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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #41 : à l’est du cap de Bonne-Espérance
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #41 : à l’est du cap de Bonne-Espérance
© Twitter/@Thom_astro – ESA/NASA

| Gilles Dawidowicz

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #41 : à l’est du cap de Bonne-Espérance

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, un cap dans la baie de Van Dyks, en Afrique du Sud.

Le 10 mars 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue d’un cap dans la baie de Van Dyks en Afrique du Sud, avec le commentaire suivant : « Le bien nommé cap de Bonne-Espérance qui constitue presque la pointe la plus australe du continent africain. Le passage en bateau doit sans aucun doute valoir le détour (sans jeu de mot) ! ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 14 janvier dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 1 150 mm. Le Nord est à 3 heures. Nous ne sommes pas au-dessus du cap de Bonne-Espérance, mais à plus de 60 kilomètres à l’est, près de la baie de Van Dyks, au-dessus d’un cap sans nom.

En fait, le cap de Bonne-Espérance se situe sur la péninsule du Cap, le plateau africain s’y terminant par deux promontoires : le cap de Bonne-Espérance (à l’ouest) et Cape Point (la Pointe du Cap en français), à 2 km à l'est du cap de Bonne-Espérance). Situé à l'extrême sud-ouest du continent africain, il est baigné à l'ouest par l'océan Atlantique et à l'est par False Bay. S'avançant de 75 km dans l'océan, la péninsule est délimitée au nord par la montagne de la Table et la ville du Cap, et au sud par le cap de Bonne-Espérance et Cape Point. Il y a une soixantaine de millions d'années, la péninsule du cap formait une île qui fut ensuite rattachée au continent et qui forme ce qu'on appelle aujourd'hui la Cape Flats (la « Plaine du Cap » en français). Le cap de Bonne-Espérance est situé à la jonction de deux courants maritimes très différents, un courant froid, le « Benguela » à l'ouest et un courant chaud, « le courant des Aiguilles », à l'est. Comme le précise Thomas Pesquet, il n'est pas le point le plus austral de l'Afrique : c’est le cap des Aiguilles, situé plus au sud-est, qui représente le bout du monde. Ce cap des Aiguilles (Cabo das Agulhas en portugais, Kaap Agulhas en afrikaans) est donc le point de repère officiel pour marquer le passage de l'océan Atlantique à l'océan Indien. Toutefois, le point où le courant des Aiguilles rejoint le courant de Benguela varie selon les saisons entre le cap des Aiguilles et Cape Point.

Mais revenons au cliché de Thomas Pesquet. Nous sommes donc plus près du cap des Aiguilles que du cap de Bonne-Espérance, au-dessus d’un cap sans nom, près du village de Gansbaai que l’on observe sur le côté haut et droit de l’image (à l’ouest dans la réalité). Il s’agit d’un village de pêcheurs situé dans le sud de la province du Cap-Occidental. C'est une destination touristique connue pour la présence sur ses côtes d'une dense population de Grands requins blanc et un lieu propice pour leur observation. Situé dans le district d'Overberg, Gansbaai est une commune rattachée à la municipalité d'Overstrand. La partie gauche de l’image (à l’est de ce cap dans la réalité), nous offre le début de la baie de Van Dyks, un autre petit village, également visible sur le cliché (en bas au centre). Si ce cap n’a pas grand intérêt, en revanche le cliché de Thomas Pesquet révèle magnifiquement le choc des deux courants océaniques qui se rencontrent ici. Le zoom permet en effet d’apprécier leurs houles respectives et les ondes qu’elles génèrent.

Spectacle garanti !

Retrouvez l’image sur Google Maps !

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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