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DYNAMISME ET CRÉATIVITÉ HONORENT LA FRANCE TENDANCES

AU « GRAAL » DE L'AÉROSPATIALE QUE SONT LA LÉGÈRETÉ, LA PERFORMANCE ET LE PRIX SE SONT AJOUTÉS PLUS RÉCEMMENT LA RÉDUCTION DES CYCLES DE FABRICATION, EN RAISON DE L'AUGMENTATION DES CADENCES, ET, BIEN SÛR, L'ENVIRONNEMENT, TOUJOURS EN TOILE DE FOND.

On peut rapidement constater, en se penchant sur ces questions, le dynamisme et la créativité de la France en matière de fabrication innovante, et ce au travers de l'ensemble du paysage industriel et universitaire, que ce soit au sein des TPE-ETI et autres PME, des grands groupes sous-traitants, équipementiers ou constructeurs, des laboratoires privés ou d'Etat, des instituts de recherche et d'enseignement, et même des écoles. Un autre signe de l'attention et de l'espoir portés par l'industrie est la présence maintenant quasi systématique d'un « directeur de l'innovation » - ou du « développement des nouvelles technologies » dans les entreprises, bien sûr au-delà d'une certaine taille.

D'ailleurs, pour la troisième année consécutive, Safran s'est maintenu à la deuxième place dans le classement 2015 des déposants de brevets en France, réalisé par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI);la société figure également cette année pour la 5e fois consécutive au PALMARÈèÈSTOP 100 Global Innovators du cabinet américain Thomson Reuters.Avec 769 demandes de brevets publiées en France en 2015 (soit 7 % de plus qu'en 2014), le Groupe est juste derrière PSA Peugeot Citroën. Il justifie de plus de 2 Md€ investis en R&D au cours de l'année, dont 64 % de recherche autofinancée.

DES INITIATIVES RÉGIONALES. Outre les nombreux salons professionnels,ce dynamisme et cette créativité peuvent se mesurer notamment lors de nombreuses manifestations ou initiatives régionales,comme l'ont encore illustré récemment les AerospaceTechdays, organisés début avril par Aerospace Cluster Rhône-Alpes-Auvergne (cf. A&C n° 2496), le Technoday du pôle Aerospace Valley (cf. A&C n° 2497) ou encore l'initiative très originale de Normandie AéroEspace, avec ses Tech Hours (voir encadré). Et dans quelques jours, les Advanced Manufacturing Meetings de Clermont-Ferrand réuniront quelques-uns des grands acteurs de l'innovation industrielle, où le secteur aérospatial tient une grande place aux côtés du secteur médical,entre autres.Trois sessions de la conférence plénière du 31 mai sur l'industrie du futur seront respectivement consacrées à la fabrication additive, à la robotique et aux technologies numériques,ainsi qu'aux matériaux. Car il est évidemment difficile de prétendre faire le tour de toutes les techniques et de tous les procédés de fabrication innovants que l'on peut dénombrer et qui sont aujourd'hui à différents stades de développement ou d'application industrielle. Il existe des initiatives dans tous les secteurs d'activité et concernant tous les stades de la fabrication :depuis la métallurgie de base (incluant maintenant la branche des matériaux composites et polyamides) jusqu'à la finition, en passant par la forge, fonderie, le formage, l'usinage, l'assemblage, la robotique et la gestion de l'énergie.

FORTES COLLABORATIONS. Dans tous les cas,la maturation est longue et demande de nombreuses années de R&D puis de R&T avant que l'on puisse réellement envisager une application industrielle, surtout dans l'aéronautique, où les questions d'assurance qualité imposent des règles et des normes très strictes. Mais on relèvera également les fortes collaborations qui unissent les différents acteurs de la filière industrielle, notamment les organes de recherche aux fabricants de machines-outils, à leurs équipebricants mentiers,et aux différents prestataires de fabrication,jusqu'aux grands donneurs d'ordre.L'objectif commun est de réaliser un parcours de développement et de validation sans faille.

« Compte tenu du caractère de haute technicité de certaines machines utilisant des procédés innovants,le principe d'accompagner en permanence les industriels utilisateurs par les fala de ces machines est devenu aujourd'hui quasi systématique, et ce non seulement pour maîtriser au plus vite leur utilisation mais, qui plus est, de façon optimale »,remarque Eric Crosland, responsable technique chez MMC Métal France, groupe Mitsubishi Materials.

« En outre, les machines utilisées représentent de gros investissements, notamment dans le domaine de la fabrication additive, qui sont propres aux fournisseurs. De plus, leur réglage, extrêmement complexe, est un vrai métier, requérant tout leur savoir-faire », commente Jean-Philippe Jahier, directeur de l'innovation et du déploiement des nouvelles technologies chez Thales Alenia Space.

DES ÉTAPES IMPORTANTES. La fabrication additive,en pleine ascension,tient évidemment une grande place en matière d'innovation, reflétant ainsi de grands espoirs de la part des industriels, justifiés par les nombreux avantages de ce procédé révolutionnaire et qui vient de franchir une étape décisive avec la production d'une pièce de série de grandes dimensions pour le moteur spatial Prométhée (cf.page 36).A l'inverse,des procédés utilisés depuis longtemps dans d'autres domaines mais encore peu répandus en aéronautique, telle la fabrication par extrusion,par exemple,pourraient, en se généralisant, apporter des arguments comparables à la fabrication additive,mais en bénéficiant d'une expérience et d'un savoir-faire bien plus avancés et sûrs en matière d'assurance qualité (cf.page 40) Une autre innovation venant d'enregistrer un résultat significatif est celle de la soudure par friction-malaxage,proposée par l'Institut de soudure (IS),avec le choix confirmé de ce procédé pour assembler le réservoir d'Ariane 6 (cf.page 41). A un stade plus avancé de la fabrication,la robotique permet des gains substantiels de productivité dans l'exécution des tâches répétitives.Ces bénéfices ouvrent la voie à la « cobotique » ou robotique collaborative,cette fois pour des fonctions plus intelligentes et en présence d'opérateurs humains (cf.page 45). En matière d'usinage,le procédé céramique (cf.page 40) permet de s'affranchir des difficultés d'usiner l'Inconel 718, tandis que le perçage vibratoire, associé à un foret spécifique (cf.page 43),lève de son côté les difficultés de percer les matériaux composites et autres panneaux sandwich.

Mais l'innovation porte également sur la préservation de l'environnement, comme le montrent deux initiatives permettant la récupération et la réutilisation des gaz industriels, aujourd'hui appliquées de façon courante et très rentable (cf.page 44). ¦

Une heure pour découvrir

un procédé innovant

Normandie AéroEspace, filière régionale regroupant 128 acteurs des domaines aéronautique, spatial, défense et sécurité, a lancé au début de cette année le Tech Hour. L'objectif est de présenter en une heure une technologie ou un procédé innovant au moyen d'une visioconférence qui peut être suivie suite à une inscription préalable sur Internet. Des experts interviennent ainsi oralement sur le sujet, en s'appuyant sur un support visuel et pédagogique, étant suivis par de nombreux internautes réunissant des partenaires, des fournisseurs et des utilisateurs. Le premier Tech Hour, portant sur la plastronique, a réuni 60 personnes en février; le second a présenté les principes et applications de la soudure par friction malaxage. Parmi les prochains sujets, on peut noter : la dissipation thermique dans l'électronique (Spray Cooling et matériaux à changement de phase), la préparation de surface laser et plasma, « nanoparticule et composite », la photonique pour l'aéronautique. (www.nae.fr).

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