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Le Cnes fait sa rentrée © CNES

| Pierre-François Mouriaux

Le Cnes fait sa rentrée

Le président de l’agence spatiale française recevait la presse ce 16 septembre à Paris. L’occasion de dresser le bilan des trois derniers mois et de présenter la prochaine actualité spatiale française et européenne.

C’est sous un jour résolument optimiste que s’est présenté ce matin Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes, qui s’est notamment dit « très impressionné par les prouesse industrielles, commerciales et scientifique la France, connues et reconnues à travers le monde. »

Et de remarquer, « avec un peu de recul », que les agences d’Etat « continuent à jouer un rôle très important » dans le développement des activités spatiales, avec des investissements bien plus conséquents que ceux du New Space.

 

Le trio gagnant de l’été.

Revenant sur les actions marquantes de l’été dans le secteur spatial à travers le monde, Jean-Yves Le Gall s’est d’abord félicité de l’acte fondateur, à l’occasion du dernier Salon du Bourget, de l’Observatoire spatial du climat SCO (Space Climate Observatory), et de la réunion des plus grands chefs d’agence du monde sur le chalet du Cnes.

Le président du Cnes a ensuite salué l’initiative du gouvernement français de créer un grand commandement de l’espace, dont la mise en place à Toulouse vient de démarrer : « Le Cnes, qui développe de nombreux programmes duaux, est particulièrement heureux de cette évolution ».

Enfin, celui qui préside également le conseil d’administration de la GSA (l’agence chargée de la gestion opérationnelle et de l’exploitation des systèmes de navigation par satellite pour le compte de l'Union Européenne) s’est réjouit du succès du système Galileo qui, si l’on compte chaque mois 30 à 50 millions de nouveaux smartphones vendus chaque mois dans le monde, dépasse désormais le milliard d’utilisateurs.

 

Séminaire de prospective et IAC ambitieux en octobre.

Jean-Yves Le Gall s’est ensuite attardé sur quatre rendez-vous importants pour le spatial français et européen d’ici la fin de l’année, avec un engagement fort de la part du Cnes.

Tout d’abord, comme tous les cinq ans, le Séminaire de prospective scientifique du Cnes (SPS) doit réfléchir à l’avenir de la science spatiale française – et européenne. Il se tiendra au Havre, du 8 au 10 octobre, et rassemblera quelques 500 chercheurs et partenaires. Ses conclusions seront formalisées dans un rapport.

Du 21 au 25 octobre ensuite, se tiendra à Washington le 70eCongrès international d’astronautique (IAC), organisé par la Fédération internationale d’astronautique (dont Jean-Yves Le Gall quittera alors la présidence). L’événement s’annonce particulièrement prometteur, entre un nombre de présentations techniques historique (4 336 propositions avaient été reçues au printemps dernier), et sept séances plénières de premier ordre.

Notons parmi elles la traditionnelle réunion des chefs des grandes agence internationales (qui participeront à la première plénière du SCO), mais aussi une rencontre de chefs d’agences de pays émergents.

Sans oublier la célébration des cinquante ans des premiers pas sur la Lune.

 

Le grand rendez-vous politique de l’Europe spatiale.

Place ensuite à la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne, les 27 et 28 novembre à Séville (Espagne), coprésidée par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et son homologue portugais Manuel Heitor.

Les travaux préparatifs ont été menés « avec un soutien français fort », et l’aide des industriels nationaux réunis dans le cadre du Cospace (Airbus Defence and Space, ArianeGroup et Thales Alenia Space). Ils ont abouti à une proposition de budget qui s’élève à 14,256 Md€ pour l’ensemble des Etats membres, dans laquelle la part française « devrait aller en augmentant ».

Trois grands domaines seront à l’ordre du jour : la consolidation de l’accès espace (la fin d’Ariane 5 et la mise en route d’Ariane 6, le développement de briques technologiques pour la suite d’Ariane 6 et la rénovation du Centre spatial guyanais), les programmes d’exploration (avec toutes les questions qui se posent aujourd’hui sur la suite de la Station spatiale internationale et les ambitions lunaires américaines) et le maintien de la compétitivité industrielle dans les satellites.

Si quelques points de divergence restent encore à régler d’ici la réunion des ministres lors d’échanges bilatéraux complémentaires, Jean-Yves Le Gall considère que « le consensus est largement partagé. »

 

Faire émerger une filière française de nanosatellites.

Le président du Cnes a enfin rappelé que devrait être lancé d’ici la fin de l’année le démonstrateur Angels (Argos Neo on a Generic Economical and Light Satellite).

Destiné à la collecte de données Argos Neo, il s’agit du premier nanosatellite conçu et développé par l’industrie française (en l’occurrence la société Hemeria), avec le soutien du Cnes.

Sa charge utile doit inaugurer une nouvelle génération d’instruments à bas coût et fortement miniaturisés, qui équiperont notamment une mini constellation de 20 nanosatellites dédiée à l’Internet des objets.

Cnes POLITIQUE SPATIALE France Jean-Yves Le Gall

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