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Les (vrais) soucis de la station chinoise
Les (vrais) soucis de la station chinoise
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| Pierre-François Mouriaux

Les (vrais) soucis de la station chinoise

Inoccupée depuis juin 2013, la première station chinoise a cessé de transmettre ses données vers le sol. L'information, laconique de la part des autorités chinoises, créé une certaine inquiétude chez les observateurs occidentaux.

Si l'article "Le grand plongeon" paru la semaine dernière dans le numéro 2494 d'Air & Cosmos constituait en grande partie un poisson d'avril (avec une zone de retombée improbable et de nombreux intervenants fictifs -tout comme leurs organismes), les Chinois pourraient réellement connaître quelques soucis actuellement avec leur station Tiangong 1 (le palais céleste). La transmission des données a été interrompue le 21 mars, et nombreux sont les observateurs qui se demandent s'il ne s'agit pas en réalité d'une panne, étonnés par le côté laconique du communiqué diffusé par les autorités chinoises.

Celui-ci indique en effet seulement que le laboratoire, "après une orbite opérationnelle de 1 630 jours, a terminé son service de traitement de données" et que ses fonctions ont été "désactivées après une durée de mission prolongée d'environ deux ans et demi." Il se conclut ainsi : "L'orbite du laboratoire spatial, qui va diminuer graduellement ces prochains mois, est sous surveillance étroite et permanente, et se finira pas se consumer dans l'atmosphère."

Si la station n'était plus sous contrôle, sa retombée à terme (en 2018 ?) pourrait s'avérer problématique.

Tiangong 1 a été lancée le 29 septembre 2011 par une fusée Longue Marche 2F. Elle a été placée sur une orbite basse de 395 km x 378 km, avec une inclinaison de 42,8°, et répertoriée par le COSPAR sous le n°2011-053A. Longue de 10,4 m, d’un diamètre maximal de 2,8 m et d’une masse au décollage de 8,5 tonnes, c’est encore une infrastructure modeste, destinée en premier lieu à acquérir un certain nombre de techniques orbitales (rendez-vous et amarrages) et augmenter la durée des séjours orbitaux jusqu’alors obtenus avec le vaisseau Shenzhou seul. Tiangong 1 s’inspire de l’architecture des stations soviétiques Saliout et se divise en deux segments : un module de service dérivé de celui du Shenzhou, et un module orbital d’environ 15 m3, doté d’un port unique d’amarrage de type Apas. En l’espace d'un an et durant environ 25 jours au total, deux équipages de trois taïkonautes ont séjourné à son bord : Shenzhou 9 (du 18 au 29 juin 2012) et Shenzhou 10 (du 13 au 25 juin 2013).

D’après le site de suivi des satellites Sat-Trak, la station évolue actuellement sur une orbite de 397 km x 380 km.

Le lancement de Tiangong 2 est pour sa part annoncé pour le troisième trimestre.

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