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Défense
Le Transall baisse le rideau !
Le Transall baisse le rideau !
© Armée de l'Air et de l'Espace

| Gaétan Powis 540 mots

Le Transall baisse le rideau !

Une cérémonie d'adieu était organisée ce 20 mai sur la base aérienne d'Évreux-Fauville. Cette cérémonie comprenait plusieurs passages d'avions de transport actuellement en service mais aussi un dernier parachutage depuis un C-160 Transall.

Cérémonie d'adieu

Ce vendredi 20 mai, l'Armée de l'Air et de l'Espace s'est définitivement séparée de ses derniers C-160 Transall de transport lors d'une cérémonie sur la base aérienne 105 d'Évreux-Fauville (Eure, France). 

En avril, un appareil avait été repeint dans une livrée spéciale afin d'effectuer une tournée d'adieu de trois semaines sur toute la France (article sur ce vénérable appareil).

Pour l'occasion, une formation de quatre avions a effectué des passages au-dessus de la base. Comme démontré dans le tweet ci-joint, cette formation comprenait le Transall spécialement repeint, les deux successeurs des Transall, à savoir un A400M Atlas et un C-130J Super Hercules et enfin, un CN-235 Casa.

Un avion légendaire

Le C-160 a permis d'écrire une grande partie de l'histoire moderne du transport aérien tactique français : il a participé au parachutage du 2ème régiment étranger parachutiste sur Kolwezi (RDC) en 1978. Il ne termine que très récemment sa carrière opérationnelle à N'Djamena (Tchad), où il effectuait des rotations cargos. Ainsi, depuis son entrée en service en 1967 et quelques 1.450.000 heures de vol, cet avion robuste a participé à toutes les opérations militaires et humanitaires françaises.

C'est également un symbole pour d'anciens militaires et anciens conscrits : à une époque où les vols civils n'étaient pas aussi démocratisés qu'aujourd'hui, le déploiement en opération extérieure via un C-160 était pour beaucoup un synonyme de premier vol.

Enfin, il a permis la formation, l'entrainement et le déploiement de (très) nombreux parachutistes, commandos, forces spéciales,... au sein des trois composantes de l'Armée française. Ce dernier vol était aussi l'occasion d'un dernier saut, comme le démontre le tweet à la fin de cet article.

Le Transall a aussi fait partie de l'aventure TGV : le 26 février 1981, la rame d'essai du TGV bat le record mondial de vitesse en roulant à 380 km/h. Quelques jours plus tard, le 5 mars, un Transall de l'AAE est mobilisé afin de prendre des prises de vue de la rame d'essai depuis la plage arrière de l'avion. La rame n'a cependant roulé qu'entre 280 et 334 km/h sur la zone d'essai et n'a donc pas été filmée par le Transall durant le record. Il reste cependant l'un des rares avions a voir participé (certes anecdotiquement) à l'aventure du TGV.

Le C-160G encore en service

En janvier 2022, la France opérait encore deux C-160G Gabriel de guerre électronique. Au moins l'un de ces deux avions est encore en service car l'appareil numéroté F216 était visible ce 22 mai sur les différents sites internet de tracking au-dessus de la mer Noire. Le C-160G compte ses dernières heures de vol puisqu'il doit aussi prendre sa retraite cette année.


Répondre à () :

JP | 24/05/2022 14:39

La fin de l'époque durant laquelle la coopération franco-allemande était efficace ! Tout un symbole....

| 24/05/2022 16:36

(JB) Merci, monsieur Powis, pour ce moment de nostalgie. Une page se tourne. L’Airbus A400M, fruit d'une large coopération européenne a déjà pris le relais à la plus grande satisfaction de ses utilisateurs. Même l’USAF en achète ! D’autre part, les plus grandes entreprises Européennes travaillent déjà sur le projet SATOC sous la houlette d’Airbus Deutchland et Espagne. Bien cordialement.

JP | 24/05/2022 23:27

Alors monsieur Powis, il vous avait échappé que l'USAF avait acheté des A400M ! Heureusement que ce bon vieux troll "Âne ne sait" est là pour vous rappeler à l'ordre. Bonne soirée, avec le sourire.

| 26/05/2022 08:33

Dommage, pour ce dernier vol la Marine aurait du envoyer un ATL2 pour saluer ce vétéran que les ATL1 et 2 ont tellement côtoyé en Afrique...Que de souvenirs...

JP | 26/05/2022 11:19

Bonjour monsieur Powis. Au vu du nombre d'articles publiés, je me dois de constater que vous êtes incontestablement la cheville ouvrière de l'édition numérique d'A&C, dans l'ombre sans doute, mais tellement efficace. Aussi je me permets d'attirer votre attention sur les interrogations qui se font de plus en plus pressentes quant au caractère "Itar free" du moteur Catalyst "choisi" pour l'Eurodrone. Ces interrogations ont incité Thierry Breton, commissaire européen, à s'exprimer sur le sujet en précisant que les 100 millions d'euros affectés par l'UE à ce programme seraient supprimés si l'Occar ne pouvait pas apporter la preuve formelle du caractère Itar free du Catalyst.

| 27/05/2022 21:12

Ne vous tracassez pas, il n’y a que quelques frustrés qui s’agitent parce que l’UE abandonne la règle mortifère du juste retour.

JP | 26/05/2022 11:38

A monsieur Powis (suite). En commentaire d'un article du 25 mars de "la rédaction" relatif au Catalyst, j'avais longuement développé ce qu'est la norme Itar en précisant que son gestionnaire, le DDTC (Directorate of Defense Trade Control) avait un pouvoir quasi-illimite allant même jusqu'à pouvoir modifier de lui même la norme en fonction des besoins du moment. Il est ainsi évident que le moment venu, l'Eurodrone ne sera exportable que si les américains le veulent bien. Le programme est bien parti pour perdre son financement de l'UE. C'est peu me direz vous, rapporté à une prévision de dépense de 7 milliards d'euros, d'autant qu'Airbus DS qui a la maîtrise d'œuvre du programme s'est "illustrée" dans sa maîtrise du coût de l'A400M. Pourriez vous nous donner votre avis ? Bonne journée et bien cordialement.

| 27/05/2022 20:08

Vous devriez écrire plus fort, monsieur, parce que je crois que personne ne vous entend. Bien cordialement.

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