La Lune à petits pas
La Lune à petits pas
© S. Corvaja / ESA

publié le 18 janvier 2026 à 14:15

580 mots

La Lune à petits pas

Chaque fin de semaine, une image qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le 17 janvier en Floride, la Nasa a procédé au (lent) transfert du lanceur lunaire SLS (Space Launch System) de son bâtiment d’assemblage final vers le pas de tir.


Plus de trois ans après Artemis 1

Le SLS (Space Launch System), le second exemplaire du lanceur lunaire de la Nasa est prêt, après plusieurs mois d’assemblage final au sein du mythique bâtiment d’assemblage VAB (Vehicule Assembly Building) du Centre spatial Kennedy, en Floride.

D’une hauteur de 98 mètres et d’une masse de 2 660 tonnes au décollage (dans sa version Block 1), le mastodonte avait effectué son vol de qualification, Artemis 1, le 16 novembre 2022.

La capsule habitable Orion avait ainsi été expédiée vers une orbite lunaire haute, puis était revenue amerrir dans les eaux du Pacifique, au large de la Basse-Californie, 25 jours et presque 11 heures plus tard (le 11 décembre).

L’espoir était alors d’engager la mission Artemis 2 (avec un équipage cette fois) en mai 2024.

Mais c’était sans compter sur de nouveaux aléas techniques, l’anomalie la plus sérieuse concernant le bouclier thermique de la capsule Orion, qui a subi plus de dégâts que prévu lors de la rentrée atmosphérique à la fin de la mission Artemis 1…

 

Seize créneaux de tir

Les différents problèmes ayant finalement été résolus, la Nasa a détaillé le 9 janvier seize créneaux possibles pour le départ tant attendu de la mission Artemis 2.

Le premier débute 7 février à 2 h 41 UTC (la veille à 21 h 41, heure de Floride) et le dernier le 30 avril à 22 h 06 UTC.

Tous les créneaux sont nocturnes et leur durée est à chaque fois de 120 minutes, à l’exception des deux des 11 mars (115 minutes), 1er avril (18 h 24, heure locale) et 30 avril (18 h 06, heure locale).

Le 9 janvier également, la Nasa annonçait pour la semaine suivante le « roll-out » (roulage) du lanceur entre son bâtiment d’assemblage final et son pas de tir.

L’agence programmait également pour la fin du mois une répétition générale de la séquence de lancement avec le remplissage des réservoirs.

Cette opération, appelée WDR (Wet Dress Rehersal – Répétition générale humide), pourrait se tenir le 2 février – mais rien d’officiel aux dernières nouvelles …

 

Rollin’, rollin’, rollin’

Le roll out vers le pas de tir 39B (celui même d’où est partie le 18 mai 1969 la mission Apollo 10, répétition générale pour le premier atterrissage lunaire) a donc eu lieu comme prévu le 17 janvier.

Il s’agissait de parcourir une distance d'environ 6,5 km à l’aide de l’imposant transporteur à chenilles Crawler-Transporter 2 (2 721 tonnes).

Le transfert duré un peu moins de douze heures, avec une interruption provoquée par la surchauffe d’une pompe qui fournit de l'air conditionné au lanceur et au vaisseau Orion, nécessitant l’intervention de techniciens pour le remplacement d’un filtre.

Non sans humour, Jared Isaacman, le nouvel administrateur de la Nasa, a commenté l’opération sur le compte X de l’agence : « Nice and slow, team. You break it, you buy it. » (Doucement, l'équipe. Si vous cassez, vous payez).

 

J-20 ?

En fonction des résultats des essais prochainement menés sur le lanceur arrimé à son pas de tir, la Nasa décidera si la date de lancement d’Artemis 2 du 7 février est maintenue.

La mission Artemis 2 doit durer 10 jours et survoler la face cachée de la Lune à une distance de 7 400 km.

Le vaisseau Orion, baptisé Integrity et équipé du module de service européen ESM 2 (European Service Module 2), sera occupé par les Américains Reid Wiseman (commandant), Victor Glover (pilote) et Christian Koch (spécialiste de mission n°1), ainsi que le Canadien Jeremy Hansen (spécialiste de mission n°2).

L’équipage était présent au Centre spatial Kennedy le 17 janvier, aux côtés de Jared Isaacman, et a donné une conférence de presse.

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18/01/2026 14:15
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La Lune à petits pas

Chaque fin de semaine, une image qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le 17 janvier en Floride, la Nasa a procédé au (lent) transfert du lanceur lunaire SLS (Space Launch System) de son bâtiment d’assemblage final vers le pas de tir.

La Lune à petits pas
La Lune à petits pas

Plus de trois ans après Artemis 1

Le SLS (Space Launch System), le second exemplaire du lanceur lunaire de la Nasa est prêt, après plusieurs mois d’assemblage final au sein du mythique bâtiment d’assemblage VAB (Vehicule Assembly Building) du Centre spatial Kennedy, en Floride.

D’une hauteur de 98 mètres et d’une masse de 2 660 tonnes au décollage (dans sa version Block 1), le mastodonte avait effectué son vol de qualification, Artemis 1, le 16 novembre 2022.

La capsule habitable Orion avait ainsi été expédiée vers une orbite lunaire haute, puis était revenue amerrir dans les eaux du Pacifique, au large de la Basse-Californie, 25 jours et presque 11 heures plus tard (le 11 décembre).

L’espoir était alors d’engager la mission Artemis 2 (avec un équipage cette fois) en mai 2024.

Mais c’était sans compter sur de nouveaux aléas techniques, l’anomalie la plus sérieuse concernant le bouclier thermique de la capsule Orion, qui a subi plus de dégâts que prévu lors de la rentrée atmosphérique à la fin de la mission Artemis 1…

 

Seize créneaux de tir

Les différents problèmes ayant finalement été résolus, la Nasa a détaillé le 9 janvier seize créneaux possibles pour le départ tant attendu de la mission Artemis 2.

Le premier débute 7 février à 2 h 41 UTC (la veille à 21 h 41, heure de Floride) et le dernier le 30 avril à 22 h 06 UTC.

Tous les créneaux sont nocturnes et leur durée est à chaque fois de 120 minutes, à l’exception des deux des 11 mars (115 minutes), 1er avril (18 h 24, heure locale) et 30 avril (18 h 06, heure locale).

Le 9 janvier également, la Nasa annonçait pour la semaine suivante le « roll-out » (roulage) du lanceur entre son bâtiment d’assemblage final et son pas de tir.

L’agence programmait également pour la fin du mois une répétition générale de la séquence de lancement avec le remplissage des réservoirs.

Cette opération, appelée WDR (Wet Dress Rehersal – Répétition générale humide), pourrait se tenir le 2 février – mais rien d’officiel aux dernières nouvelles …

 

Rollin’, rollin’, rollin’

Le roll out vers le pas de tir 39B (celui même d’où est partie le 18 mai 1969 la mission Apollo 10, répétition générale pour le premier atterrissage lunaire) a donc eu lieu comme prévu le 17 janvier.

Il s’agissait de parcourir une distance d'environ 6,5 km à l’aide de l’imposant transporteur à chenilles Crawler-Transporter 2 (2 721 tonnes).

Le transfert duré un peu moins de douze heures, avec une interruption provoquée par la surchauffe d’une pompe qui fournit de l'air conditionné au lanceur et au vaisseau Orion, nécessitant l’intervention de techniciens pour le remplacement d’un filtre.

Non sans humour, Jared Isaacman, le nouvel administrateur de la Nasa, a commenté l’opération sur le compte X de l’agence : « Nice and slow, team. You break it, you buy it. » (Doucement, l'équipe. Si vous cassez, vous payez).

 

J-20 ?

En fonction des résultats des essais prochainement menés sur le lanceur arrimé à son pas de tir, la Nasa décidera si la date de lancement d’Artemis 2 du 7 février est maintenue.

La mission Artemis 2 doit durer 10 jours et survoler la face cachée de la Lune à une distance de 7 400 km.

Le vaisseau Orion, baptisé Integrity et équipé du module de service européen ESM 2 (European Service Module 2), sera occupé par les Américains Reid Wiseman (commandant), Victor Glover (pilote) et Christian Koch (spécialiste de mission n°1), ainsi que le Canadien Jeremy Hansen (spécialiste de mission n°2).

L’équipage était présent au Centre spatial Kennedy le 17 janvier, aux côtés de Jared Isaacman, et a donné une conférence de presse.



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