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Défense
L'U.S. Air Force retirera l'intégralité de ses drones Global Hawk en 2027
L'U.S. Air Force retirera l'intégralité de ses drones Global Hawk en 2027
© Stacey Knott, USAF

| Dorian de Schaepmeester 669 mots

L'U.S. Air Force retirera l'intégralité de ses drones Global Hawk en 2027

L'armée de l'air américaine a annoncé le retrait total de ses drones RQ-4 Global Hawk d'ici à la fin de l'année fiscale 2027. La décision fait l'objet de contestations chez les parlementaires américains, alors qu'aucun plan de remplacement n'est encore prévu.

La fin du Global Hawk 

Clap de fin imminent pour le drone RQ-4 Global Hawk ? Le site spécialisé Breaking Defense révélait le 27 juillet que l'armée de l'air américaine, l'U.S. Air Force, aurait averti le constructeur Northrop Grumman de préparer la flotte de Global Hawk existante à un retrait lors de l'année fiscale 2027. L'U.S. Air Force détient actuellement 33 drones RQ-4 dans son arsenal. Depuis son déploiement au sein des forces américaines en 1999, le drone de Northrop Grumman s'est décliné en plusieurs versions, du Block 10 au Block 40, itération la plus récente et moderne.

Par ailleurs, l'U.S. Air Force a déjà débuté des procédures de retrait des modèles les plus vieillissants. Breaking Defense indique que quatre des Block 20 restants sont désormais utilisés pour tester les missiles hypersoniques du programme "Sky Range", tandis que les Block 30 ont commencé à être retirés. Le gouvernement souhaitait initialement stocker les drones tout en assurant la maintenance, en cas de nécessité d'utilisation lors d'un conflit. L'armée de l'air aurait rencontré des difficultés, non spécifiées, la dissuadant d'exécuter son plan pour préserver les RQ-4. 

Un RQ-4 survolant des régions d'Amérique centrale pour des besoins cartographiques, en 2007.
Un RQ-4 survolant des régions d'Amérique centrale pour des besoins cartographiques, en 2007. © Bobbi Zapka, USAF
Un RQ-4 survolant des régions d'Amérique centrale pour des besoins cartographiques, en 2007.

Vers un "véto" parlementaire ? 

Le retrait d'aéronefs au sein de l'U.S. Air Force est souvent synonyme d'économies financières. Mais avant que les RQ-4 ne soient définitivement radiés de l'arsenal américain, la décision de l'armée de l'air se doit d'être validée par les parlementaires. Les décisionnaires passent ainsi en audition et sont questionnés par les deux chambres du Congrès des États-Unis : le Sénat et la Chambre des représentants. Déjà en 2021, l'U.S. Air Force proposait le retrait de plusieurs aéronefs, parmi lesquels des F-16, A-10 Warthog et des Global Hawk, pour un gain de 1,4 milliard de dollars. Le sous-comité sénatorial des acquisitions pour la Défense questionnait alors le bien-fondé d'un telle démarche.

Sur Twitter, plusieurs élus américains pointaient la volonté de définitivement stopper l'utilisation des Global Hawk. Adam Kizinger, ancien lieutenant-colonel de l'Air National Guard (Garde nationale aérienne) désormais élu à la Chambre des représentants, accusait l'U.S. Air Force "de retirer des aéronefs sans plan de remplacement, puis de venir supplier le Congrès pour financer des appareils qu'ils possédaient déjà avant démantèlement". Au terme des auditions devant les parlementaires, la décision pourrait donc être prise de ne pas "accorder" à l'armée de l'air le retrait des RQ-4 Block 40 les plus récents. 

Le RQ-4, un appareil massif et efficace

Le programme de conception du RQ-4 débute dans les années 1990, avec un premier vol en 1998 et une mise en service l'année suivante. Le Global Hawk est un drone HALE (Haute Altitude et Longue Endurance). Massif, la masse maximale de l'appareil peut atteindre près de 14 600 kg. Le RQ-4 met quatre heures après son décollage pour parvenir à son altitude maximale de 18 300 mètres. Sa vitesse de croisière est de 570 km/h, bien qu'il puisse la porter à 635 km/h. Grâce à la quantité de carburant stockée et son turboréacteur, le drone de Northrop parcourt aisément les distances, son rayon d'action s'étendant à 22 000 km avec une autonomie de 35 heures. Le RQ-4 n'emporte pas d'armement, étant consacré à l'observation et la surveillance. Principalement utilisé en Afghanistan, les coûts d'utilisation du Global Hawk lui sont rapidement reprochés, une heure de vol pouvant coûter la bagatelle de 24 000 dollars, contre 5 000 dollars pour le drone Reaper (bien que leurs utilités et capacités diffèrent). 

Malgré son hypothétique retrait par les États-Unis, le Global Hawk reste utilisé par divers opérateurs à travers le monde, notamment la Corée du Sud et le Japon. La République de Corée a ainsi reçu ses unités entre 2019 et 2020, tandis que le Japon les réceptionnera en septembre 2022. La décision définitive concernant les RQ-4 de l'U.S. Air Force devrait être rendue dans les semaines à venir. 


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