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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #2 : le lac Nasser et le Nil
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #2 : le lac Nasser et le Nil
© Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

| Gilles Dawidowicz 515 mots

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #2 : le lac Nasser et le Nil

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, une partie du cours du Nil qui balafre un coin du Sahara.

Le 4 janvier 2017, 48e jour de la mission Proxima (46e jour à bord de l’ISS), Thomas Pesquet a posté cette vue de l’Egypte, avec le commentaire suivant : « Le lac Nasser et le Nil en aval du barrage d’Assouan (il faut zoomer un peu sur la photo pour le voir mais il est bien visible !). »

L’image a été prise le 12 décembre dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un objectif de 28 mm. Le Nord est vers la droite de l’image. Nous sommes tout au Sud de l’Egypte. La frontière du Soudan est à la bordure gauche de l’image. Environ 250 km de la côte occidentale de la Mer Rouge apparaît à droite. Le cours du Nil s’épanche de la gauche vers la droite.

En haut à droite de l’image, on reconnait l’énorme méandre du Nil, les cultures de part et d’autres de ses rives et le tissu urbain de la ville de Louxor qui le borde juste en dessous. L’urbanisation, en Egypte comme ailleurs, est particulièrement bien visible depuis l’ISS, soulignée par un gris blafard caractéristique.

Au centre de l’image, l’immense lac Nasser s’étend sur près de 500 km de long jusqu’au Soudan. Ses rives sont découpées et très nettes. En prolongeant le regard, vers l’aval et la terminaison du lac, là où il ne redevient qu’un fleuve, un zoom sur l’image révélera le Haut barrage d’Assouan et la première cataracte. Les cataractes du Nil sont des rapides plus que des chutes d'eau. Dus à des encombrements rocheux dans le lit du fleuve, elles sont au nombre de six et peuvent rendre difficile et dangereuse la navigation.

Tout juste à l’aval du Haut barrage se trouvent la célèbre île de Philae (dont le nom a inspiré en 2014, l’Agence spatiale européenne) et la ville d’Assouan également très connue.

Mais remontons le lac Nasser à présent. Dans le premier quart de l’image se trouvent Abou Simbel et la deuxième cataracte. Très difficiles à identifier même en zoomant fort.

Au-dessus et en plein désert du Sahara, on observe un ensemble de lacs artificiels en train de se former dans la dépression très aride et désertique de Toshka. Ce sont les lacs de Toshka. En effet, en 1978 l'Égypte commence la construction du canal Sadate. En direction du nord-ouest, celui-ci permet à l'eau de s'écouler à travers le oued Toshka jusqu'à l'extrémité sud du plateau calcaire de l'époque Eocène. L'eau commence à s'écouler dans les années 1990. Le premier lac, le plus oriental, grossit à partir de 1998. Dans les années 2000 et plus à l’Ouest, trois lacs supplémentaires sont repérables depuis l’espace. Au total, ils couvrent une superficie d'environ 1 300 km2. En 2005, la superficie des lacs s'est réduite. Sur le cliché de Thomas Pesquet, ils semblent tous asséchés… Enfin, non loin de ces résidus de lacs, un zoom sur l’image révèlera la présence de damiers, faits de petits points sombres : il s’agit de cultures en cercle, irriguées radialement.

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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