0
Défense
L'OTAN doute des capacités de Défense de l'UE
L'OTAN doute des capacités de Défense de l'UE
© Nato

| BOQUET Justine

L'OTAN doute des capacités de Défense de l'UE

A l'occasion de la conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stotlenberg, a mis en lumière la relation transatlantique.

Jens Stotlenberg a rappelé que cette relation entre les deux rives de l'Atlantique était un pilier de l'OTAN et qu'elle devait donc être préservée. Toutefois il a également estimé qu'elle pouvait être affaiblie par la constitution de l'Europe de la Défense.

Si la relation transatlantique est essentielle à l'alliance de l'OTAN, elle se retrouve toutefois parfois remise en question. Les Etats-Unis reprochent à l'Europe de ne pas suffisamment investir dans leur défense, quand le vieux continent estime que les américains ont une interprétation un peu trop personnelle de l'article 5 de l'OTAN. Celui-ci prévoit que « les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord ». Selon certains européens le soutien américain ne serait donc pas toujours à la hauteur.

Face à ce constat critique, Jens Stotlenberg note toutefois une amélioration de la relation transatlantique depuis quelques années. Ainsi, l'Europe a augmenté ses budgets de défense, dans le but d'atteindre l'objectif des 2% du PIB. « Les alliés européens partagent également le fardeau financier. Depuis 2014, les dépenses de défense sur le continent et au Canada ont augmenté. En 2014, seulement trois alliés avaient atteint l'objectif des 2% du PIB. Cette année, huit alliés devraient l'atteindre et d'ici 2024 ce chiffre devrait passer à quinze », rapporte le Département américain de la Défense le 21 février.

De leur côté, les Etats-Unis ont accentué leur présence en Europe avec le déploiement de troupes sur le continent et la participation à des opérations militaires telles que la Baltic Air Policing.

Malgré tout, Jens Stoltenberg semble avoir quelques craintes pour l'avenir de l'alliance transatlantique avec la consolidation de l'Europe de la Défense. S'il estime qu'il s'agit d'une bonne initiative, il semblerait qu'elle soit également vue comme une menace par l'OTAN. Le secrétaire général estime ainsi que « la réalité c'est que l'Union Européenne ne peut pas protéger l'Europe ». Il ajoute que des risques émergent avec la consolidation de la défense européenne, notamment « le risque de fragiliser les relations transatlantiques, le risque de dupliquer ce que l'OTAN fait déjà ainsi que le risque de discrimination envers les Etats de l'OTAN ne faisant pas partie de l'UE ».

Jens Stoltenberg estime ainsi que l'initiative de Défense européenne doit venir en complément de l'action de l'OTAN et non se positionner comme une alternative. Or, avec une telle position il ne faut pas s'étonner que l'UE ne soit pas en mesure de se protéger. Comment le lui demander si l'idée même qu'elle puisse constituer des synergies industrielles, des coopérations est jugée comme étant en concurrence avec l'alliance ? Finalement, l'OTAN, avec une telle position, affaiblie forcément la constitution d'une défense européenne crédible.

Répondre à () :


Captcha

| | Connexion | Inscription