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Défense
Dissuasion : le missile Trident toujours au top
Dissuasion : le missile Trident toujours au top
© US Navy

| Guillaume Steuer 450 mots

Dissuasion : le missile Trident toujours au top

 

Pas moins de quatre missiles balistiques tirés en deux jours : lorsqu'il veut vérifier le bon fonctionnement d'une composante de sa dissuasion, le Pentagone n'hésite pas à mettre le paquet. Du 10 au 12 septembre dernier, quatre Trident II D5 ont ainsi été lancés depuis un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) américain de classe "Ohio". Les missiles étaient évidemment dépourvus de leurs têtes nucléaires.

 

Selon un communiqué publié hier par Lockheed Martin, maître d'oeuvre du programme Trident II D5, les quatre tirs ont été couronnés de succès. L'occasion pour l'industriel de se féliciter de la "fiabilité record" de cet armement, qui affiche désormais 148 tirs réussis à son actif. Une performance dont ne peut se targuer "aucun autre missile balistique" de cette catégorie, selon Lockheed Martin.

 

En service depuis 1990 sur les SNLE de classe "Ohio", le Trident II D5 continue de faire l'objet de chantiers de modernisation. Un programme d'extension de vie (Life Extension Program, ou LEP) est en cours afin de garantir la pérennité du système jusqu'en 2040. Celui-ci porte entre autres sur un traitement des obsolescences de l'électronique embarquée, un remplacement des propergols et une amélioration des systèmes de guidage. Le missile ainsi modifié devrait être baptisé Trident D5LE et être mis en service di'ici à 2018-2019.

 

Pour la seule année fiscale 2013, environ 1,5 milliards de dollars doivent être alloués au financement de ces activités. Parallèlement, les ogives nucléaires de l'engin (qui peut en emporter jusqu'à huit) sont en cours de modernisation au titre du programme W76-1, tout comme les corps de rentrée Mk4A dont les performances ont été améliorées, notamment dans le domaine du guidage terminal.

 

L'équivalent français du Trident II D5, le M51.1, est actuellement sous le feu des projecteurs suite à un échec de tir survenu le 5 mai 2013 lors d'un essai d'intégration sur le SNLE "Le Vigilant". Un échec survenu trois ans après la mise en service de l'engin sur le SNLE "Le Terrible", et qui est en cours de résolution par les équipes d'EADS Astrium, concepteur du missile, et de la Direction générale de l'armement.

 

Missile de compromis, le M51 se différencie de son prédécesseur le M45 (toujours en service sur deux SNLE français) par un premier et deuxième étages rénovés, mais conserve une "partie haute" relativement similaire. Ce qui explique le faible nombre de tirs d'essais (cinq seulement) qui ont été nécessaires pour mettre en service le nouvel engin. Ce n'est qu'avec le futur programme M51.3, qui prévoit de rénover la partie haute (guidage des têtes notamment), que le missile deviendra enfin le "M5" qui avait été imaginé à l'origine, mais dont les ambitions avaient été revues à la baisse pour raisons budgétaires.

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