour la version Euroguardian, la possibilité d’intégrer en totale souveraineté ce qui se fait de meilleurs en matière de système de mission (datalink, radios, capteurs EO/IR et radar, armements, équipements de guerre électronique ou de SIGINT et de lutte anti-sous-marine incluant le lancement de bouées acoustiques, de chaine SAR ou de traitement et d’analyse du renseignement). Le MQ-9B permet donc une personnalisation complète du système de mission afin répondre au mieux au besoin des opérationnels et du maintien du savoir-faire de la R&D. Enfin, une structure basée en Europe appelée European Regional Sustainment Network (ERSN) permet de d’assurer la maintenance des sous-ensembles au travers l’emploi d’entreprises européennes.

Une capacité complémentaire indispensable aux avions pilotes à bord

De nombreux clients de GA-ASI continuent d’employer une grande variété de plates-formes ISR et de GE très performantes (E-7A Wedgetail, P-8A Poseidon, CUGE, ALSR, Atlantique-2, RC-135 River Joint). Si les rôles opérationnels de ces systèmes se recoupent dans certains domaines, aucun ne permet de réaliser, à l’instar des drones MALE de la catégorie du MQ-9B, l’occupation à moindre coût de l’espace aérien eu vue de recueillir du renseignement multi-domaine en temps réel et de traiter les cibles avec une très grande précision. La capacité de mise en réseau, et l’emploi combiné de plateforme pilotée à bord et pilotée à distance (MUM-T), crée une opportunité unique de maximiser les capacités de recueil de renseignement multi-domaines. La grande polyvalence et flexibilité dans l’emploi des systèmes de drones MALE couplée à leurs caractéristiques de persistance permettent de mieux se concentrer sur les activités de guerre multi domaines dans un environnement toujours plus exigeant et non permissif, tout en poursuivant les opérations de contre insurrections et d’anti terrorisme.

Conclusion

Le MQ-9B SkyGuardian/SeaGuardian/Euroguardian permet de conduire des opérations couvrant l’intégralité des opérations multi-domaines. La capacité du MQ-9B d’évoluer dans des espaces aériens non ségrégués, à se mettre en réseau avec d’autres systèmes aériens, maritimes, terrestres offre une flexibilité d’emploi unique et décisive pour le futur. Si le soutien aux forces terrestres conventionnelles et spéciales reste une mission essentielle des RPA, l’extension de leur emploi dans le domaine maritime, et dans des environnements moins permissifs (phases de pré conflictuelles), voire dans le cadre d’une guerre à haute intensité, est devenu une priorité. GA-ASI dispose avec la famille des MQ-9B d’un moyen d’y répondre.

www.ga-asi.com

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GA-ASI SkyGuardian © GA-ASI
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