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Défense

| Jean Guilhem (Jean Guilhem)

Investissement massif dans l'additif métal

FABRICATION ADDITIVE VOLUME-E INVESTIT MASSIVEMENT DANS LA FABRICATION ADDITIVE MÉTALLIQUE (FAM). LA PME, QUI POSSÈDE DÉJÀ PLUSIEURS UNITÉS DE FAM, VIENT DE METTRE EN SERVICE LA PREMIÈRE EOS M400 EN FRANCE ET PRÉPARE L'ARRIVÉE D'UNE SECONDE UNITÉ EN

Entreprise de dix-sept personnes pour 2,4 M€ de chiffre d'affaires (en croissance de 30 % chaque année), Volum-e investit 11,5 M€ sur trois ans (2014-2017) pour doper son activité FAM (Fabrication additive métallique). Cet effort concerne l'ouverture d'un nouvel atelier (1000 m²) qui portera à 4000 m² la surface réservée aux machines et à l'acquisition de quatre nouvelles unités EOS.Une partie de l'enveloppe sert aussi à la formation d'opérateurs spécialisés.

Créée en 2000 et située à Blangy-sur-Bresle (76) à 50 km à l'est de Dieppe,la PME est l'un des spécialistes tricolores en fabrication additive à partir de polymères (dix machines) et de poudres métalliques (douze machines). Elle réalise des pièces en Inconel, titane, aluminium, cobalt-chrome, Inox et bronze qui, outre l'aéronautique et le spatial (35 % de l'activité), alimentent aussi l'automobile, le médical et le luxe.

L'entreprise aligne aussi des moyens conventionnels en usinage à grande vitesse (UGV) cinq axes, ainsi que des capacités en contretypage sous vide,en métallisation, en fonderie, en assemblage et peinture.Filiale du groupe MMB (expert en maquettes et prototypes), l'entreprise normande a mis en service une EOS M 400, la première installée en France, et attend une unité identique en juillet.

Avec ces nouveaux systèmes capables de fabriquer des pièces métalliques de haute qualité par fusion laser de poudres métalliques, directement à partir de données CAO, sans utilisation d'outils, la PME renforce son potentiel en complément d'un centre EOS M 280 acheté en 2013 et de deux autres machines M 290 du constructeur allemand acquis en 2014 et 2015.

En septembre 2016,deux nouvelles M 290 viendront renforcer ce parc qui sera alors le premier en machines EOS dans l'Hexagone.

« Cette EOS M 400 va travailler à partir de poudres d'aluminium. Celle qui viendra en juillet sera dédiée à l'Inconel et à l'Hastelloy. En effet, notre stratégie consiste, d'une part, à attribuer une machine pour une poudre métallique ou une famille de poudres et, d'autre part, à utiliser deux machines en binôme, l'une pour le développement, l'autre pour la production », explique Hervé Michel,le directeur commercial.

EOS M 400.D'un coût unitaire d'1,1 M€, l'EOS M 400, avec ses 4 tonnes, s'inscrit dans un volume de 6,5 × 6 × 3,3 m.Avec 400 mm3, elle affiche une capacité de fabrication parmi les plus élevées du marché en technologie SLM, procédé consistant à fusionner de minces couches de poudres, strates par strates.

Sous forme modulaire,la machine se compose de trois blocs. Le premier sert au chargement et déchargement des cuves sans que l'opérateur soit en contact avec la poudre. Le second filtre et recycle en continu les poudres métalliques.C'est dans le module central avec son laser d'un kilowatt que germent les pièces à chaque fois que la cuve descend d'un pas (quelques centièmes de millimètres).C'est ainsi que naissent certains éléments du moteurVinci du second étage du lanceur Ariane.

« Certifiés ISO 9001 depuis 2008 et EN 9100 depuis quelques mois, nous sommes à l'heure actuelle la seule société française qualifiée pour la fabrication additive de pièces de vol par des groupes comme Safran ouThales. Cette homologation aéronautique et spatiale implique la maîtrise des poudres, des produits, des procédés,la sécurité de fabrication, la maintenance des moyens, le respect de l'environnement ainsi que la formation des personnels », précise Hervé Michel.

NORMALISATION. Volum-e, qui s'implique dans la normalisation des fabrications additives, participe au comité technique international ISO/TC 261 et son directeur de la R&D préside le comité de l'Union de normalisation de la mécanique où sont élaborées les futures normes concernant la terminologie, les procédés, les matières premières, les méthodes d'essai, les cahiers des charges, les formats de fichiers, les moyens de contrôle et l'assurance qualité des pièces.

« Quant à l'acquisition d'unités de type Clad (Construction laser additive directe), et tout particulièrement de machines Beam, ce sera peut-être envisageable dans les mois à venir. Mais cette évolution se fera en concertation avec le laboratoire commun que nous partageons avec l'Insa de Rouen »,conclut Hervé Michel.

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