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Coup de frein pour le lanceur japonais H3
Coup de frein pour le lanceur japonais H3
© MHI / JAXA

| Pierre-François Mouriaux

Coup de frein pour le lanceur japonais H3

L’Agence spatiale japonaise annonce à son tour du retard dans le développement de son futur lanceur lourd.

Changement d’année fiscale

Après ArianeGroup qui concédait début juillet en cette période de Covid-19 ne plus pouvoir tenir la date du 24 décembre prochain pour le vol inaugural d’Ariane 6, c’est l’Agence spatiale japonaise (Jaxa) qui a annoncé vendredi 11 septembre repousser d’une année fiscale (JFY – Japanese Fical Year) les deux vols d’essais de son futur lanceur lourd H3, remplaçant de l’actuel H2A.

Le premier vol (sans propulseurs d’appoint et avec le satellite d’observation de la Terre Alos 3), qui était prévu pour la JFY 2020 (entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021), glisse ainsi vers la JFY 2021, tandis que le second (avec Alos 4) passe de la JFY 2021 à la JFY 2022.

 

Le moteur du premier étage en cause

La raison invoquée est « un problème technique » sur le moteur cryogénique LE-9 du premier étage (1 471 kN de poussée), en cours de développement.

Le 30 avril dernier, Mitsubishi Heavy Industries, architecte industriel du lanceur, avait procédé à son septième tir au banc sur le centre spatial de Tanegashima, au sud de l’archipel japonais, durant 240 secondes.

La Jaxa pensait alors tenir le calendrier fixé, malgré les risques de retards liés à la crise sanitaire.

Le chantier du H3 avait été lancé en 2014. Le nouveau lanceur nippon à deux étages sera capable d’expédier 6,5 t vers l’orbite de transfert géostationnaire (contre 6,1 t pour l’actuel H2A), avec des coûts d’exploitation réduits et une plus grande souplesse d’utilisation.

 

Trois réalisations japonaises en 2020

Le Japon, qui était passé de six missions orbitales en 2018 à… deux l’an passé, entendait retrouver cette année son niveau de 2017, c’est-à-dire sept missions.

Trois ont été réalisées entre le 9 février et le 19 juillet : le satellite de reconnaissance IGS Optical 7 (lancé à l’aide du H2A), le neuvième et dernier vaisseau-cargo HTV à destination de la Station spatiale internationale (avec le dernier H2B), et la sonde émirienne Al-Amal à destination de la planète Mars (sur H2A également).

Sont désormais attendues d’ici la fin de l’année les mises à postes (sur H2A toujours) du satellite de positionnement GZS 1R et du satellite de relai de données JDRS.

Le lancement du satellite de télécommunications géostationnaire britannique Inmarsat 6-F1 (sur H2A) a en revanche basculé en 2021, tandis que celui du satellite d’observation de la Terre vietnamien JV-LotuSat 1 (sur Epsilon S) n’est plus attendu avant 2023.

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