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Défense
CSP : l'Europe de la défense, plus vraiment européenne
CSP : l'Europe de la défense, plus vraiment européenne
© Iris

| BOQUET Justine

CSP : l'Europe de la défense, plus vraiment européenne

Si la position française sur la question semblait plutôt tendre vers le non, la proposition allemande visant à permettre la participation d'Etats tiers aux projets PESCO a finalement été approuvée.

Union Européenne.

Le ministère de la défense allemand a annoncé que les projets PESCO seraient désormais ouverts à des pays tiers. La proposition portée par l'Allemagne a finalement été approuvée le 28 octobre à Bruxelles puis définitivement adoptée le 5 novembre, date à laquelle la période d'objection a pris fin. Des pays extérieurs à l'Union Européenne pourront donc bénéficier du cadre de la CSP (coopération structurée permanente) et des fonds pouvant être alloués à ces projets. Une évaluation détaillée de la participation de ces Etats tiers sera conduite par l'UE et aura lieu pour chaque projet, à chaque étape.


L'Allemagne se réjouit.

L'Allemagne, à travers sa ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer, a salué cet élargissement de la CSP. « A deux égards nous avons donné une impulsion importante à la CSP et et à la politique de défense européenne, ainsi qu'à la coopération UE-OTAN » a-t-elle ainsi déclaré. Car en effet, à travers l'inclusion de pays tiers, c'est bel et bien de l'OTAN dont il est question et plus spécifiquement du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Un véritable dilemme, notamment pour la France. Car si elle n'était pas farouchement opposée à la participation britannique, notamment du fait des relations de défense entre les deux pays, s'illustrant par le traité de Lancaster House, la position française sur la participation américaine était beaucoup moins enjouée. Et ce d'autant plus que le budget alloué au FEDEF (fonds européen de défense) a finalement été divisé par deux par rapport à ce qui avait été demandé, laissant présager un soutien financier assez léger sur les projets CSP, dont une partie ira donc à l'économie américaine. Certains politiques français parlent ainsi de saupoudrage des fonds, une expression venant illustrer une participation européenne très limitée.


Désaccords européens.

Néanmoins la position française n'a pas été partagée par l'ensemble des membres européens, puisque nombreux sont ceux disposant de filières américaines sur leur sol et bénéficiant d'un soutien militaire en provenance des Etats-Unis.

La France apparaît une fois encore isolée dans sa volonté de créer une Europe de la défense forte et indépendante et perd un nouveau combat avec cette mesure tournée vers les pays tiers. La présidence allemande du Conseil de l'UE et la proposition ayant émané de Berlin ne semblent pas avoir joué en la faveur de la France.

Reste désormais à savoir comment la participation d'Etats-tiers sera évaluée par l'Europe et la façon dont ils bénéficieront des fonds européens. Quoi qu'il en soit, cette annonce n'est pas forcément un bon signe pour l'Europe de la défense, qui semble plus que jamais adossée à l'OTAN. Enfin, si cette mesure a été notamment pensée pour le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qu'en est-il des autres pays du monde qui souhaiteraient participer à ces programmes, et se trouvant en dehors de l'Alliance ?

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