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Arianespace et la spécificité européenne © Google Maps

| Pierre-François Mouriaux

Arianespace et la spécificité européenne

L’opérateur français de lancements donnait une conférence de presse en début de semaine, dressant le bilan des neuf premiers mois de l’année 2019 et présentant ses activités à venir.

La traditionnelle rencontre avec les journalistes donnée à l’occasion de la conférence annuelle World Satellite Business Week sur le marché des satellites s’est déroulée le 9 septembre à Paris.

Stéphane Israël, le président exécutif d’Arianespace, a d’abord rappelé le palmarès des opérateurs de lancement orbitaux à travers le monde depuis le 1er janvier (pour un total de 63 tentatives, selon notre propre décompte) : arrivent en tête les Etats-Unis, avec 19 réalisations (en comptant les 4 missions du lanceur Electron d’origine néo-zélandaise), puis la Chine et la Russie, avec 16 lancements chacune (dont 1 échec en vol chinois et la perte d’une charge utile après la mise à poste).

En quatrième position avec l’Inde (mais aussi la Nouvelle-Zélande), Arianespace affiche 3 lancements doubles à l’aide d’Ariane 5, 2 missions sur Soyouz et, en ce qui concerne Vega, 1 réussite et 1 échec. Soit 17 satellites mis sur orbite au total, dont 6 sur orbite de transfert géostationnaire et 4 sur orbite moyenne.

 

Un carnet de commande plein.

En terme de commandes, Arianespace a engrangé neuf nouveaux contrats depuis le début de l’année, dont deux pour Ariane 5 (Ovzon-3 et un tout nouveau satellite, encore tenu secret) et deux pour Ariane 6 (30 satellites OneWeb et la sonde européenne Juice, sans oublier le transfert du satellite ViaSat-3).

A ce jour, le carnet de commandes de l’opérateur compte 11 Ariane 5, 8 Ariane 6, 20 Soyouz et 9 Vega/Vega C.

Il approche ainsi les 4 Md€.

 

Premier opérateur pour les satcoms privés.

A la lumière de ce bilan et du carnet de commande d’Arianespace (réservé aux 2/3 par des opérateurs privés), Stéphane Israël pointe à nouveau la spécificité européenne : les lanceurs européens sont majoritairement affectés à des missions commerciales, alors que leurs compétiteurs bénéficient largement de contrats institutionnels, non ouverts à la concurrence – pour SpaceX notamment, la part des commandes de la Nasa et de l’US Air Force est estimée à 80 % du chiffre d’affaires.

Si bien que, si le nombre absolu de missions d’Ariane 5 est bien inférieur à celui du Falcon 9 de SpaceX (10 lancements à ce jour), Arianespace demeure l’opérateur mondial qui a lancé le plus de satellites de télécommunications géostationnaires en 2019.

 

Ariane 6 et Vega C en ligne de mire.

Si l’échec de la mission VV15 va entraîner plusieurs mois de retard dans le manifeste du lanceur Vega (avec un retour en vol aujourd’hui envisagé au premier trimestre 2020), la fin de l’année 2019 s’annonce malgré tout chargée pour Arianespace, avec pas moins de quatre opportunités de lancement. Parmi elles, le retour en décembre sur le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, pour l’envoi du deuxième lot de satellites de la constellation OneWeb.

Quant à l’année 2020, elle doit être marquée par l’envoi mensuel de nouvelles grappes de satellites OneWeb, grâce à l’utilisation de trois pas de tir différents (Centre spatial guyanais, cosmodrome de Baïkonour et cosmodrome de Vostotchny, en Sibérie), puis par les vols inauguraux des nouveaux lanceurs Ariane 6 et Vega C. Le second pourrait intervenir au premier trimestre, en fonction du retour en vol de Vega, tandis que le premier est désormais attendu « avant la fin de l’année 2020 ».

Arianespace Bilan World Satellite Business Week Ariane 6

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