0
Les Dossiers d'Air&Cosmos
[Interview] « OneWeb aura un impact social et c’est un projet d’échelle » © P.-F. Mouriaux / Air & Cosmos

| Pierre-François Mouriaux

[Interview] « OneWeb aura un impact social et c’est un projet d’échelle »

Dans notre n°2675 (14 février 2020), Adrian Steckel, directeur général exécutif de OneWeb, répondait à nos questions après le lancement du deuxième lot de satellites de sa constellation dédiée à la connectivité globale.

Comment êtes-vous arrivé à la tête de OneWeb ?

J’ai travaillé durant 25 ans au Mexique dans la télévision et les télécoms, et j’ai eu l’expérience avec la société Unefon, de commencer de rien, faire croître une startup, qui a été vendue en 2015 à AT&T, et d’entrer en concurrence avec des grandes entreprises qui jusqu’alors avaient le monopole. Je suis arrivé à OneWeb en septembre 2018, mais avant cela j’étais au Conseil d’administration depuis 2017. Je viens d’un groupe mexicain, Grupo Salinas, qui a investi 25 M$ dans OneWeb en 2015 puis, en même temps que SoftBank, a augmenté sa participation à 100 M$ fin 2016-début 2017. Nous avons alors constaté qu’il était nécessaire d’être davantage focalisé sur la partie commerciale et sur la façon de gérer une entreprise de télécommunications, et non pas sur un projet technique de lancement spatial et de satellites. Les satellites sont un moyen de permettre ces communications – et la partie technique peut être très compliquée – mais c’est aussi la partie régulatoire et commerciale qu’il fallait améliorer, et la façon de gérer l’équipe. A titre personnel, mes trois passeports (américain, français et mexicain) symbolisent le fait que OneWeb est un projet international : une compagnie britannique, avec des bureaux à Londres et à Washington, pour une couverture mondiale.

 

Le projet initial d’Internet pour tous n’est-il pas en train de se transformer, avec un recentrage sur la connectivité pour les bateaux de croisière ?

L’idée est de réaliser des activités générant de hautes marges financières pour compenser les activités à faible marge dans les pays en voie de développement, pour remplir pleinement notre mission première : créer des solutions de connectivité rapides et faciles pour tous, alimentées par nos satellites. Mais ceci doit se faire dans le cadre d’une entreprise viable et rentable. Nous devons travailler avec les gouvernements locaux et avec les institutions pour pouvoir donner de la connectivité. Beaucoup de gens travaillent à OneWeb parce c’est un projet qui les éclate. C’est quelque chose qui aura un impact social et c’est un projet d’échelle. J’ai géré une compagnie de télécoms au Mexique, c’est un pays de 120 millions de personnes ; avec OneWeb, il s’agit de proposer un service sur 180 pays ! C’est aussi un projet qui attire car il comporte de la technologie d’avant-garde. Mais il faut avoir de la patience avec la chronologie de notre développement. Notre première phase consiste à mettre en place une couverture globale, et ensuite nous ajouterons de la capacité. Nous pensons que dans quatre ou cinq ans, les prochains satellites que nous lancerons seront dix fois plus efficaces, en termes de capacités et de coûts. C’est un parcours de longue haleine que nous entamons. Et surtout, nous sommes très disciplinés : nous voyons notre projet comme un complément des réseaux terrestres et nous ne voulons pas être en compétition avec eux. Nous pensons que le développement des réseaux terrestres va accompagner la forte croissance de demande en connectivité, et que les solutions technologiques existent et ne sont pas dépendantes du satellite (micro-ondes, 5G…). Nous, nous voulons investir notre argent là où la fibre optique (qui est le meilleur moyen de communication qui soit) ne peut pas être déployée : dans les endroits où il n’y a pas beaucoup de population, dans des terrains difficiles, au milieu de l’océan, dans l’Arctique, dans la jungle, dans les montagnes, mais aussi en avion, en bateau, dans les trains, etc. Tout le monde et n’importe où. Donc oui, la mobilité joue un rôle important dans le démarrage de notre déploiement et notre business de haut de gamme, mais ensuite nous ferons de la connectivité rurale.

 

.../...

 

Lire l’entretien complet en téléchargeant le fichier ci-dessous

Répondre à () :


Captcha

| Connexion | Inscription