Les dépenses spatiales mondiales ont atteint 137 Md$ en 2025
Les dépenses spatiales mondiales ont atteint 137 Md$ en 2025
© Lockheed Martin

publié le 18 mars 2026 à 06:00

588 mots

Les dépenses spatiales mondiales ont atteint 137 Md$ en 2025

Le dernier rapport de Novaspace sur les programmes spatiaux gouvernementaux confirme une hausse des dépenses publiques dans les programmes spatiaux qui devrait durer, avec bien évidemment une préférence vers les programmes de défense, qui représentent désormais plus de la moitié des dépenses.


18 mars 2026, la conférence annuelle Perspectives Spatiales organisée par Novaspace à Paris s’ouvre sur un monde plus que jamais centré sur des besoins de défense. Le conflit au Moyen-Orient a rappelé à maintes reprises les évidences soulevées par la guerre en Ukraine : le segment spatial est devenu hautement stratégique, au point que des nouvelles puissances spatiales militaires sont à naître, à l’instar de la Belgique qui s’apprête à développer son premier satellite de sécurité nationale. Le besoin a accéléré les partenariats : la France prête à l’Ukraine une partie de son renseignement spatial tandis que Chypre est devenue le premier état bénéficiaire du dispositif Govsatcom.

Tous ces efforts se traduisent par une certaine hausse des dépenses gouvernementales dans le spatial, et en particulier pour la défense, qui représente 54 % des 137,4 Md$ recensés par le 25ème rapport de Novaspace. Une hausse qui devrait durer jusqu'à 2028-2029 avant de se stabiliser d'après Novaspace. Parmi les fortes hausses à constater en 2026, le budget de l'US Space Force : 40 Md$.

Souveraineté, souveraineté, souveraineté !

Il y a un an, le mémorable entretien entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche avec Donald Trump et J.D. Vance avait rappelé au monde que les États-Unis restent maîtres de l’espace et qu’ils peuvent cesser d’être généreux dès qu’ils le souhaitent. Vendredi 13 mars, au centre spatial Andoya, le chancelier allemand déclarait ce qui est devenu une évidence : « Nous nous sommes reposés bien trop longtemps sur d’autres nations. C’est désormais le moment de l’Europe. C’est le temps de la coopération européenne ».

Les signaux forts se sont multipliés ces derniers mois sur le Vieux Continent : succès historique de la conférence ministérielle de l’agence spatiale européenne fin novembre 2025, annonce de la défense allemande d’un extraordinaire budget de 25 Md€ – sur 5 ans, mise en service de Govsatcom, contrats en Allemagne et en Suède – entre autres – pour déployer des constellations nationales de communication ou de reconnaissance en complément des dispositifs européens (Iris², Egeos), le pompon sera l’intégration de ces dispositifs dans de futurs dômes antiaériens, de quoi préparer l’Europe à la guerre tandis que les États-Unis s’y enlisent.

Colosse aux pieds d’argiles

Les signaux européens ont désormais des échos dans le monde, avec par exemple le Canada, qui, en pleine méfiance de son voisin américain, a décidé de s’approprier 25% des fréquences du Starlink canadien, Lightspeed, et d’accélérer le développement d’un accès à l’espace souverain pour ses charges utiles militaires. Ainsi, 200 M de dollars canadiens (127 M€) seront investis dans le projet d’astroport de Canso en Nouvelle-Écosse et dans le développement de petits lanceurs privés. Le Canada n’est pas le seul. Tous accélèrent leurs programmes spatiaux et augmentent les dépenses gouvernementales pour être le moins tributaire possible des États-Unis.

Isolés, les États-Unis demeurent dominants grâce à un puissant écosystème qui interagit désormais bien avec le Pentagone (multiples contrats à 7 chiffres ou plus entre le NRO et des opérateurs d’observation de la Terre, contrats de production en série de satellites pour les grandes infrastructures telles que Starshield ou PWSA). Sur ce point, l’Europe en est encore à la phase du réveil…

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18/03/2026 06:00
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Les dépenses spatiales mondiales ont atteint 137 Md$ en 2025

Le dernier rapport de Novaspace sur les programmes spatiaux gouvernementaux confirme une hausse des dépenses publiques dans les programmes spatiaux qui devrait durer, avec bien évidemment une préférence vers les programmes de défense, qui représentent désormais plus de la moitié des dépenses.

Les dépenses spatiales mondiales ont atteint 137 Md$ en 2025
Les dépenses spatiales mondiales ont atteint 137 Md$ en 2025

18 mars 2026, la conférence annuelle Perspectives Spatiales organisée par Novaspace à Paris s’ouvre sur un monde plus que jamais centré sur des besoins de défense. Le conflit au Moyen-Orient a rappelé à maintes reprises les évidences soulevées par la guerre en Ukraine : le segment spatial est devenu hautement stratégique, au point que des nouvelles puissances spatiales militaires sont à naître, à l’instar de la Belgique qui s’apprête à développer son premier satellite de sécurité nationale. Le besoin a accéléré les partenariats : la France prête à l’Ukraine une partie de son renseignement spatial tandis que Chypre est devenue le premier état bénéficiaire du dispositif Govsatcom.

Tous ces efforts se traduisent par une certaine hausse des dépenses gouvernementales dans le spatial, et en particulier pour la défense, qui représente 54 % des 137,4 Md$ recensés par le 25ème rapport de Novaspace. Une hausse qui devrait durer jusqu'à 2028-2029 avant de se stabiliser d'après Novaspace. Parmi les fortes hausses à constater en 2026, le budget de l'US Space Force : 40 Md$.

Souveraineté, souveraineté, souveraineté !

Il y a un an, le mémorable entretien entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche avec Donald Trump et J.D. Vance avait rappelé au monde que les États-Unis restent maîtres de l’espace et qu’ils peuvent cesser d’être généreux dès qu’ils le souhaitent. Vendredi 13 mars, au centre spatial Andoya, le chancelier allemand déclarait ce qui est devenu une évidence : « Nous nous sommes reposés bien trop longtemps sur d’autres nations. C’est désormais le moment de l’Europe. C’est le temps de la coopération européenne ».

Les signaux forts se sont multipliés ces derniers mois sur le Vieux Continent : succès historique de la conférence ministérielle de l’agence spatiale européenne fin novembre 2025, annonce de la défense allemande d’un extraordinaire budget de 25 Md€ – sur 5 ans, mise en service de Govsatcom, contrats en Allemagne et en Suède – entre autres – pour déployer des constellations nationales de communication ou de reconnaissance en complément des dispositifs européens (Iris², Egeos), le pompon sera l’intégration de ces dispositifs dans de futurs dômes antiaériens, de quoi préparer l’Europe à la guerre tandis que les États-Unis s’y enlisent.

Colosse aux pieds d’argiles

Les signaux européens ont désormais des échos dans le monde, avec par exemple le Canada, qui, en pleine méfiance de son voisin américain, a décidé de s’approprier 25% des fréquences du Starlink canadien, Lightspeed, et d’accélérer le développement d’un accès à l’espace souverain pour ses charges utiles militaires. Ainsi, 200 M de dollars canadiens (127 M€) seront investis dans le projet d’astroport de Canso en Nouvelle-Écosse et dans le développement de petits lanceurs privés. Le Canada n’est pas le seul. Tous accélèrent leurs programmes spatiaux et augmentent les dépenses gouvernementales pour être le moins tributaire possible des États-Unis.

Isolés, les États-Unis demeurent dominants grâce à un puissant écosystème qui interagit désormais bien avec le Pentagone (multiples contrats à 7 chiffres ou plus entre le NRO et des opérateurs d’observation de la Terre, contrats de production en série de satellites pour les grandes infrastructures telles que Starshield ou PWSA). Sur ce point, l’Europe en est encore à la phase du réveil…



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