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Espace
La France précise sa stratégie spatiale militaire © Ministère des Armées

| Pierre-François Mouriaux

La France précise sa stratégie spatiale militaire

La ministre des Armées a détaillé la doctrine de stratégie nationale de défense spatiale et les moyens associés.

La ministre des Armées Florence Parly s’est rendue le 25 juillet sur la base aérienne 942 de Lyon Mont-Verdun. A cette occasion, elle a précisé les annonces faites la veille à l’hôtel de Brienne par le président de la République : la France entend mieux connaître l’environnement extra-atmosphérique et être capable défendre ses moyens spatiaux d’ici 2030 ; pour ce faire, elle va notamment se doter d’un grand commandement de l’espace.

 

Connaître la situation spatiale.

Le premier objectif de doubler le nombre d’objets suivis sur orbite d’ici 2022, grâce aux systèmes déjà existants (Graves de l’Onera, GeoTracker d’ArianeGroup et Tarot du Cnes), ou la prochaine acquisition d’un satellite de type imageur radar. Un radar à très longue portée va par ailleurs être expérimenté pour évaluer de la menace et garantir la non-prolifération.

L’observation du sol depuis l’espace doit également être renforcée, en profitant, quand cela est possible, de l’offre abondante de services commerciaux du New Space, en renfort des satellites d’observation optiques institutionnels.

Parallèlement, le ministère des Armées souhaite que la commercialisation des images prises depuis l’espace et de l’espace soit désormais régulée, ainsi que la diffusion des signaux électromagnétiques.

Le recours à la coopération européenne est enfin envisagé, notamment avec l’Allemagne.

 

Se doter de capacités d’autodéfense.

Le second socle de la stratégie de défense spatiale est de garantir que puissent évoluer en toute sécurité toutes les infrastructures orbitales qui intéressent la sécurité et l’économie nationales, tel que le système de radionavigation Galileo.

« Nous devons perfectionner nos capacités de défense spatiale. Car l’espace c’est aussi un nouveau front à défendre. Et nous devons être prêts », a déclaré la ministre.

Pour ce faire, différents systèmes peuvent être imaginés, et des « nanosats patrouilleurs » déployés autour de gros équipements sensibles… Par ailleurs, le développement de petits lanceur très réactifs est à l’étude, afin de pouvoir effectuer des mises sur orbite en urgence en cas de besoin.

En plus des 3,6 Md€ engagés pour le renouvellement des moyens existants dans la Loi de programmation militaire 2019-2025, 700 M€ seront ajoutés pour déployer ces capacités complémentaires.

 

Devenir un opérateur de satellites.

Le chef d’orchestre de cette stratégie sera donc un grand commandement de l’espace, qui sera créé à Toulouse le 1er septembre prochain, sous l’égide de l’armée de l’Air, qui deviendra à terme l’Armée de l’Air et de l’Espace. Il va immédiatement regrouper 220 personnes qui travaillent déjà au sein des différentes entités militaires aujourd’hui impliquées dans le spatial, puis atteindra sa taille nominale d’ici 2025.

L’une de ses missions sera d’acquérir les compétences de mise en œuvre des satellites militaires français, jusqu’à présent dévolue au Cnes.

« Nous sommes une seule et même équipe : l’équipe de France du spatial. La France, troisième puissance spatiale, nous y croyons. Nous avons fait partie des pionniers. Et nous serons à l’avant-garde », a conclu Florence Parly.

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