L'Ukraine frappe Marioupol, pourtant à plus de 80km de la ligne de front
L'Ukraine frappe Marioupol, pourtant à plus de 80km de la ligne de front
© twitter

publié le 23 février 2023 à 18:20

650 mots

L'Ukraine frappe Marioupol, pourtant à plus de 80km de la ligne de front

Des interrogations subsistent sur les armes employées pour frapper la ville de Mariupol alors que celle-ci se situe à 80km de la ligne de front. Plusieurs cibles stratégiques ont été atteintes par ces frappes.


12 tirs effectués par l’armée ukrainienne 

Ce mardi des frappes ukrainiennes sont parvenues à atteindre différents endroits de la ville de Marioupol &selon les informations transmises par le conseil municipal de la ville sur sa chaîne Telegram. Un total de 12 explosions a été rapporté sur l’ensemble de l’agglomération qui se situe pourtant à environ 80 kilomètres de la ligne de front.

Cible stratégique en raison de l'accès qu'elle offre sur la mer d'Azov, c'est la deuxième nuit consécutive que la ville est touchée par des explosions. Concernant la nuit du 21 au 22 février, les premières explosions ont été rapportées à partir de 22h33 (heure locale). Notamment dans le district central et le district de Kalmius (Kalmiuskyi District) situés dans la zone industrielle au nord de la ville. Vingt minutes plus tard, c'était au tour de l'usine métallurgique Illitch d'être touchée. 

Des cibles stratégiques atteintes 

Parmi les dégâts relevé par le média ukrainien Ukrinform  on compte : 

  • la destruction de deux dépôts de carburant et des bases militaire russe dans le district de Kalmius,
  • des explosions aux alentours de Talakivka un quartier reconstruit et occupé par des populations russes dans le district de Kalmius,
  • un dépôt de munitions localisé à l'aéroport, à l’ouest de la ville,
  • une base militaire russe établie sur le site de l'usine sidérurgique d’Illich au nord de la ville,
  • Des entrepôts présents dans la zone portuaire de Marioupol

Le « New York Times » relève une déclaration de l'état-major selon laquelle son armée ukrainienne de l'air a lancé « huit attaques contre les bases temporaires des troupes russes et deux frappes contre les positions des systèmes de missiles antiaériens russes ». Les types de vecteurs employés pour ces frappes n'ont pas été renseignés, se sont ainsi soldés par de nombreuses spéculations.

Différentes hypothèses sur les munitions employées 

Mariupol étant éloignée à 80 km de la ligne de front, les munitions de précision guidées dont disposent les ukrainiens ne sont pas suffisantes. Lancées depuis des lances roquettes comme les systèmes M142 HIMARS ou M270 fournis par les États-Unis aux forces ukrainiennes, elles n’ont qu’une portée d’environ 70km. Il est peu probable que les unités ukrainiennes aient fait traverser la ligne de front à ces plateformes pour réaliser ces frappes. 

Le flou concernant les armes employées a poussé certains acteurs à envisager l’utilisation de Ground Launched Small Diameter Bomb (GLSDB) développée par Boeing et Saab. Cette arme dispose d’une portée d’environ 150 km, mais les Etats-Unis ont annoncé leur livraison à l’Ukraine pour le mois de juin, il est donc là encore très hypothétique qu’ils soient le type de vecteur employé. 

Le média « La nouvelle voix de l’Ukraine » met en avant des sources russes selon lesquelles des MLRS Vilkha-M de conception ukrainienne auraient pu être utilisés. Ce dérivé du système d’armes soviétique Smerch possède une portée de 130km. Des drones kamikazes à longue portée, comme ceux utilisés pour frapper l’intérieur du territoire russe en décembre dernier pourraient être une autre option.

En tout état de cause, cet ensemble de frappes interroge, à l’approche du printemps, quant aux intentions de l’armée ukrainienne au sujet de Marioupol. Peut-être pourrait-il signifier que cette ville symbolique et stratégique pour les deux camps est au cœur des plans d’offensive ukrainiens.

Commentaires
23/02/2023 18:20
650 mots

L'Ukraine frappe Marioupol, pourtant à plus de 80km de la ligne de front

Des interrogations subsistent sur les armes employées pour frapper la ville de Mariupol alors que celle-ci se situe à 80km de la ligne de front. Plusieurs cibles stratégiques ont été atteintes par ces frappes.

L'Ukraine frappe Marioupol, pourtant à plus de 80km de la ligne de front
L'Ukraine frappe Marioupol, pourtant à plus de 80km de la ligne de front

12 tirs effectués par l’armée ukrainienne 

Ce mardi des frappes ukrainiennes sont parvenues à atteindre différents endroits de la ville de Marioupol &selon les informations transmises par le conseil municipal de la ville sur sa chaîne Telegram. Un total de 12 explosions a été rapporté sur l’ensemble de l’agglomération qui se situe pourtant à environ 80 kilomètres de la ligne de front.

Cible stratégique en raison de l'accès qu'elle offre sur la mer d'Azov, c'est la deuxième nuit consécutive que la ville est touchée par des explosions. Concernant la nuit du 21 au 22 février, les premières explosions ont été rapportées à partir de 22h33 (heure locale). Notamment dans le district central et le district de Kalmius (Kalmiuskyi District) situés dans la zone industrielle au nord de la ville. Vingt minutes plus tard, c'était au tour de l'usine métallurgique Illitch d'être touchée. 

Des cibles stratégiques atteintes 

Parmi les dégâts relevé par le média ukrainien Ukrinform  on compte : 

  • la destruction de deux dépôts de carburant et des bases militaire russe dans le district de Kalmius,
  • des explosions aux alentours de Talakivka un quartier reconstruit et occupé par des populations russes dans le district de Kalmius,
  • un dépôt de munitions localisé à l'aéroport, à l’ouest de la ville,
  • une base militaire russe établie sur le site de l'usine sidérurgique d’Illich au nord de la ville,
  • Des entrepôts présents dans la zone portuaire de Marioupol

Le « New York Times » relève une déclaration de l'état-major selon laquelle son armée ukrainienne de l'air a lancé « huit attaques contre les bases temporaires des troupes russes et deux frappes contre les positions des systèmes de missiles antiaériens russes ». Les types de vecteurs employés pour ces frappes n'ont pas été renseignés, se sont ainsi soldés par de nombreuses spéculations.

Différentes hypothèses sur les munitions employées 

Mariupol étant éloignée à 80 km de la ligne de front, les munitions de précision guidées dont disposent les ukrainiens ne sont pas suffisantes. Lancées depuis des lances roquettes comme les systèmes M142 HIMARS ou M270 fournis par les États-Unis aux forces ukrainiennes, elles n’ont qu’une portée d’environ 70km. Il est peu probable que les unités ukrainiennes aient fait traverser la ligne de front à ces plateformes pour réaliser ces frappes. 

Le flou concernant les armes employées a poussé certains acteurs à envisager l’utilisation de Ground Launched Small Diameter Bomb (GLSDB) développée par Boeing et Saab. Cette arme dispose d’une portée d’environ 150 km, mais les Etats-Unis ont annoncé leur livraison à l’Ukraine pour le mois de juin, il est donc là encore très hypothétique qu’ils soient le type de vecteur employé. 

Le média « La nouvelle voix de l’Ukraine » met en avant des sources russes selon lesquelles des MLRS Vilkha-M de conception ukrainienne auraient pu être utilisés. Ce dérivé du système d’armes soviétique Smerch possède une portée de 130km. Des drones kamikazes à longue portée, comme ceux utilisés pour frapper l’intérieur du territoire russe en décembre dernier pourraient être une autre option.

En tout état de cause, cet ensemble de frappes interroge, à l’approche du printemps, quant aux intentions de l’armée ukrainienne au sujet de Marioupol. Peut-être pourrait-il signifier que cette ville symbolique et stratégique pour les deux camps est au cœur des plans d’offensive ukrainiens.



Commentaires