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Aviation Civile
"Il faut qu'à la reprise, les aéroports français soient le plus attractifs possible"
"Il faut qu'à la reprise, les aéroports français soient le plus attractifs possible"

| HEGUY Jean-Baptiste

"Il faut qu'à la reprise, les aéroports français soient le plus attractifs possible"

Peu après le début du confinement et la fermeture de l'aéroport d'Orly, Air&Cosmos avait réalisé une interview exclusive de Thomas Juin, président de l'UAF (Union des aéroports français). Depuis, les aéroports reprennent progressivement leur activité commerciale mais le retour à la normale va se faire attendre.

De quelle manière les aéroports français fonctionnent-ils actuellement ? 

Nous avons trois catégories de modes de fonctionnement. Nous avons les grands aéroports comme Roissy-CDG et les grands aéroports régionaux, comme Toulouse, Lyon, Nice, Marseille, qui fonctionnent sur un mode « vols de rapatriement », essentiellement, ou des vols d'approvisionnement de matériel ou de masques. Les rapatriements ont été effectués en grand nombre, mais il en reste encore. C'est très compliqué puisqu'il y a une coordination permanente entre les ministères des Affaires étrangères, des Transports, la DGAC, Air France et les aéroports pour permettre la suite de ces rapatriements, avec de grandes difficultés. Cela prend plus de temps que prévu, mais il y a toujours des aéroports en activité pour permettre non seulement le retour en France par CDG et ensuite la correspondance vers les quelques grandes plateformes régionales. Nous sommes vraiment sur les dernières liaisons qui subsistent. Il y a ensuite tous les autres aéroports qui sont en deux configurations : ceux qui sont fermés au public mais restent ouverts côté piste pour les maintenir en conditions opérationnelles, avec un personnel minimal de sécurité, de maintenance, de sûreté, de contrôle aérien… et pour permettre tous les vols nécessaires en cette période (sécurité civile, évacuations sanitaires…) et également le travail aérien. Nous avons dû rouvrir des stations de carburant sur un certain nombre de petites plateformes parce que les hélicoptères qui tournent pour faire des vérifications de gazoducs, de pétroliers ne pouvaient plus s'avitailler. Ils ont besoin d'aéroports proches de leurs zones d'activité. Et donc toutes les stations qui délivrent le « jet A-1 » doivent rester ouvertes pour que ces hélicoptères continuent à fonctionner pour les secours, mais aussi pour le travail aérien. Ces plateformes peuvent aussi être amenées à recevoir quelques vols commerciaux pour des voyages justifiés à titre professionnel. La troisième catégorie est constituée des aéroports fermés à la fois côté aérogare et côté piste, ainsi que la tour de contrôle. Mais il a été demandé qu'ils puissent être éventuellement réactivés côté piste, avec un délai très court et un préavis d'une à deux heures. C'est du jamais-vu. Quand il y a une demande particulière, les équipes peuvent donc se remettre en place. Ce sont des aéroports qui habituellement peuvent faire un trafic de 200 000 à 300 000 passagers. L'idée est de réduire au maximum les coûts et cette solution a été la plus adaptée et graduée. Cette cartographie a été mise en place en concertation entre l'UAF et la DGAC dans un temps record.

Retrouvez l'intégralité de l'interview (n°2683, 10 avril 2020), en format PDF, ci-dessous. 

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